La tête ailleurs déjà
Retour sur terre en effet titrait il y a peu Omegalpha, un brin nostalgique alors que les derniers échos du Mondial agitent encore les rédactions bavardes. L’atterrissage s’avère plutôt rude pour le vaisseau qui a presque l’impression de se poser en plein champ de bataille. C’est l’Irak qui s’enfonce dans une guerre civile si souvent annoncée, c’est l’Inde de Gandhi où le concert des bombes meurtrières a fait un carnage. Petit tour d’horizon de notre planète déboussolée…
Il était temps. Les principaux titres de la presse française viennent apparemment de réaliser à quel point la situation en Irak est en train de franchir un nouveau palier vers le chaos total. La chronologie des dépêches relatives au pays des mille et une nuits en dit long sur la hausse des violences. Après un terrible week-end durant lequel les expéditions punitives ont répondu aux voitures piégées, la semaine démarre sur le même tempo dévastateur. Début de matinée : un attentat suicide secoue la « zone verte », un bunker à ciel ouvert dans lequel se retranchent l’état-major US et le gouvernement fantôme irakien (lien). Une heure plus tard, une voiture bourrée d’explosifs sautait en plein cœur de la capitale, Bagdad (lien). Entre-temps, un camion-citerne piégé n’a pas épargné grand monde dans la banlieue sud-est de la ville. Le nord du pays est entré dans la danse un peu plus tard de la pire des manières. Du côté de Najaf, un groupe armé a intercepté un convoi funéraire, tuant la totalité des occupants d’une fourgonnette du cortège… Bilan non exhaustif de la journée : près de 40 morts qui viennent s’ajouter à l’interminable liste des civils irakiens qui ont goûté à la nouvelle ère radieuse de la « démocratisation forcée » voulue par l’occupant (lien). Et dire que l’on prétendait délivrer ces malheureux d’un règne sanguinaire...qui ne gênait pas grand monde tant que la marionnette au pouvoir obéissait au doigt et à l’œil. Comment qualifier alors la situation qui prévaut aujourd’hui ? Joyeuse, festive, radieuse, en progrès ?
Alors que l’Express évoque le spectre d’une guerre civile (lien) que la situation à Bagdad préfigure (lien), le quotidien Le Monde se montre beaucoup plus pessimiste dans un édito, « l’Irak et le néant » (lien). Cette tribune du quotidien du soir rejoint en de nombreux points, l’analyse faite par…Omegalpha la veille (« Retour sur terre »). Pour comprendre comment a-t-on pu en arriver à cette extrémité mortifère, à ce chaos généralisé, il est toujours utile de faire un retour en arrière pour saisir les motivations réelles de ceux qui œuvrent dans l’ombre de la déstabilisation mondiale. Il faut bien comprendre que la guerre au terrorisme, l’invention d’un nouvel ennemi, le fameux « choc des civilisations » et toute la rhétorique des néos-conservateurs, a été théorisée et planifiée depuis bien plus longtemps que l’on imagine.

« Elle permet de justifier la croisade états-unienne pour le pétrole »
L’habillage sémantique qui dissimule plus ou moins habilement la prédation pétrolière du conglomérat militaro-industriel a des concepteurs talentueux. « La théorie du complot islamique mondial et du clash des civilisations a été progressivement élaborée, depuis 1990, pour fournir une idéologie de remplacement au complexe militaro-industriel états-unien après l’effondrement de l’URSS. L’orientaliste britannique Bernard Lewis, le stratège états-unien Samuel Huntington et le consultant français Laurent Murawiec en ont été les principaux inventeurs. Elle permet de justifier, de manière pas toujours rationnelle, la croisade états-unienne pour le pétrole » (lien). Les propos de Thierry Meyssan, le très controversé rédacteur en chef de Voltaire, donnent un éclairage saisissant sur la situation actuelle qui ressemble à un désordre apocalyptique mais qui a été pourtant pensé très en aval. Une relecture pour information s’impose d’urgence pour ceux que la propagande massive a embobiné.

Derrière les icônes et les images publicitaires, il y a encore des hommes, parfois…
Un mot sur l’Inde, immense pays instable mais prometteur, qui vit l’horreur (liens). La série d’attentats qui vient de secouer le pays n’est, hélas, pas la première. Situé dans une zone de turbulences qui englobe le bouillant ennemi pakistanais, la proximité d’un turbulent Afghanistan, titillé par la plaie ouverte du Cachemire, le sous-continent indien est régulièrement déstabilisé par des vagues de violence. Ce qui n’empêche pas le pays de Gandhi (pas de Candy, non) de progresser à une vitesse étourdissante. Ce qui va également progresser à une vitesse prodigieuse, ce sont les comptes de Noël Forgeard (lien). Après la culbute de ses ventes de stock-options au moment adéquat (il est soupçonné de délit d’initié), le vice-président d’EADS s’en tire à…bon compte avec 6 millions d’euros de prime de licenciement (pour faute grave ?). Il ne compte pas, pour l’instant, saisir les prud’hommes…
Un ultime mot pour saluer le magicien Zidane qui aura réussi la prouesse de transformer un penalty mythique en finale et d’asséner un coup de tête à tout ce que l’on exècre dans le football : la provocation, la triche, le racisme et la bêtise des médiocres (lien). Le geste est sans doute impardonnable pour ceux qui imaginent que le football est un spectacle et que les figurants sont estampillés « Walt Disney FIFA », pour ceux qui consomment le sport comme la dernière comédie musicale à la mode. Derrière les icônes et les images publicitaires, il y a encore des…hommes, parfois. Le geste épidermique du minot restera l’ultime chiquenaude d’un génie à part, jamais formaté. On voulait en faire un exemple ? Il a donné l’exemple en assénant un coup de tête à tout ce qu’il y a de pourri dans le football. Maintenant, le reste, les interprétations et la psychanalyse de comptoir importent peu. Il l’a fait. Lui, il craint degun, il est une légende.
Ressources du site :
Retour sur terre - Terrain miné -Le mur qui les mange - Nous sommes donc des capitulards - La morale de l'Empire - Liés à l'Empire pour le pire et le meilleur - Dans les filets (3) - La curieuse histoire de la fin de Zarquaoui - La mort du fantôme Zarquaoui - Du rififi dans le riff - La bannière étiolée - Mortelles comparaisons - Guerre de chiffres - L'Empire a bien du mal - L'Empire va droit dans le mur - La bannière étiolée - Mortelles comparaisons - Zidane : une comète sans paillettes - Rien n'a foot
Liens :
Attentat suicide près de la zone verte de Bagdad, cinq morts (Reuters- Libération)
Une voiture piégée fait trois morts dans le centre de Bagdad (Reuters- Libération)
Guerre civile à Bagdad (L’Express)
L'Irak et le néant (Le Monde)
Le spectre de la guerre civile (L’Express)
La « Guerre des civilisations » (Voltaire) (Voltaire)
Forgeard partirait avec 6 millions d'€ (L’Express)
Le FN continue d'attirer des chômeurs, le PS conforte son implantation parmi les salariés (Le Monde)
Affaire Zidane: et si c'était Materazzi le "méchant" ?, se demandent les médias internationaux (AFP)
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CC Jung
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