Retour sur terre

Publié le par cc jung in effect

Tous occupés à chanter puis à pleurer une équipe de France splendide, nous avons sans doute un peu oublié le déchaînement de violence mésopotamien, la poursuite de l’offensive israélienne, la compromission des services européens dans la noria de Guantanamo et tant d’autres informations. Séance de rattrapage…
Pas la peine de le cacher plus longtemps… L’Irak est en proie à un guerre civile qui oppose la minorité sunnite et la majorité chiite, ajoutant au chaos de l’occupation, la folie d’un affrontement fratricide. La menace de désintégration du pays qui pesait à la chute du sanguinaire Saddam Hussein, seul capable de tenir la mosaïque ethnique dans une poigne de fer (comme Tito l’avait fait pour la Yougoslavie), est en train de devenir une triste réalité.
Dans un pays occupé, secoué par le fracas quotidien des bombes et des escarmouches, le spectre d’une guerre civile plane comme une gigantesque ombre funeste. Comment qualifier autrement la litanie des dépêches qui annoncent des assassinats en masse dans tel ou tel quartier auxquels répondent d’autres exécutions sommaires. La journée d’hier en est un exemple édifiant. « Des miliciens chiites ont massacré une quarantaine de personnes dans le quartier sunnite de Djihad à Bagdad  » (lien Reuters) avant que les milices sunnites ne répondent à leur manière… Quelques heures plus tard, deux attentats à la voiture piégée près d’une mosquée chiite dans le nord de Bagdad faisaient une quinzaine de victimes. Et cela empire de jour en jour sous le regard faussement affligé de l’Empire du bien…
Les enlèvements, les tortures et les liquidations sont devenus monnaie courante dans la plupart des grandes villes irakiennes. Autrefois attribuées aux groupes militaro-mafieux qui profitaient du chaos ambiant pour faire régner la terreur en se remplissant les poches, ces pratiques terribles prennent désormais une tournure mauvaise puisque la crapulerie a fait place à une guerre civile ethnique qui ne dit pas son nom. Sur un simple contrôle d’identité, un nom à consonance chiite ou sunnite dans le mauvais endroit, le sort des civils irakiens peut être scellé et la sanction s’avère généralement fatale.
Zarquaoui a donc réussi à mettre en œuvre son machiavélique plan à coups d’attentats aussi atroces les uns que les autres pour saper les deux communautés et générer une guerre civile en attisant les haines et les rancœurs locales. Depuis son exhibition mortuaire par les troupes US comme un trophée macabre, les violences n’ont fait que s’amplifier, démontrant une fois encore que la propagande l’avait effectivement affublé d’un bien trop grand costume de chef d’orchestre et de pyromane en chef (lien). Bien aidé par les « escadrons de la mort » qui sévissent au vu et au su de l’armée américaine, bien secondé par les sbires d’Al Quaeda plus préoccupés par la mort de civils irakiens que par une quelconque résistance, le fantôme Zarquaoui peut désormais reposer en paix, quelque part en Irak. Il a accompli son œuvre macabre et soulage grandement des troupes d’occupation exsangues. Good job !
 

Le dir Com de la décennie pour la Maison Blanche...

