Après le succès de la fracture sociale

Publié le par cc jung in effect

voici la rupture sociale
 
Le tout puissant Etat RPR, rebaptisé UMP pour faire oublier son sens très particulier des affaires, espère remporter les prochaines élections (en dépit d’un bilan affligeant) pour la bonne raison qu’il dispose d’un champion adulé par les Français, Nicolas le compulsif. Le petit empereur en devenir a en effet de grandes chances de se hisser sur la plus haute marche du podium, les sondages le confirment avec une assiduité étonnante. Il est vrai qu’il incarne à merveille l’ardent désir d’une autre politique espérée par l’électorat hexagonal…
 
C’est tout simplement ahurissant. Les années passent, les mois se suivent, les affaires s’accumulent et le drôle d’équilibriste qui nous sert de ministre du Tout culmine encore et toujours dans les sondages. Etroitement impliqué dans les gouvernements successifs de la Majorité, avec trente années de politique au compteur et un bilan médiocre, Nicolas Sarkozy continue d’obtenir les faveurs d’une grande partie de l’électorat. Est-ce son agitation frénétique qui brasse beaucoup d’air pour masquer l’insignifiance de son bilan dans les divers ministères dont il a eu la charge ? Est-ce son sens de la formule supposée « vraie » qui nous a mis la banlieue à feu et heureusement pas à sang ? Est-ce cette surexploitation du battage médiatique dont il bénéficie en s’appropriant compulsivement tous les sujets d’actualité ? Toujours est-il que notre empereur à talonnettes est toujours en piste pour les Présidentielles et qu'il régale son auditoire non pas à coup de claquettes, mais en tambourinant frénétiquement le concept d’une fumeuse politique de « rupture ».
 
Ce qu’il y a d’étonnant en parcourant les divers sondages d’opinion, c’est de constater qu’il est crédité d’une certaine crédibilité sur nombre de dossiers. Il se veut un champion de la sécurité mais la France a connu les pires émeutes de toute l’histoire de la 5e République sous son aimable règne. Certes l’uniforme s’affiche à tous les coins de rue et la répression s’intensifie toujours à l’intention des mêmes catégories de personnes mais son bilan est celui d’un imposteur qui manie les formules éculées (tolérance zéro, nouvelle loi pour remplacer celle qui est passée six mois avant, consignes de fermeté absolue à chaque fait divers, etc) que tout populiste et de tout démagogue se doit de répéter ad nauseam. Le résultat de sa gouvernance au ministère de l’Intérieur est calamiteux et un rapport récent dont il se garde bien de faire la publicité, quantifie la hausse de la délinquance en dépit de sa gesticulation permanente et d’une supposée efficacité pragmatique (lien). La multiplication des uniformes bleus qui voient rouge quand ce n’est pas blanc ne réussit pas à endiguer le mal-être persistant des sacrifiés du système à qui l’on a offert une diversion colorée en guise d’amuse-gueule expiatoire.
 
 

Promesse d'un avenir radieux...

« Un demi-million de faits classés en main courante n'apparaissent pas dans les statistiques policières » 
 
 
A défaut d’obtenir des résultats par l’usage immodéré de la matraque et des jappements de roquet belliqueux , l’imposteur matraque des chiffres bidons à longueur d’antenne complaisante en feignant d’ignorer le bidouillage statistique auquel se livrent  "ses" policiers devenus, bon gré mal gré, les complices d’une surenchère de la supercherie. « Un quart des vols et des tentatives de vol et un tiers des violences physiques - soit un demi-million de faits - ont été classés en main courante et n'apparaissent donc pas dans les statistiques policières » signale un article de l’Express (lien) qui en dit long sur une méthode déjà dénoncée par Omegalpha (voir ressources du site). Ce qu’il y a de stupéfiant, c’est la passivité de l’opposition comme tétanisée par l’outrance de l’adversaire, la connivence des média et le silence de bien des professionnels concernés par le sécuritaire. Il est vrai que celui qui se sert du strapontin offert par son maroquin, a pris le soin de verrouiller complètement les rouages de l’Etat (Lien le Monde) en disposant ses pions, qu’il a pris la précaution d’intensifier ses nombreux réseaux dans la presse tout en laissant se déliter la concurrence dans son propre camps. Sa solidarité gouvernementale se limite à des oraisons funèbres pour ses « amis ».
 
