Apocalypse...bientôt !
Hiver précoce, été caniculaire, Gulf stream en panne, sécheresse permanente en Afrique, disparition rapide d’espèces animales, fonte accélérée de la banquise, autant de symboles qui disent le dérèglement de notre planète et qui annoncent des lendemains difficiles pour toute forme de vie sur la boule bleue. Autant de raisons, suppose-t-on, pour que nos gouvernants réagissent en adoptant des mesures draconiennes pour enrayer la spirale infernale. Là encore, nous nous berçons de douces illusions puisque les décideurs sont plus soucieux des bénéfices à engranger et de la pénurie à organiser pour mieux spéculer tout en protégeant ces multinationales dont ils ne sont finalement que des employés et des obligés.
C’est une plongée dans l’obscurité qui en préfigure une autre mais à une échelle planétaire. La toute récente et gigantesque coupure d’électricité qui a touché plusieurs pays européens, vient de nous faire toucher du doigt, les conséquences possibles d’une modification climatique de grande ampleur (lien). Les premiers frimas de l’automne ressemblent bigrement à un basculement dans l’hiver, sans réelle transition saisonnière et avec une soudaineté peu banale. Il n’y a donc plus réellement de cycle saisonnier bien fragmenté et ordonné mais des épisodes climatiques plein de rebondissements. Nous oscillons désormais entre une grande saison sèche avec des épisodes caniculaires et une saison froide où le thermomètre descend très bas pour aussitôt repartir dans le sens inverse avant de repiquer à nouveau dans les écharpes et les doudounes. La brusque chute des températures dans cette partie de l’Europe de l’Ouest explique en partie le black out qui a touché toute cette région puisque la demande électrique (chauffage) a connu une forte poussée en très peu de temps et il a suffit de la défaillance d’un des maillons pour que tout le système qui fonctionne à flux tendu cède. Comme un symbole précoce de la crise énergétique sans précédent qui se profile. Le réchauffement climatique fait froid dans le dos à bien des experts que l’on ne qualifie plus désormais de pessimistes.
La raréfaction du pétrole et du gaz (à une moindre échelle) annonce déjà des lendemains difficiles que nous n’appréhendons pas. En effet, ces énergies fossiles alimentent environ sept secteurs sur dix de nos économies puisque l’or noir sert de carburant, de combustible et d’élément principal en chimie (plastique, bitume, solvants) tandis que le gaz subvient aux besoins énergétiques de tout et chacun. Soit d’innombrables utilisations et des applications concrètes qui feront un jour, hoqueter la machine avant que l’immense fracas de notre civilisation industrielle ne fasse place à un silence inhabituel. Le fameux « peak oil » (le sommet de la production pétrolière avant le déclin inéluctable des ressources) est déjà derrière nous même si les pétroliers entretiennent la confusion des chiffres pour protéger leurs actions boursières.
Pire, l’émergence des monstres industriels indien et chinois fait craindre une pénurie beaucoup plus rapide que prévue puisque la part du gâteau ressemblera à des miettes que devront se partager de multiples gloutons. Un vrai scénario cauchemardesque qui finira mal assurément puisque les solutions de rechange n’existent toujours pas, faute de volonté politique et d’une réelle prise de conscience de nous tous. Le monde a feint pendant longtemps de croire que le pétrole était une énergie inépuisable et que le sous-sol ressemblait à un véritable tonneau des Danaïdes où il suffisait d’enfoncer sa paille pour s’abreuver à volonté. Seuls les initiés ont depuis longtemps pris la mesure du choc qui nous attend et surtout des gigantesques profits que cette raréfaction va induire de facto. L’or noir vaudra son pesant de carats. Et les plus avertis de la situation sont bien sûr les compagnies pétrolières et les pantins qu’ils placent à la tête des états pour protéger leurs puissants intérêts.

