La routine des rustines

Publié le par cc jung in effect

En attendant la prochaine crise
 
L’épisode du CPE achevé, les affaires reprennent leur cours normal et les étudiants affairés reprennent les cours normalement, soutenus comme il se doit par leur ministre de tutelle. Un autre ministre siffle l’hymne à la joie, c’est l’admirable bretteur Breton qui baratine des tartines de plus en plus indigestes qui commencent à gaver tout le monde. Après le copieux remplissage de rigueur de la communication érigée en système politique de gestion du vide, il est plus que jamais nécessaire de miser sur le sport. C’est ce qu’a décidé notre gouvernement consensuel. Toujours aussi peu avare de dribbles, Tapie mise sur l’ailier de débordement du P.S, Ségolène Royal, qui pourrait mettre définitivement la balle au centre et tout le monde d’accord. Bref, une actualité tranquille en attendant la prochaine crise…
 
 
Le CPE est mort dans d’atroces convulsions, une agonie qui a duré des mois avec à son chevet un médecin qui n’a surtout pas voulu l’euthanasie pour alléger les souffrances, soit. Le mouvement étudiant qui n’impressionnait pas du tout notre bellâtre de l’Education à l’époque, en dépit de la contagion de la contestation, a donc gagné la partie même si bien des combats restent dans les besaces. Cette crise majeure qui a parfois pris des tournures grotesques et pathétiques aura au moins eu le mérite de nous montrer le vrai visage du ministre de l’Education nationale, celui qui préfère visiblement la proximité pailletée et people d’une Miss France au dialogue avec les étudiants et les lycéens qu’il semble cordialement mépriser. La vilaine entourloupe des élections étudiantes, une parodie de scrutin mise en scène et cautionnée par M. De Robien, reste dans toutes les mémoires (voir ressources du site « aux urnes citoyens ! ») comme le symbole même de la mesquinerie du grand homme d’Etat.
 
 
 

Impasses

Le ministre qui préconisait les matraques policières pour déloger les inconscients
 
 
Tout à sa superbe indifférence et ruminant sans doute son amère défaite, le tuteur politique de Miss France mérite également une couronne pour son acharnement rancunier de petit boutiquier acariâtre. Il vient de décider que la dégradation des locaux universitaires après des mois d’occupation et de camping sauvage serait à la charge des universités (Lien). Une manière de faire payer les premiers concernés, ces étudiants qui ont eu l’audace d’exercer une pression démocratique sans doute, tout en flagellant économiquement les présidents d’université plutôt solidaires du mouvement. Ces derniers avaient pourtant très tôt prévenu que le mouvement n’allait pas vers le pourrissement souhaité mais vers une extension du domaine de la lutte, une prise de position lucide et courageuse. Ils auraient sans doute dû suivre les recommandations du ministre qui préconisait les matraques policières pour déloger les inconscients et les chevelus qui perturbaient le bon ordre des choses. Un bon coup de tonfa dans la figure et un bon coup de rangers dans les côtes pour remettre les élèves dans la bonne direction, comme au bon vieux temps des règles métalliques et des châtiments corporels. Le Sieur s’est sans doute trompé d’époque et de maroquin mais il ne trompe plus personne.
 
M. De Robien a sans doute compris que l’heure n’était plus à la gabegie et à la dépense inconsidérée en écoutant les incantations jubilatoires de l’admirable amiral. Le barreur du Titanic distille encore et toujours ses bulletins météos surréalistes où l’été économique dure toute l’année à condition de ne pas oublier le parapluie et la vareuse tant la farce est piquante. Cela fait un moment que le vaisseau Omegalpha traque l’imposteur au verbiage complaisant et il n’est plus le seul, il y aurait même pas mal de Monde… Sous la plume de Joël Morio, le quotidien brocarde le cocardier et son inimitable bagout qu’il ventile à tout va. Le décalage horaire et même annuel entre le discours du bonimenteur et la réalité sous le soleil commence à poindre à l’horizon. Le journal cite le sénateur UDF de la Mayenne, Jean Arthuis, qui ne peut que constater une « schizophrénie entre le discours du ministre des finances sur la dette et la gestion des finances publiques au quotidien » (Lien) . Le Dj avait diagnostiqué un abus de substances illicites pour expliquer la logorrhée verbale sans queue ni tête du trublion en boucles, le diagnostic sénatorial est plus sévère en parlant de « schizophrénie ». « Thierry Breton ne serait-il qu'un ministre du verbe ? » s’interroge ouvertement le Monde, ce à quoi le DJ répond que M. Breton est non seulement le ministre du verbe et du vent mais qu’il est également celui du compliment d’objet direct puisqu’il s’adresse à lui-même, l’équivalent de la production décennale des fleurs produites aux Pays-Bas à chaque occasion. 
 

Embrouilles du moment

Fuir les sollicitations des coachs particuliers qui sévissent dans les banlieues
  
 
Très en verve et en rondeurs accommodantes en ce moment de marée basse, le gouvernement remet au goût du jour le sport comme palliatif à la violence urbaine. Les filières sportives et les bienfaits du sport ressurgissent comme des serpents de mer lorsque l’imagination est en cale sèche (Lien). Pour les galériens des banlieues, rien de mieux donc que le rameur, les pompes (griffées ?) et la baballe. C’est mieux que la conversion en rappeurs aux rudes discours, mieux que le fusil à pompe et mieux que les vraies balles dans les cités citées si souvent. Avec un peu de chance et beaucoup d’illusions, on pourrait presque en faire des basketteurs, des footballeurs et des boxeurs, comme aux USA. A propos de football au fait, les trois lévriers de Clichy revenaient d’un match, pardon, d’un cambriolage électoral ? Cela n’a pas suffit à empêcher les violences urbaines de novembre mais ne soyons pas trop durs, les adolescents manquaient sans doute d’entraînement pour fuir les sollicitations des coachs particuliers qui sévissent dans les banlieues… Le sport n’est pas la panacée, juste un discours qui finit par lasser.
 
S’il y a en a un par contre qui s’y connaît en combines sportives, c’est bien Nanard qui réapparaît épisodiquement dans l’actualité pour donner ses pronostics avisés (Lien). Visiblement l’ancien président de l’Olympique de Marseille mouille le maillot en pariant sur la Royale. Il prend de grands risques en misant sur l’outsider donné favori contre le champion toutes catégories qui piaffe comme un crack sous pression sur la ligne de départ. Il a sans doute une combine pour assurer ainsi la colombine qui nous promet la lune, on peut lui faire confiance…
 
 
 
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
 

Publié dans Omegactualité

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cyril 19/04/2006 18:50

blog sympas et pleins d idées ! :)
a++ cyril