L’Irak sombre dans une spirale d’autodestruction
Miné par la corruption (lien) et retranché dans les bunkers de la « zone verte » (lien), le nouveau gouvernement ressemble à une parodie grotesque de « démocratisation forcée » si chère aux néos-conservateurs du Pentagone pour masquer leur pragmatique prédation. Autrefois l’un des plus riches et des plus puissants pays pétroliers, l’Irak sombre donc dans une spirale d’autodestruction, attisée dans l’ombre par tous les stratèges qui prévoyaient ce démembrement pour affaiblir durablement cet état gênant tout en exploitant confortablement ses ressources pétrolifères. Le grand pays laïc du Moyen-orient si fier de ses femmes ingénieurs en jupe, de sa prestigieuse armée et de son immémoriale culture est devenu, en trois années à peine, un coupe-gorge gangrené par l’islamisme radical, la violence et les bandes armées. L’article du Monde, les « émirats de Bagdad », illustre hélas cette décomposition d’un symbole fort de la fierté arabe. Le pays des mille et une nuits s’est transformé en un cloaque des mille et un ennuis par un coup de baguette magique et étoilé.
Cette guerre civile et la partition de l’état qu’elle risque d’entraîner peut apparaître en effet comme une excellente nouvelle pour la Maison Blanche et…l’état hébreux. Du temps de l’Irak florissante et du Saddam Hussein tout puissant (mis en place par la CIA), Israël a toujours été en ligne de mire et le dictateur ne s’est jamais gêné pour tirer quelques Scuds bricolés à l’occasion tout en fournissant une aide substantielle aux Palestiniens. Le cauchemar d’un Irak fort, reconstitué sur une base chiite et épaulé par le voisin iranien (chiite également) est en train de disparaître dans le fracas des explosions et le chuintement des balles. Il n’y aura pas d’un super état chiite et pétrolier constitué par les deux frères ennemis que l’on a poussé autrefois à se faire une longue et dévastatrice guerre, l’Iran et l’Irak.
Minée par des querelles intestines, la guérilla irakienne va sans doute se fourvoyer dans une guerre civile qui aura pour seul intérêt que la division, l’affaiblissement de ses ressources et une moindre résistance aux troupes américaines. Le bénéfice de cette guerre civile ressemble même à un jackpot puisqu’elle devrait irrémédiablement provoquer l’éclatement du pays en une pseudo-fédération, bien plus facile à contrôler en terme d’exploitation pétrolière et de sécurisation. L’enclave kurde dans le nord de l’Irak en est une bonne préfiguration… La technique du chaos fonctionne plutôt bien finalement (voir ressources du site).
 

Les prédateurs...

Usant d’un prétexte idéal de légitime défense…à sens unique
Les affaires de la Coalition vont bien en ce moment puisque l’état hébreux poursuit une œuvre semblable de destruction dans les Territoires occupés, usant d’un prétexte idéal de légitime défense à sens unique. Les uns ont le droit à la légitime défense et les autres devraient se contenter de la soumission fataliste et de pleurer les morts du jour avant de plier définitivement leurs bagages pour faire place nette. Les Palestiniens qui subissent des enlèvements, des « assassinats ciblés » depuis des années, des tirs de missile sur la foule, qui sont dévorés par un mur de la honte, affamés par l’occupation, emprisonnés en masse et sans jugements, qui subissent humiliations et vexations en permanence, ont eu le tort de répliquer. Quand ils tentent de combattre ces chars qui détruisent les vergers, les maisons et les centrales électriques, ils sont qualifiés de terroristes et d’activistes. Une manière élégante pour la propagande de disqualifier les combattants en oubliant de rappeler que l’autorité palestinienne ne dispose d’aucune armée régulière. Un « activiste » tué sonne mieux aux oreilles pudibondes qu’un soldat qui tente de défendre sa terre ou qu’un civil innocent abattu (lien « Gaza en une image »)…Quand les plus désespérés ou fanatisés se font exploser dans la foule, ils sont des terroristes, des barbares et des fanatiques. Quand les Palestiniens osent capturer un soldat, ils déclenchent une guerre pour combattre leur « nazislamisme » (voir ressources du site « nous sommes des capitulards »)… Triste sort réservé à ce peuple sacrifié comme tant d’autres, de la Tchéchénie au Darfour, dans l’indifférence la plus totale.
  
Ressources du site :
 

Liens :
 
 
 
 
 
 
Gaza en une image… (L’Express)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Vénération Zidane (Libération)
 
 
 
 
See U
CC Jung
 
 
 
 
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Publié dans L'Empire du Bien

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