Les milliards des pillards

Publié le par cc jung in effect

Les rumeurs d’un krach imminent en bourse se font de plus insistantes outre-atlantique et la panique s’empare doucettement des places financières européennes. Il faut dire que la spéculation immobilière, les fusions en cascade et un flot considérable de devises en circulation accentuent les effets et les tensions sur les marchés financiers saturés de liquidités. L’argent du hold-up planétaire qui s’écoule avec un débit accéléré tel un saignement d’hémophile, traduit surtout l’ampleur du pillage en cours et s’avère être une morbide et idéale métaphore de la situation actuelle de notre planète. Pendant que l’on s’approche du seuil d’un million de morts en Irak et que les compagnies pétrolières américaines se gorgent en toute impunité en Mésopotamie et ailleurs, un autre business trépigne d’impatience, celui des biocarburants, une absurdité de plus pendant qu’une partie de l’humanité crève de faim. Vive la dérégulation et l’ultra-libéralisme !
  
Et bien non, Omegalpha ne parlera pas de Nicolas Sarkozy, du Tour de France et des infirmières bulgares à la mode nucléaire même si ces informations polluent allègrement l’actualité. Premièrement parce que le bruit médiatique du Sarkozy Circus est bien assez insupportable et qu’il se nourrit en permanence de son propre écho. Que pourrait-on ajouter à cette mascarade bruyante sinon que cette république bananière tant espérée se transforme finalement sous nos yeux hagards, en une monarchie grossière avec la cour (médias, transfuges politiques, inconditionnels de circonstance), ses idoles païennes faisandées (le Tour de France, Johnny Hallyday, Pascal Sevran, Barbelivien, Gyneco) et ses intrigues de palais et d’alcôves rythmées par les apparitions et disparitions de la souveraine Cécilia 1ere.  Deuxième objection de taille, la moralité, cette vieille valeur qui ne rime plus à rien dans la cynique poésie de la vie politique et dans la France d’après "décomplexée".  Quelle morale ? Celle du Tour de France avec son grand vainqueur de l’étape médiatique, Nicolas N qui s’incruste au milieu du barnum roulant ? Voilà une épreuve qui figure logiquement au menu de l’agenda présidentiel, c’est populaire, c’est bruyant et c’est en toc avec ses toqués de la seringue, ses forçats de la pharmacie expérimentale et ses marathoniens de l’overdose scientifique. Du pain, des jeux, du cirque et de la dope, que demande le peuple qui applaudit l’audace de gouvernance. Les infirmières bulgares et la merveilleuse médiation de Sarko et sa reine de cœur ? Une bouffonnerie indigeste avec des manières de pique-assiette qui frise l’indécence, une galéjade qui remet en selle le bon vieux Mouammar Kadhafi, preneur d’otages, tortionnaire, soutien planétaire de tous les mouvements terroristes dits de « libération », fondateur de la « Légion islamique » (une armée de mercenaires et terroristes qui préfigurait Al Quaida) et dictateur absolu et fantasque. En échange d’un coup d’éclat pour faire mousser la dame en mousseline et le monsieur en Ray-Ban, la France vient donc de signer un accord pour livrer clefs en mains du…nucléaire. Tout ceci est très logique, les USA et Israël ameutent la planète entière, agitent les canons et les porte-avions, montent de campagnes de désinformation en permanence et mobilisent tous les canaux médiatiques pour empêcher…l’Iran de se doter du nucléaire civil au nom de la sécurité pendant que Paris livre très officiellement de la technologie nucléaire au sombre autocrate pour…dessaler l’eau de mer (version officielle), pourquoi pas pour faire tourner…des éoliennes tant que l’on y est ? Voilà qui ne manque pas de sel me direz-vous mais l’addition est un peu trop salée pour passer et la couleuvre a au moins la taille d’un anaconda amazonien. Dur à avaler mais avec le VRP sans éthique ou presque, tout est devenu possible et surtout le pire. Passons à autre chose…
 
