2007, une année décisive

Publié le par cc jung in effect

Bienvenue en 2007, une année décisive pour notre pays puisque nous sommes à une centaine de jours d’une élection présidentielle qui verra le triomphe du populisme ou le renouveau de notre démocratie pâlissante. C’est l’occasion également de faire un rapide bilan et de mettre en perspectives quelques informations sans oublier les derniers échos d’une campagne électorale qui démarre en fanfare par le plébiscite hystérique du candidat unique choisi par le Soviet suprême de l’UMP.
 
 
Ainsi s’achève donc l’année 2006… Une année faste pour le monde de la Bourse, des affaires et du pétrole, une année où les pauvres sont devenus encore plus des loqueteux et les riches une heureuse élite toujours plus confiante dans l’avenir. Rien de nouveau finalement si ce n’est une évolution logique du capitalisme débridé et triomphant qui se dévore avec un bel appétit comme un animal ronge sa patte prise dans un piège. Tout va bien donc dans ce nouvel ordre mondial où 95% de la planète est transformée en un immense atelier où fourmillent des esclaves frénétiques pour assurer de confortables marges bénéficiaires aux fonds de pensions et d’arbitrage des retraités américains et des businessmen du Golfe persique, aux géants manufacturiers et aux traders amphétaminés. Une richesse exponentielle qui est détenue par moins de cinq pour cent d’élus, ceux qui décident de la vie et de la mort de telle ou telle entreprise plus assez « compétitive », ceux qui délocalisent pour exploiter plus cyniquement ces travailleurs des pays émergents peu regardants sur les conditions de travail (il est pour eux question de survie, alors…), ceux qui subventionnent nos démocraties vérolées en choisissant de miser sur tel ou tel pion dévoué qui fera perdurer l’injustice flagrante ou fera choir le gêneur.
 
On appelle cela « le retour sur investissement » et les multinationales qui dépècent le monde ont parfaitement intégré le mécanisme pseudo-démocratique jusqu’à le parodier parfois. Comme quand elles décident de mettre le grappin sur une riche nation pétrolière (l’Irak) pour imposer la « démocratie forcée » par exemple en jetant dans les poubelles de l’histoire un dictateur usé comme une orange pressée qui faisait autrefois parfaitement l’affaire et les affaires. Cherchez l’erreur systémique d’une démocratisation obligée par une occupation sauvage et l’imposture politique que représente Bush et vous trouverez, encore et toujours, les prédateurs qui ont désormais l’outrecuidance de se baptiser chevaliers de l’Empire du Bien, un comble de noir cynisme et de perfidie jouissive.
 
Voici donc une nouvelle année qui démarre avec une échéance électorale cruciale pour notre pays et son avenir dans un monde chaotique où les approximations, les aléas de la communication et les choix politiques peuvent coûter cher et se payer cash. Personne ou presque, n’a oublié la démagogie triomphante de notre ministre de l’intérieur qui s’est soldée par des émeutes sans précédent et un élargissement manifeste de cette fameuse « fracture sociale » qui divise le pays pour mieux le manœuvrer sans doute. Personne n’a oublié non plus le CPE et autres tentatives à peine déguisées du MEDEF pour formater à sa guise une nouvelle génération de jeunes précaires dociles et adaptés aux exigences du marché du travail et de la Bourse anthropophage. Personne n’a oublié les prises de position courageuses de notre président à propos de l’invraisemblable aventure irakienne qui est en train de se transformer, comme prévu, en un bouillon de culture sanguinolent et putride.
 
 

Bouillon de culture

 
 
Le confort des Irakiens a toujours été le souci principal des autorités US…
 
 
Cette exception française en matière de politique internationale, cet entêtement gaulois à faire entendre une musique différente dans le concert policé de la communauté mondiale, se sont avérés des choix décisifs qui honorent aujourd’hui notre pays qui fait figure d’oracle puissant ou de Cassandre inspirée. Nul doute que le candidat Sarkozy, le plus fidèle vassal de Bush et d’Olmert, saura nous faire rentrer dans les rangs des vassaux tremblotants de l’Empire en cas de victoire électorale. Ce sera la fin d’une certaine idée de la France si brillamment défendue et théorisée par le Général De Gaulle dont se réclame le candidat de l’UMP. Cherchez l’erreur entre le poulain du parti gaulliste et l’orientation résolument atlantiste de Nicolas Sarkozy et vous comprendrez bien vite que cet homme qui se dit « de convictions » est surtout un homme de contradictions permanentes, un imposteur populiste et un médiocre visionnaire. Lui et ses lieutenants soutenaient vaillamment la campagne américaine en Irak au nom de supposés principes qui dissimulaient mal une mise en conformité absolue avec la voix de son maître, George Bush. La voix française dans la bouche de ses émules…de Bush, est un petit écho doucereux de domestique obséquieux.
 
