Le capital cannibale

Publié le par cc jung in effect

Patrick Artus – Marie-Paule Virard « Le capitalisme est en train de s’autodétruire ». Editions La découverte. 6,5 Euros (poche).
 
Encore une fois, Salvador Dali avait eu la bonne prémonition, tout comme il avait annoncé la guerre civile espagnole, la découverte de l’ADN et l’ère du numérique, en peignant son fameux « cannibalisme de l’automne » en 1936… Introduire un ouvrage traitant de l’économie en citant le peintre surréaliste peut paraître incongru à première vue mais c’est véritablement la première analogie qui s’impose après avoir…dévoré l’ouvrage de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, « le capitalisme est en train de s’autodétruire » (Edition La Découverte). Voilà une lecture nécessaire pour se prémunir de la propagande officielle distillée en continu sur toutes les ondes et les plateaux de télévision par les spécialistes…de la désinformation, ces permanents du débat biaisé qui formatent l’opinion en lui susurrant l’inéluctabilité du triomphe de l’ultralibéralisme et la bonne attitude à adopter : le défaitisme et la résignation…  
Mais enfin, vous ne comprenez pas grand-chose à ce monde en mutation, c’est l’heure de la mondialisation, plus rien ne peut empêcher le « progrès », il faut se plier aux règles du jeu, il faut libérez les forces de l’entreprise trop réfrénées jusque là, il faut comprendre que nous vivons une crise, il est question d’adaptabilité, de souplesse, il faut revoir le code du travail, etc. Voilà autant de poncifs mille fois entendus et vendus par ces « spécialistes » chargés par les bénéficiaires du système de distiller quelques idées simplistes, deux ou trois raccourcis, trois ou quatre exemples choisis hors de nos frontières (l’Angleterre, le Danemark et l’Allemagne) et quelques formules aussi vides in fine que le « travailler plus pour gagner plus » qui a fonctionné comme un gimmick publicitaire.
 

Illusions

 

 

L’esclavage réinventé par la « libre entreprise »
 