Dans le même registre du cirque et des manèges, on a noté dans l’actualité la drôle de danse des bourses mondiales, une sarabande qui donne le tournis et qui résume assez bien les turpitudes du système capitaliste (liens Le Monde sur Wall Street, lien Reuters sur l'indice de la peur). L’onde de choc qui pourrait annoncer un krach boursier nous arrive d’outre-atlantique, là où le capitalisme puise sa source et expérimente ses dernières trouvailles et autres malversations systémiques. La spéculation sur l’immobilier a été là-bas tellement vertigineuse que la bulle est en train d’éclater avec perte et fracas. Le scénario est invariable dans ce type de déflagration : la demande booste l’offre, les prix s’envolent, les crédits sautent sur l’occasion pour endetter le chaland en le transformant en vache à lait captive et crémeuse, les intermédiaires se sucrent à outrance avant que la pièce montée ne dégringole sur tout ce beau monde. Voilà une trame fréquente quand le système disjoncte en se coupant de la notion même de la réalité des biens et que les prédateurs insatiables finissent par se ronger la jambe après avoir dévoré tout le poulailler avec avidité.
 

Irak, le lent génocide continue... (Reuters -AFP)

 
La verte monnaie de singe
 
Les records sans cesse battus par les principales bourses, le CAC 40 et autres indices qui voguent de pic en pic et les fusions-acquisitions qui s’enchaînent comme un jeu de dominos aimantés (Lien Challenges) disent une plus grande accélération des flux monétaires, une trop grande concentration qui fragilise l’édifice et qui traduit un pillage planétaire qui bat son plein (liens Reuters – Libération – Yahoo news). L’argent coule à flot comme un ruisseau gorgé et les débordements s’ensuivent, ce qui a pour conséquence immédiate de renforcer l’Euro qui devient de facto une « valeur refuge »…à la place de la verte monnaie de singe imposée au sortir de la deuxième guerre mondiale (Lien Nouvel Observateur).
 
L’amère ironie du système capitaliste (la seule et véritable religion humaine in fine) qui se condamne à faire toujours plus de profits, c’est qu’il s’enferme dans sa propre spirale d’autodestruction puisque la marge des profits augmente au rythme de la destruction des ressources planétaires, de la raréfaction de la redistribution et de la désintégration du tissu social. Que 95 % de la planète soit réduite en un immense atelier empli d’esclaves abrutis de travail pour satisfaire les objectifs démesurés des « hedges funds » (Lien Libération – Reuters) est une donnée qui traduit bien la folie de l’ultra-libéralisme et son côté rétrograde et moyenâgeux (les maîtres et les serfs) mais il y a pire puisque ce mécanisme sans frein génère des aberrations à la pelle. La nouvelle vague écologiste qui surfe sur le réchauffement climatique (lien sur les inondations et la canicule en Europe) et le pic pétrolier (début de la courbe descendante pour la production mondiale au moment même où la demande s’intensifie) s’annonce déjà comme un marché porteur…pour les mêmes qui sont en partie responsables de cette déliquescence irrémédiable (lien Naturavox).
 
Autre ineptie galopante, le formidable essor des bio-carburants qui sont appelés à remplacer ce pétrole qui s’épuise (lien Libération sur « l’appât du grain »). Voilà une bonne idée que le business transforme fébrilement en une nouvelle usine à gaz pour générer des bénéfices mirobolants au mépris de l’humanité. On trouvait déjà absurde que les paysans du Sud aux ventres vides pratiquent une déforestation intensive pour planter des millions d’hectare OGM qui serviront à nourrir …le bétail, voilà que la pression exercée sur eux va s’accentuer pour lessiver encore plus les sols en semant des plants spécifiques (bio carburants) pour nourrir…nos 4 x 4 rutilants au moment même où un milliard d’êtres humains souffre de famine. Gare aux récalcitrants qui voudraient protéger leur patrimoine ancestral, les multinationales et leurs milices veillent comme au Brésil (lien The Independent – Questions critiques). Tout ceci répond à une même logique cynique, aveugle et génocidaire finalement pour une partie de l’humanité comme le dénonce Jean Ziegler dans l’article de l’Humanité (lien). Folie, mépris, suicide collectif en cours et programmation d’un désastre absolu à long terme, chapeau bas, quelle clairvoyance de la part de nos gouvernants !
 

L'impasteur principal de la nouvelle religion...

