Nous vivons une époque formidable

Publié le par cc jung in effect

Bénéfices records, milliardaires de plus en plus riches, sphères consanguines et élitistes regroupées en une mafia de l’argent, du pouvoir et de l’économie dérégulée, déséquilibre criant entre les classes sociales, délocalisations, chômage de masse, casse sociale, concurrence déloyale dans le monde du travail, précarité, travailleurs pauvres, prédation colonialiste maquillée en nouvel ordre mondial. Tel est l’évidence qui s’impose. Pas de doute, le système fonctionne parfaitement puisqu’il permet d’enrichir toujours plus une infime partie des hommes au dépend d’une immense majorité qui s’entredévore pour grappiller des maigres miettes et survivre. Voilà la réalité du fameux capitalisme qu’il fallait faire triompher à tout prix en écrasant le communisme et ses velléités égalitaires. La folie destructrice et la perversion de ce système sont flagrantes, raison de plus pour continuer dans cette voie…
 
 
Comme elle est belle la crise… Si les salaires stagnent, si le pouvoir d’achat ne cesse de baisser, si le marché de l’emploi se dégrade à ce point, si les entreprises délocalisent en masse dans des pays où les esclaves sont plus dociles, si ceux qui s’échinent se transforment en travailleurs pauvres, si le nombre des sans-abri explose, si les foyers s’endettent à vie, si les queues n’en finissent plus devant les Restaurants du Cœur et le Secours Catholique, si les conditions sociales se durcissent considérablement, si les acquis sociaux fondent comme neige au soleil, si le droit du travail est réduit à sa portion congrue, si les produits élémentaires subissent la valse des étiquettes, une seule explication : la crise.
 
Celle qui secoue nos économies moribondes, celle qui sabre nos entreprises méritantes, celle qui déchire bruyamment le tissu social, celle qui fait grimper les tensions et exploser la violence quotidienne. La fameuse crise que l’on doit à la mondialisation, à la globalisation, à l’économie de marché appliquée désormais à l’échelle planétaire… Il suffit d’ailleurs de jeter un œil sur les nouvelles du jour relatives à l’économie pour comprendre à quel point la situation est grave et la crise profonde (liens)… Ce même système qu’il fallait absolument faire triompher face au péril absolu que représentait le communisme, cette utopie du partage et de la justice sociale, une peste rouge qu’il fallait résolument combattre pour que la « liberté » représentée par le capitalisme étende son emprise vivifiante sur la planète entière. La propagande nous promettait à la chute du Mur de Berlin, une nouvelle ère, celle du capitalisme érigé en nouvelle religion, un culte pratique où chacun avait sa chance pour peu que la volonté de réussir s’exerce, un système d’échanges de marchandises et de compétences qui devait permettre à chaque paysan paumé du Burkina, du Pérou, de l’Ouzbékistan ou d’ailleurs, de se transformer en chef d’entreprise qui étendrait ses ramifications commerciales jusqu’aux confins de la terre grâce au divin Internet… Balivernes et visions complètement déconnectées du réel justement, un conte de fée que l’on nous a fait gober pour faire passer la pilule amère.
 
 

mescaline

Un client captif des multinationales
 
 
 
Internet ? Difficile lorsque l’on n’a même pas l’électricité. Le Commerce mondial ouvert pour tous ? Que peut un agriculteur en haillons face aux multinationales et aux intermédiaires sinon courber l’échine et planter des OGM toxiques (lien Le Monde) comme on lui conseille fortement, empoisonnant ainsi sa propre terre durablement… Que peut le planteur de cacao de Bouaké (Côte d’Ivoire), le planteur de coton de Garoua (Cameroun), le planteur d’hévéa de Sawu (Indonésie) quand le cours des matières premières est décidé par les courtiers en Bourse et les fonds de pension ? Que le paysan occidental qui le concurrence vit de grasses subventions, d’aides, de dumping et s’abrite derrière d’imperméables barrières douanières. Que peut le travailleur qui se retrouve mis en concurrence par le bas avec le monde entier sinon accepter de revoir son salaire et ses revendications à la baisse par crainte d’une délocalisation qui aura lieu de toute façon un jour où l’autre s’il ne dispose pas d’un savoir-faire spécifique et d’une conjoncture favorable. Que peut le consommateur sans cesse titillé par le démon publicitaire lorsque le choix est un habile artifice et qu’il est en réalité un client captif des multinationales (déclinées sous mille marques différentes en apparence) qui s’entendent pour rehausser les prix de plus de 15 % comme cela s’est produit discrètement l’année dernière au nom de la flambée des prix du pétrole. Le pétrole a depuis beaucoup baissé, pas les prix des produits manufacturés et à peine celui des carburants.
 