Inutile de préciser que ces « faiseurs d’opinion » oublient consciencieusement d’éclairer telle ou telle facette de la médaille (le miracle économique anglais est une imposture statistique, l’Allemagne affiche de bons chiffres économiques sans pour autant sabrer dans le code du travail et les salaires mais chut, le Danemark et sa « flexi-sécurité » nordique fonctionne tellement bien que le pays est le champion européen en matière de grèves…tout en disposant d’un niveau de protection autrement plus solide que le nôtre). Inutile de préciser que toutes les mesures que ces chantres du capitalisme débridé préconisent (dynamitage du code du travail, fin du salaire minimum, baisse de la protection sociale) ne vont certainement pas libérer d’évanescentes énergies retenues en matière d’emploi ou doper la croissance mais elles vont plus surement accentuer encore la « déformation durable du partage profits/salaires ». Jolie formule pour dire que le salarié devra travailler toujours plus et gagner de moins en moins pour garantir des profits toujours plus élevés aux entreprises et autres fonds de pension… Splendide perspective de progrès, n’est-ce pas ? L’esclavage réinventé par la « libre entreprise » et nous sommes priés de nous adapter à cette brillante évolution en courbant l’échine.
Le véritable antidote à ce poison propagandiste, à ce chloroforme, à ce laudanum de la pensée unique et à cette canonnière libérale (lien Agoravox), pourrait bien être un ouvrage comme celui-ci qui en 150 pages claires et précises, analyse ce capitalisme sauvage qui transforme notre monde en une jungle étouffante et mortifère. Directeur des études économiques de la Caisse des dépôts et consignations, Patrick Artus s’est associé à la rédactrice en chef du magazine les enjeux-Les échos pour écrire ce passionnant bouquin paru en 2005 et on ne peut plus d’actualité… En quelques chapitres, les deux auteurs analysent les dérapages toujours plus graves de ce capitalisme qui finira par se dévorer de l’intérieur du fait même de son avidité phénoménale. Ils décortiquent au passage bien des mots et des concepts galvaudés et triturés au possible selon les besoins de la cause à vendre. Ainsi, la mondialisation, loin de permettre une meilleure répartition des richesses comme annoncé au préalable, s’est révélée être « cette usine à profits » pour les multinationales qui se cachaient derrière le fumeux projet de globalisation heureuse et de village planétaire. Voici en fait l’avènement du « nouvel ordre mondial », le capitalisme sauvage qui puise ses ressources dans la puissance financière des multinationales, des complexes militaro-industriels et des mafias du crime tout en s’assurant les coudées franches en plaçant ses « obligés » à la tête des plus puissantes nations (Bush en est un exemple caricatural, Sarkozy aussi d'ailleurs).
Mieux, nous explique cet ouvrage, l’hypothétique croissance à qui l’on doit tout sacrifier comme nous l’explique notre cher génial Président, est un leurre absolu puisque cette situation morose convient en fait parfaitement aux maîtres du jeu économique. Paradoxale situation dans nombre de pays européens : « plus cela va mal pour la croissance, le pouvoir d’achat et l’emploi, plus les entreprises, elles, voient leurs profits exploser ». Par quel tour de magie ? Un marché de l’emploi livide, un pouvoir d’achat anémié et une croissance à l’agonie signifient des délocalisations, des employés prêts à avaler toutes les couleuvres et des dividendes encore plus importants pour nos amis du MEDEF… Les charognards à Rolex se régalent de la décomposition sociale.
Et pourtant rappellent les auteurs, cette fragilisation du tissu social et du marché de l’emploi que réclament à corps et à cris nos laudateurs de l’ultralibéralisme pour satisfaire leur appétit anthropophage, est bien sûr contreproductive comme projet de société. La preuve ? Les trois pays qui ont connu une embellie économique depuis 1990 (Suède, Espagne et dans une moindre mesure, l’Angleterre), sont justement ceux où il y a eu une meilleure redistribution des profits entre employés et employeurs. « La pression, ad vitam aeternam sur les couts et les salaires et la poursuite de la déformation du partage des revenus » mènent dans une impasse absolue qui se profile déjà, assurent les deux plumes conjointes. Tout comme le système d’intéressement et de participation ou l’intervention d’organismes de régulation du marché inefficients, le « mythe des 15% de rentabilité » qui a conduit la falsification des comptes et aux retentissants scandales financiers (Parmalat, Worldcom, Enron, crise des Subprimes), nous précipitent dans un gouffre effrayant. Plus terrifiant encore, de nouveaux monstres ont fait apparition dans cette jungle systémique, ils sont encore plus voraces, plus impitoyables et plus aveugles que les multinationales classiques : fonds de pension, fonds souverains, Hedge funds, CDOs, fusion-acquisition grâce au levier LBO (s’endetter pour acheter une société, faire intervenir des nettoyeurs pour mettre en route des plans sociaux et autres délocalisations qui dopent le cours des actions avant de revendre le double ou le triple la « marchandise » et les hommes.. .). Voilà un système qui navigue avec pour seul cap, des bénéfices toujours plus mirobolants pour les actionnaires en détruisant au passage des économies et des équilibres nécessaires pour que cette goinfrerie perdure un minimum dans le temps.

 

Krach

 

 
Le chaos et la révolution..ou les deux…
 
Comme l’indique le titre de l’ouvrage, « le capitalisme est en train de s’autodétruire » à la vitesse des fusions-acquisitions, plans sociaux et autres joyeusetés du système en roue libre. Droit dans le mur ! Sans perspective à long terme, sans réalité effective puisque les comptes, niveaux d’endettement et évaluations ne veulent plus rien dire de concret (organismes de notation et d'évaluation corrompus), ce capitalisme de prédation et d’enrichissement rapide est voué à périr par là où il a pêché : son avidité sans limites. Le déséquilibre (voir liens d’actualité proposés) entre une infime minorité en train de littéralement voler l’humanité tout en suicidant la planète au passage et l'immense majorité des victimes, ne pourra conduire l’ensemble des protagonistes que vers le chaos et la révolution ou les deux.
Cinq pour cent des terriens (les heureux bénéficiaires) ne peuvent pas saborder joyeusement la planète et ses autres occupants sans que de graves troubles et débordements ne surviennent sur fond de crises économiques orchestrées, de dérèglement climatique et de guerres allumées par ces mêmes pantagruéliques équarisseurs de la planète (le chaos constructif et lucratif de l’Empire…). Ce message pertinent est-il bien passé dans l'opinion d’autant que les évènements récents donnent mille fois raison aux alarmistes prophéties des deux experts ? L’élection de Nicolas Sarkozy, l’omniprésence des propagandistes de l’ultralibéralisme dans nos média...indépendants (joke), la destruction systématique des acquis sociaux, le projet de dépénalisation des filouteries patronales et la suppression massive d’une partie des tribunaux des prudhommes déjà complètement engorgés (un des rares recours pour les employés) nous donnent une réponse claire et limpide. Que pouvait-on attendre du candidat du Medef après tout ?
 