Gonfler encore le pactole des contributeurs de campagne du clan Bush
La plus célèbre de ses marionnettes n’est autre que George Bush qui a jeté son dévolu sur la manne pétrolière irakienne en profitant de la relative faiblesse d’un état que l’on a, au préalable, mis à genoux en le poussant à guerroyer (contre l’Iran), que l’on a affaiblit en le combattant (1ere guerre du Golfe) et en l’affamant (10 années d’embargo) avant de lui porter le coup de grâce (occupation). Goulûment, les compagnies amies de la Maison Blanche sont en train de pomper le sol mésopotamien pour mettre à sec les réserves en regonflant leurs stocks et leurs comptes en banque respectifs pour mieux tirer profit de la pénurie à venir. C’est une pure spéculation qui a déjà coûté la vie à 650 000 civils irakiens, à 500 000 enfants au passage (malnutrition et maladie du fait de l’embargo) et combien de militaires lors des événements guerriers mais c’est le prix à payer pour dilater encore le pactole des contributeurs de campagne du clan Bush. Un retour sur investissement ni plus ni moins.
Mais la bombance irakienne ne suffit pas aux voraces qui en veulent toujours plus et ils lorgnent désormais sur le butin…iranien en beuglant les habituelles balivernes pour couvrir la rapine à venir. La très grande gesticulation du Pentagone et de la Maison Blanche à propos du nucléaire iranien vise officiellement à rendre le monde plus sûr et à protéger Israël d’une future attaque nucléaire ( ??? ). Hypothèse complètement farfelue mais plus l’artifice est gros et plus il passe, c’est l’un des secrets paradoxaux de la propagande. Il s’agit en fait d’éviter que les enturbannés perses se dotent d’un chien de garde assez menaçant pour empêcher le pillage planifié. Les cambrioleurs démarchent donc en ce moment pour éviter que le propriétaire visé ne se dote d’une alarme dissuasive mais ils jurent par tous les Dieux qu’ils ne songent qu’au bienfait de l’humanité qui est leur incessante préoccupation comme on a pu le constater. Il faut les croire, parole d’évangéliste !

La concentration de gaz à effet de serre a atteint des records
Il y a pourtant mieux à faire que de se remplir les poches en attendant l’apocalypse qui nous attend. On peut en effet utiliser ce mot fort pour qualifier le futur qui se profile à l’horizon. Tous les signes concordent pour nous dire que la planète a pris une très mauvaise tournure et que la belle sphère bleue risque vraiment de perdre…la boule. Les nouvelles sont plus alarmantes les unes que les autres et les analyses prospectives sont toutes d’accord pour dire une chose : le temps presse et le grain qui s’annonce, pourrait très vite se transformer en tempête dévastatrice. Il faudrait donc agir de toute urgence et de concert. Place aux actes, c’est véritablement une question de vie et de mort au niveau planétaire.
C’est sans doute pour montrer l’exemple que le chef d’orchestre planétaire (et plus gros pollueur) refuse de signer le protocole de Kyoto qui vise à atténuer les dégâts irréversibles de la pollution. Le président Bush a répété qu’il est hors de question de toucher à « l’american way of life », allons ! Le Canada va sans doute lui emboîter le pas allègrement en ménageant ses entreprises…les plus polluantes (lien). Sept pays européens ne « prévoient » pas de respecter les recommandations de Kyoto (lien), tout simplement. Les USA, l’Europe (nous) et la Chine continuent de charger allègrement la mule qui donne des signes d’épuisement en cravachant dur de surcroît (lien). Comme une course contre la montre suicidaire au vu et au su de tout le monde. C’est sans doute pour préparer un monde meilleur que les Etats Unis viennent d’obtenir une dérogation pour l’emploi de pesticides dévoreurs de couche d’ozone (lien).
Quoi de plus normal comme décision, n’est-ce pas, lorsque l’on vient d’apprendre que la concentration de gaz à effet de serre a atteint des records (lien), que le coût estimé des méfaits de la pollution va plonger le monde dans une crise financière pire que le terrible crack boursier de 1929 (lien). La banquise fond à vue d’œil (lien), les poissons sont menacés d’extinction (lien), le Gulf stream (notre régulateur climatique) se dérègle (lien De Defensa), la famine s’aggrave en Afrique, les réserves d’eau potable s’épuisent, les OGM pullulent (lien) mais…tout va bien, José Beauvais est en prison... Surtout ne rien changer à l’état du monde. Ce ne sont pas hélas, les manifestations de 20 000 londoniens (lien) qui vont mettre au supplice les multinationales qui sont en train de dévorer notre avenir comme des machineries aveugles et dénuées de logique, des créatures monstrueuses que plus personne ne peut plus arrêter. Seul un mouvement global peut véritablement infléchir cette échappée belle vers le gouffre mais il faudrait un réveil brusque de chacun de nous, en même temps. Autant rêver donc en attendant le cauchemar. Le capitalisme, tel un saisissant tableau de Salvador Dali, est en train de se dévorer vivant et nous assistons impuissants au spectacle de cette orgie mortifère. L’homo sapiens a été une catastrophe pour tous. Trop intelligent à court terme mais incapable de voir plus loin.

Ressources du site :
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Liens :
Black-out électrique sur la France – ( – ( Reuters)
Les Etats-Unis, l'Europe et la Chine puisent à l'excès dans les réserves biologiques de la planète (Le Monde)
LE DÉSASTRE CLIMATIQUE NOUS TOMBE DESSUS - MAINTENANT — Michael McCarthy
Le Gulf Stream a été en panne (ou en grève?) pendant 10 jours en novembre 2004 (De Defensa) (De Defensa)
Un dollar sur 12 400 est faux (Le Monde) ( quelle ironie pour une monnaie de singe... Le dollar est un artifice financier digne du Monopoly )
See U
CC Jung
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