 
Les « fonds religieux »
 
 
A ce stade de réflexion, il convient de nuancer tout ce qui a été dit plus haut sur l’imminence d’un krach boursier, sur la chute du billet de Monopoly et sur les incongruités du nouveau « marché vert » puisque pendant que le déluge ou la sécheresse se préparent activement dans les coulisses de notre terre totalement déréglée (la fameuse dérégulation tant souhaitée par les laudateurs du capitalisme ?), quelques happy few engrangent des sommes faramineuses comme autant de cambrioleurs occupés à piller la maison en feu pendant que ses occupants hurlent à l’aide, en vain. Ainsi, le fracas des bombes et des attentats qui secouent le Moyen-Orient, le million de civils tués en Irak (voir article précédent), le pourrissement jusqu’à la nausée de la situation des Palestiniens que l’envoyé du Quartet, Tony Blair, est chargé de faire perdurer, tout ceci fait pâle figure à côté de la santé resplendissante des multinationales acoquinées aux fossoyeurs du Nouvel ordre mondial.
 
Halliburton qui vient de déménager à Dubaï (tout un symbole, on se rapproche du garde-manger), affiche des bénéfices étourdissants un peu comme une tique boursouflée et indécente nichée sur le dos efflanqué et troué de pelade d’un Irak moribond (lien Reuters –Libération). Peu importe en fait le cortège d’horreur que l’on a déclenché dans cet état autrefois stable et puissant puisque dans l’affolement général et les explosions (lien Reuters sur un énième attentat), le pillage se déroule comme prévu (liens Mondialisation sur le pétrole irakien) et les receleurs s’en mettent plein les poches. Suprême hypocrisie suintante, les mêmes équarisseurs de la planète (multinationales impitoyables, télé-évangélistes milliardaires,  idéologues déments, politiques dévoyés) cachent les linceuls tâchés de sang dans un recoin et camouflent leurs rapines sous des appellations fantaisistes comme cet "empire du bien", ce "choc des civilisations", ces « fonds éthiques » US qui investissent dans les industries de l’armement (il s'agit de combattre le mal of course)  ou même ces nouveaux « fonds religieux » qui sont de suprêmes impostures (lien Figaro). Le flot de sang, de réfugiés et de plaintes n’est pas prêt à se tarir puisque ce chaos si constructif demeure une manne céleste pour ces criminels en costumes spécialisés dans le détournement et la dissimulation (lien Mondialisation sur les paradis fiscaux) au détriment de l’immense majorité. A part cela ? L’occident qui pensait être le principal bénéficiaire du pillage en cours vient de découvrir que le festin est réservé à certains invités du cénacle et que les mêmes brigands sont également en train de lui faire, à lui aussi, les poches. Piquante ironie (lien sur la globalisation – De Defensa). Tous dans la même galère à souquer ferme sous le fouet globalisant pour que la croisière s’amuse en somme…
 

 
Liens :
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
(Reuters – Libération)
 
 
 
 
 
 
« PHILADELPHIE (Reuters) - Transocean, numéro un mondial du forage offshore, et GlobalSantaFe, annoncent leur intention de fusionner, donnant ainsi naissance à un groupe dont la valeur d'entreprise combinée est estimée à 53 milliards de dollars (38,4 milliards d'euros) (…) »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« les prix des matières agricoles seraient en train de décoller, notamment à cause du succès des agrocarburants. En effet, le cours du blé a bondi de 50% en un an, passant de 121 euros à 180 euros la tonne; le maïs a lui augmenté de 52%, le soja de 40% et la poudre de lait de 85%. Du jamais vu depuis 11 ans, précise le quotidien. En conséquence, les consommateurs risquent de "trinquer" et de voir leur pouvoir d'achat être "grignoté à la rentrée par les hausses de prix de certains aliments". Parmi les causes de ce phénomène, notons les aléas climatiques (sécheresse en Ukraine et en Australie), la consommation croissante des pays émergents et "l'appât du gain des fonds d’investissement", qui "ne pouvait laisser longtemps sommeiller ces actifs". »
 
 
 
 
 
KANDAHAR, Afghanistan (Reuters)
 
 
 
HOUSTON (Reuters)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
See U
 
CC Jung
 
 
 

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