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Actu
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La canonnière libérale (Agoravox) - La consommation en recul avec le pouvoir d'achat en France (Reuters) - Distribution: les prix repartent à la hausse, surtout les premiers prix (AFP) - Le suédois Ericsson aurait versé des pots-de-vin (Le Monde) - Le bouclier fiscal fonctionne: le fisc rembourse bien les richesLe Medef suggère de supprimer la durée légale du travail (Le Monde) - Encore plus de millionnaires- (Figaro) 389.000 Français font désormais partie du club des grandes fortunes financières de la planète, un chiffre en hausse de 6% en 2006. (Figaro) - Le  nouvel âge  d'or  pour  la  haute  joaillerie (Figaro) - Schweitzer, patron le mieux payé de France en 2006 (Nouvel Obs) (Selon le classement de Capital, les 50 mieux payés ont perçu un revenu moyen de 3,8 millions d'euros sur l'année, soit 316 années de Smic. 24.10 à 09h28) - Bercy renonce à un impôt minimum sur le revenu (Nouvel Obs) - - Un délit d'initiés à EADS confirmé par une note de l'Autorité des marchés financiersEADS : Breton "ment" ou "est un incompétent" (Nouvel Obs) - Un ponte du Medef accusé de convoyer des valises de billetsGautier-Sauvagnac : 2 autres comptes découverts 06.10 à 15h56 (Nouvel Obs) _ Médecine du travail: l'autre caisse noire du Medef (Rue 89) –  Le CNE jugé contraire au droit international 14.11 à 18h37 (Nouvel Obs) - Patrimoine : les Français s’enrichissent (Figaro) - Miser sur le luxe Le scandale de la perte des données de 25 millions de Britanniques scandalise outre-Manche (Le Monde)(Figaro) - (Libération) - Gauthier-Sauvagnac : une caisse noire de 15 millions ? (Le Figaro) - (Figaro) - L'Etat français savait pour le «délit d’initiés massif» chez EADS  (Libération) - (Libération) -
 
 regards
 
Economie d’âme :
 
Des livres et Nous - L’Empire qui saigne le monde est florissant - Les milliards des pillards - Le modèle anglais tant vanté... - L'impact désastreux de la PNAC - Le Nouvel Ogre Mondial - La libre entreprise de domination - Nous vivons une époque formidable - Une espèce en voie de disparition, les journalistes - Le Figaro, la désinformation au quotidien - Heureusement, il reste Thierry Breton - Economie : l'ingratitude des citoyens - Vogue la galère ! - Le ministre du rêve économique - Et maintenant, il chante... - L'admirable amiral - Plan B comme Breton  - En grandes pompes - Morosité croissante - Tout va bien - Communiquez les !- Une autre France - Breton : le visionnaire (selon le Figaro) - Le mythe de la crise est griffé - Le vent de la croissance - La fumeuse crise économique
 
 
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DJ CC Jung
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Publié dans Des livres et Nous

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D
Pour ma part, j'ai vraiment pris conscience de l'état du monde depuis que j'ai ouvert les yeux sur l'abject mise en scéne du 11 septembre 2001, et depuis c'est un peu Alice qui est entrée dans le terrier, un peu comme si j'avais mis les lunettes d'Invasion Los Angeles et demasquée tout ces acteurs de nos democratie de facade. Nous petits francais sommes bien anesthésiés, bien penard malgré tout dans notre conford et notre societé illusoire de consommation, abandonné dans un résignation vététative entretenu par nos médias (au JT : regardez tout ces salops qui font greves !) et nos loisirs de privilégiés, que malgré les facteurs alarmants de ces derniers temps, on a vraiment du mal a s'imaginer une révolution ou un cataclysme dans notre société de fourmis domptées et fatalistes, tjs prete a se satisfaire de ce qu'on lui laisse , renforcé par ce que leur montre la télé sur ces choses horrible qui se passent ailleurs et sur lesquel on s'appitoye en reprenant du dessert. Je crois que ca sera bien pathétique le jour ou il se passera vraiment un gros truc, tellement nous sommes des coqs en pates ventripotents, autant lacher une centaines d'Alien dans un cheptel de caniches. Je crois plutot que le troupeau sera tremblant et regroupé derriere les ordres de ton pote le petit timonier, un peu comme les culs bénis, les ignares et les 'patriotes' US le furent derriere Bush le pantin sauveur" anti terroriste bougnoules'. Penses tu vraiment qu'un tel degrés de connerie de la part de la masse mérite vraiment un meilleur sort que celui de con exploité ? Franchement moi je me demande, et au final je n'estime pas vraiment valloir mieux, c'est dur de tjs devoir nager a contre courant, parfois faut se laisser porter, ou on alors on se noie...
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