Bilan ou dépôt de bilan ?

Publié le par cc jung in effect

A l’heure où les banlieues se remettent à nouveau à tousser, un récent sondage confirme les prévisions les plus catastrophistes en hissant le leader du Front National, JM Le Pen à des hauteurs rarement atteintes. La décomposition avancée de la Majorité et le flottement indéniable qui en découle ne sont sans doute pas étrangers à cette poussée de l’extrémisme. Sur fond d’affaires, de ratages et de copinages, la dernière année de gouvernance de Jacques Chirac s’annonce comme un calvaire et une longue agonie qui devraient profiter aux charognards de la démocratie.
 
C’est reparti pour un tour ! Comme il fallait s’y attendre, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il y a quelques mois à peine, nos banlieues où s’entassent la misère, les exclus et toute cette France d’en bas que personne ne veut voir, flambaient. Les « émeutiers » des cités ont largement dénoncé à l’époque les méthodes brutales de la police, celles qui vont du harcèlement aux injures raciales à l’encontre d’une certaine catégorie de…Français. Les spécialistes en tout genre ont défilé dans nos média pour « expliquer » les raisons de la colère et du ras-le-bol, les politiques ont fait semblant d’écouter et les journalistes se sont vaguement intéressés à la problématique. Six mois après le déclenchement des émeutes, les rares reportages effectués sur le terrain sont tous arrivés à la même et sinistre conclusion : aucune promesse n’a été tenue. Comme d’habitude…
 
Encore une fois, les méthodes musclées des forces de l’ordre sont à l’origine de cette nouvelle flambée qui embrase Montfermeil et Clichy-sous-Bois (lien). La politique de rupture du Ministre de l’intérieur que se sont empressés de mettre à l’œuvre ses militants préférés, donne les résultats escomptés : plus de tension, plus de violence et toujours plus de ressentiment. Les remèdes à la lente agonie de ces ghettos sont pourtant simples mais hors de portée de nos rois de la communication plus préoccupés à épier la concurrence et à aiguiser des couteaux fratricides. Quelles solutions ? Les mêmes qui fonctionnent pour tous : du travail, un semblant d’avenir et une prise en considération de l’individu que d’autres appellent l’intégration, un mot absurde et biaisé.
 
Ce n’est pas en mettant des cars entiers de CRS et en faisant hurler en continu les sirènes, en étouffant la contestation et en aggravant la confrontation, que le malaise va se résorber. La preuve… Les acteurs de terrain ont avancé des solutions pragmatiques depuis belle lurette et les sociologues ont décortiqué le mécanisme de l’exclusion maintes et une fois mais les « moutons noirs » de la République ne remplissent pas le bas de laine électoral, malheureusement. Les promesses qui ont fleuri un peu partout dans la classe politique après les évènements de novembre dernier se sont envolées comme tant d’autres et les clameurs d’autres crises ont remisé l’urgence...à plus tard. Le ministre de l’intérieur qui prétend faire feu de tout bois se conduit finalement en pyromane multirécidiviste sans que l’on sache réellement si la manœuvre est voulue ou le fruit brûlant de son incompétence.
 

Extension du domaine de la lutte...

 
Les voix que cela coûte, le mandat menacé et la goinfrerie qui s’achèvera peut-être...
 
 
Trop occupés sous les lambris dorés des palais de la République, nos élus voguent d’auto célébrations complaisantes (lien Villepin, Borloo) en petites combines partisanes sans la moindre considération pour la vox populi. La chienlit trime, rame, râle, rue, rit jaune, peste, rouspète, conteste et manifeste depuis des lustres, en pure perte. C’est tout juste si nos seigneurs de guerre électorale daignent parfois leur jeter du haut des donjons quelques boucs émissaires pour calmer la plèbe qui s’en contente nous disent les sondages. Il est vrai qu’ils ont à faire : ils fourbissent déjà les armes et autre « poudre de succession », placent des hommes sûrs derrière chaque pilier du palais et tressent des réseaux inextricables dans l’ombre pour s’assurer la complaisance de tous. La plupart se soucie également déjà du tiercé gagnant à la prochaine échéance électorale pour choisir l’écurie capable de faire perdurer ces privilèges qui sont bien trop souvent leur unique motivation politique. Quelques uns s’inquiètent des dernières outrances du Monarque, non pas pour les coups de poignard répétés que ces agissements sans vergogne portent à notre démocratie vacillante, mais en extrapolant les voix que cela coûte, le mandat menacé et la goinfrerie qui s’achèvera peut-être.
 