Si l’Amérique avait décidé de guerroyer en Mésopotamie, elle avait forcément de bonnes raisons et il fallait se montrer fidèle et obligé. Les raisons étaient mauvaises et les dés étaient pipés mais aucune de ces figures atlantistes n’a fait preuve depuis du moindre remord ou d’un mea-culpa quelconque quitte à se réfugier derrière des arguments grossièrement défensifs. Finalement les armes de distraction massive s’étaient évaporées comme un mensonge humide dans le désert mais bientôt la rosée matinale avait fait surgir un sanglant dictateur et un peuple irakien à libérer. Le confort des Irakiens a toujours été le souci principal des autorités US comme en témoigne l’embargo qui a duré dix ans et fait des centaines de milliers de victimes du fait du manque de médicaments, de la malnutrition et des carences de l’état providence irakien à genoux. La secrétaire d’état de l’époque, Madeleine Albright, avait répliqué à une journaliste qui la questionnait sur le chiffre de 500 000 décès d’enfants irakiens directement liés à l’astreignant embargo, que le jeu en valait la chandelle… C'est dire la compassion impériale.
 
Ultime péripétie de la mascarade, le dictateur irakien vient d’être pendu comme un malfrat, sous les quolibets et les insultes, quelques jours après que le terrifiant dictateur argentin, Augusto Pinochet, ne s’éteigne paisiblement, protégé qu’il était par ses amitiés atlantistes. Après tout, l’initiateur du projet « Condor » méritait bien une retraite dorée et douillette pour services rendus. Guantanamo, les charters de la CIA, le contre-terrorisme et les « assassinats ciblés » doivent un peu quelque chose quand même au pionnier du nouvel ordre mondial.
 
Que retenir de l’actualité plus immédiate et plus près de chez nous ? Un Noël frugal et une attention toute particulière pour les sans-abris qui campent dans la campagne électorale en espérant que ce moment de promesses effrénées donnera quelques miettes nourrissantes et chaudes (lien AFP). Si l’on en croit le Figaro, les députés UMP attendaient avec une certaine impatience l’achèvement de l’année passée qui s’est révélée « chagrine » (lien) pour ceux qui détiennent un pouvoir absolu et…inutile dans les faits puisque la vie parlementaire se résume à…un résumé des séances de l’Assemblée à la télévision. Ni plus, ni moins, la faute à des parlementaires benoîtement dociles.
 
 
 

Atomes at home

 
 
Une pré-campagne biaisée qui à des allures de machinerie à la gloire du petit Timonier
 
 
Dociles également sont les représentants de la majorité actuelle qui n’ont pas fait illusion longtemps avec leurs velléités de candidature dissidente au sein de l’UMP (liens). Le débat démocratique, les amorces de candidature, les « primaires » à l’arraché et tout le reste n’ont convaincu personne y compris dans les rangs du parti gaulliste. Nul n’est dupe des manœuvres en cours et un malaise flotte indiciblement sur cette pré-campagne biaisée qui a des allures de machinerie à la gloire du génie à talonnettes et du petit Timonier. On retiendra avec une infinie tristesse dans cette actualité électorale, le ralliement à Nicolas S de Bernard Kouchner, un ancien socialiste, un ancien humanitaire, une ancienne figure d’autorité morale et un nouvel arriviste mû par une ambition dévorante (Lien AFP). Cette vague et cette déferlante de soutiens inconditionnels à l’Empereur miniature ne semblent pas impressionner plus que cela les électeurs puisque Ségolène Royal surfe sur des sondages favorables selon les toutes dernières estimations (Lien Le Monde). L’extrême gauche qui dynamite généralement les chances des candidats du PS, a pris le soin cette fois-ci, de faire exploser le joujou fratricide en cours de fabrication. Les artificiers du chaos utopique se sont réellement brûlés les doigts (lien Yahoo).
 
On retiendra justement le nombre des voitures brûlées que l’on a voulu maquiller derrière de pratiques et sporadiques émeutes datant...de l’année dernière. L’excuse grossière n’est plus valable depuis fort longtemps et pourtant les chiffres restent élevés. Voilà un énième symbole de l’imposture de la réussite sécuritaire du ministre de l’intérieur ( Le Monde). Ultime et terrible nouvelle, le nombre des clandestins naufragés qui dit péniblement la réalité de l’immigration et du désespoir qu’aucune loi ou directive ne sauraient occulter (lien Libération – Reuters). Et dire que nous allons avoir besoin dans très peu de temps d’un afflux massif d’immigrés pour pallier au vieillissement accéléré de notre population et soutenir notre système social actuel défaillant. Quelle amère ironie qui flotte comme un cadavre boursouflé entre deux vagues de sondages d'opinion.
P.S : Bonne année...
 
 
 

 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
Ressources du site :
 
 
L'UMP ou la prime à la casserole - Fonds de tension - France et souffrances - Le prolétariat nouveau - Economie d'âme - L' homme est devenu... - Communiquez les ! - Les heureux bénéficiaires de la crise - Le candidat qui incarne le futur ? - Riche sensation - Après le succès de la fracture sociale - Les clowns du Sarko Circus - Nicolas S rompt... avec la rupture - Une police de caractère - Le quart d'heure américain ou presque de Nicolas S-Nicolas S rompt... avec la rupture - Le doux frémissement du changement - Imaginons donc la France d'après -  L'éloge du vide ou le - La Majorité de la minorité -  Le bruit et l'odeur de la campagne - Bilan ou dépôt de bilan ? - Le noyau dur et la coquille vide - Le crabe aux pinces d'or - Sarkozy, l'ombre du doute - Juppé : droit dans son trôneHeureusement, il reste Thierry Breton
 
 
See U
 
CC Jung
 
 
Publicité

Publié dans Omegactualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article