Ne parlons même pas de son interlude à Bercy et de la formule percutante du Baron du Medef qui saluait à l’époque le « Zidane de la finance » à son arrivée au poste. A la place du génie réel du footballeur, les fonctionnaires du dit ministère ont eu le loisir de voir se débattre un piètre joueur surfait qui a aligné les promesses coutumières sans jamais les tenir, de la baisse des prix dans la grande distribution à une meilleure redistribution de l’impôt. Des annonces, des effets de manches, du baratin permanent et une occupation de l’espace médiatique pour embouteiller le paysage, voilà la seule politique dont il est réellement capable. De nombreux observateurs évoquent un funambule qui passe son temps à dire une chose et son contraire, à racler ici telle poche électorale avant de bondir de l’autre côté de l’échiquier idéologique dans la minute électorale qui suit, au mépris de la cohérence, d’une ligne directrice et surtout d’un programme. Les politologues évoquent une « bête politique » là où il est sans doute préférable de parler d’une politique pour les…idiots. Comment comprendre en effet que l’imposture perdure sans bilan, sans boussole si ce n’est la captation de l’électorat du Front National en pillant à la lettre ses propositions ?
 
Les nombreux commentateurs et autres bavards éditorialistes écrivent également qu’il représente sans doute un désir de changement de la part de l’électorat, d’où sans doute son positionnement sémantique sur l’idée de rupture qui nous sert à longueur de meetings hystériques. Rupture ? Changement ? La seule véritable nouveauté dans le paysage politique français réside dans le fait que le chef du premier parti de Droite a décomplexé sa souche élective en remuant profondément le lisier résiduel de l’extrême pour ensemencer ses propres plates bandes. Un tiers des Français s’assume proche des idées rances de l’extrême, beau bilan en effet. Il ne faut donc pas s’étonner si le petit stratège de poche a reçu l’accueil qu’il méritait à son arrivée en Afrique pour « expliquer »  ses dernières initiatives en matière d’immigration, une énième loi injuste, kafkaïenne et encore plus méprisante que la précédente qui n’a même pas eu le temps d’être appliquée.
 
Expliquer quoi et à qui ? les Africains dans leur grande majorité ont très bien compris l’orientation de sa nouvelle mouture idéologique dont ils vont faire les frais et qui aura pour seul résultat d’augmenter les situations de précarité, la clandestinité et de détériorer encore plus la si mauvaise image de la France hors de nos frontières. Des petites frontières mentales françaises recroquevillées sur une splendeur passée à l’odeur de naphtaline, au parfum délavé des Colonies fruitées, un âge d’or empoussiéré d’un héritage humaniste gênant que d’autres voudraient balayer pour faire place nette à la rupture et au néant idéologique que représente le populisme dans toute sa splendeur fictive. Quelle ironie amère quand même que cette courbe de popularité vertigineuse pour un champion du bidonnage, un bonimenteur sournois et un as de la démagogie. Les Français ne font plus confiance (disent-ils à l’unisson) aux hommes politiques et pourtant ils s’apprêtent à porter au firmament une caricature grotesque et dangereuse de tous ce qu’ils dénoncent par ailleurs, qu’ils méprisent et qu’ils ne veulent plus voir. S’il y a effectivement une rupture en cours, c’est celle du bon sens.
 
 
 
 
Ressources du site :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
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CC Jung
 

Publié dans Omegactualité

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Hasting 20/05/2006 00:20

Tous les sondages ne disent pas que Sarko est favori... La preuve dimanche dernier :"Un nouveau sondage donne Ségolène Royal victorieuse d'un duel contre Nicolas Sarkozy: la députée socialiste battrait le président de l'UMP au second tour de l'élection présidentielle avec 53% des voix, contre 47% à son adversaire de droite. Selon ce sondage CSA pour "Le Parisien", "Aujourd'hui en France" et "i-Télé", rendu public dimanche, Ségolène Royal ferait jeu égal avec Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle, avec 31% des voix chacun."

cc jung in effect 20/05/2006 08:36

Le phénomène Ségolène est récent et peut-être ponctuel. Par contre la popularité du populiste ne faiblit pas vraiment et perdure...