En attendant fébrilement la suite des intrigues, les meilleurs d’entre nous, ceux à qui l’on a remis nos voix (82 % !) et notre confiance dans une belle unanimité pour contrer le spectre brun et l’ombre menaçante de l’extrême droite, ont réussi un tour de force. En quatre années d’errements, de suffisance et d’erreurs, ils ont ouvert grand les portes de l’Elysée à deux médiocres prétendants, un imposteur populiste pillant l'extrême droite (le grand Nicolas) et un vieux cheval de retour que l’on croyait avoir renvoyé dans son écurie fétide. Deux Le Pen pour le prix d’un ! Sacré bilan et merci pour tout…
Avec une majorité absolue, les pleins pouvoirs et une opposition défaite et exsangue, notre gouvernement UMP s’est finalement comporté comme un gouvernement…RPR. Les affaires sont les affaires et ils se sont effectivement affairés à défaire le peu de lien social qu’il reste dans notre beau pays, à régner dans l’outrance et l’arrogance, à ignorer les besoins d’une immense majorité pour satisfaire la minorité qu’ils cajolent honteusement. Clientélisme, amateurisme et aveuglement. Chaque crise (banlieue, référendum, élections régionales, CPE, etc) a démontré jusqu’à l’absurde cette méthode de gouvernance.
 
Comment s’étonner alors de ce sondage qui annonce que « 31% des Français souhaitent que le leader du Front national soit candidat en 2007 et 36% pronostiquent sa présence au second tour » (lien) ? Comment s’étonner que les flammèches de la contestation renaissent en banlieue au même moment (quel symbole) où certains de cette majorité luttent avec la dernière énergie pour ne pas respecter la règle des 20 % de logements sociaux qui est un début de réponse au malaise de l’exclusion (lien) ? Comment être encore surpris par cette « américanisation » de notre société qui fabrique des ghettos à la pelle et au tonfa, qui construit des prisons dorées pour vieux sur fond d’hystérie sécuritaire (Lien), qui fabrique des antagonismes raciaux de toutes pièces comme cette stupide guéguerre d’extrémistes juifs et noirs (lien) ? Quatre années pour conduire à tant de résultats, chapeau. Et dire qu’il reste encore une longue année où l’excitation pré-électorale et les basses manœuvres vont certainement conduire à de nouveaux dérapages. Voilà les seules promesses qu’ils sont capables de tenir.
 
 
 
 
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Le Pen : le sondage qui fait peur (Nouvel Observateur )
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
 
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Publié dans Omegactualité

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H
Le discours de Ségolène me laisse perplexe : veut-elle que la campagne de 2007 soit monopolisée par les problèmes de sécurité ? Si oui, cela fera un peu plus le jeu de Le Pen. Jeu dangereux...
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C
Risque majeur...
L
Il y a de quoi s'inquiéter...<br />  
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C
Il reste une année pour agir, une année pour s'inscrire sur les listes électorales comme tu le dis souvent sur ton blog ma chère chroniqueuse.Hasting, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Dans la presse du jour, un sondage donne Le Pen en baisse comme Sarko et Chirac tandis que Segolène confirme. Le flou le plus total...
H
Ce vieux rusé usé ne pouvait espérer mieux comme contexte que ce qui se passe actuellement... Il lui permet une véritable résurrection, moi qui n'aurait pas misé un euro sur son nom il y a quelques mois... Espérons que ce n'est qu'un épiphénomène, les français ayant de quoi être déboussolés en ce moment.
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