Le chômage est endémique dans la plupart des pays européens (en dépit des bidouillages statistiques, lien sur l’INSEE) et tous nos gouvernements jurent sur tous les tons que cette plaie est la première des priorités et qu’ils ne ménagent pas leurs efforts incessants. La réalité est toute autre puisque nos dirigeants, « sponsorisés » démocratiquement par les grands groupes industriels et les capitaines d’industrie sont devenus des actionnaires parmi d’autres. Des « obligés » qui injectent toujours plus de fonds publics pour soutenir ces entreprises si vitales pour notre équilibre sociétal en sachant que ces mêmes monstres froids et gloutons réalisent des marges bénéficiaires énormes en dégraissant toujours plus car telle est la logique destructrice du capitalisme. On réduit les coûts en asphyxiant le paysan pour qu’il vende sa matière première, sa sueur et sa santé dans le Sud, on pressure l’ouvrier et l’employé dans le Nord et de plus en plus dans les ateliers délocalisés au Sud, on réduit les charges en licenciant et en rognant sur les prérogatives des employés et en démembrant le code du travail, on réduit la pression fiscale en exportant les biens de production dans des pays plus accueillants, on réduit les charges salariales en abusant des contrats précaires et des salariés jetables… pour augmenter le profit. Travailler plus pour gagner plus qu’il disait (lien Bellaciao) en dépit de la logique même de l’entreprise qui a pour objectif principal de vous faire travailler plus en payant moins… Mais Nicolas Sarkozy défend les plus pauvres, les cinq années de pouvoir absolu de sa majorité nous l’ont prouvé, n’est-ce pas ?
 
Le profit, voilà la seule religion officielle qui a cours de nos jours, voilà la plus grande avancée de la civilisation humaine, la quintessence de nos sociétés, dégager du profit pour engraisser la reine des termites, la reine des abeilles et le roi commerce. Des milliers d’années de lutte, d’émancipation, de spiritualité et de savoir ont abouti à cette aberration systémique : celle d’une économie qui n’est plus l’outil du progrès et du bien-être pour les hommes. La machine économique n’est plus à notre service et elle ne contribue plus au développement harmonieux de tous puisque nous sommes désormais devenus les esclaves de cette même économie profitable à une infime minorité. Il y a quelque chose qui cloche dans cette mise en coupe réglée pour le seul usage de quelques heureux élus distingués comme les nouveaux seigneurs par le magazine Forbes (liens).
 
 

La télévision hypnotique qui injecte en continu son laudanum abrutissant
 
 
Nous sommes tout simplement en train d’inverser le processus historique et d’amorcer une régression remarquable vers un nouveau Moyen-Âge avec ses suzerains à la tête d’empires industriels et des milliards de serfs qui croupissent dans une misère méticuleusement ordonnée par un nouvel ordre mondial. Le tableau est complet à bien y songer puisque notre élite est en train de réinventer les guerres de religion pour mieux masquer les rapines en cours, l’éducation est sabordée pour maintenir le peuple dans une ignorance utile bien aidée par la télévision hypnotique qui injecte en continu son laudanum abrutissant. Et si tout ceci n’est pas suffisant, le Dieu capital a tout prévu et ses immenses filets sauront ramener les égarés en les embastillant, en les incluant dans des alvéoles étroites (sectes puissantes, associations-leurres, consumérisme compulsif, endettement) ou en les traitant à la camisole chimique (explosion à l’échelle planétaire des troubles mentaux et de l’industrie des hypnotiques, courbe exponentielle des ventes d’anxiolytiques). Que dire des suicides collectifs de jeunes qui secouent épisodiquement le Japon shintoïste qui a fait du travail un sacerdoce (liens Courrier, Canoe) en inventant au passage, le surmenage à mort (le karoshi). Et cette statistique française du jour, un suicidé par jour au travail (lien Le Parisien), encourageant non ? 
 
Comme au bon vieux temps, le pauvre bougre pourra toujours ressasser son amertume et noyer son chagrin dépressif à l’assommoir du coin où il achèvera de dilapider son maigre pécule. Le phénomène des ivresses collectives est en train de prendre de l’ampleur en Europe (lien Figaro), ce qui enrichit le puissant lobby des alcooliers capable de pousser assez fort pour que l’UMP ose proposer un amendement visant à enseigner les bienfaits du vin à l’école primaire (lien Nouvel Obs). Voilà encore un signe probant que nous vivons une époque décidemment formidable et qu’il faut absolument que l’ultralibéralisme continue à dynamiter nos sociétés en portant au pouvoir ses meilleurs avocats (Bush, Blair, Berlusconi et en France, Nicolas Sarkozy). Un coup d’œil sur tous les liens soigneusement compilés devrait achever de vous en convaincre… C’est un aperçu saisissant d’une réalité que bien peu de gens appréhendent dans sa globalité et son horreur. Il est vrai que la devise la plus insidieusement inoculée est chacun pour soi (et le Dieu commerce pour personne ou presque). Cet individualisme forcené que nous vendent nos propagandistes de la publicité, est dans toutes les têtes, imprimé dans les neurones. Une manière de ne pas envisager mentalement un projet commun, une révolte solidaire et une destinée commune. Ils ont pensé à tout… La matrice a des ressources insoupçonnées.
 
 
 

 
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« (…) À l'exception des libéraux, les partis politiques rivalisent de demandes d'interdiction et de censure. Jusque et y compris le bannissement total de l'alcool avant 18 ans comme le suggère la Commission européenne. Sans savoir comment en surveiller l'application.  (…) »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
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CC JUNG
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Publié dans Omegactualité

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