Sanglante obstination

Publié le par cc jung in effect

Toujours aucune nouvelle du monde « civilisé » qui se satisfait du petit jeu guerrier et sanglant d’Israël au Liban. Trois cent libanais civils morts ? Des civils ? Des terroristes qui utilisent la démocratie pour mettre au pouvoir des partis islamistes. Voilà le prix à payer lorsque l’on se sait pas voter comme des gens raisonnables et soumis. Incurable facétie arabe à corriger d’urgence. Envie de voir ailleurs ? Cela tombe bien, Nicolas Sarkozy de l’académie française du populisme, a éructé ses visions d’avenir en les mettant en prison entre les lignes d’un livre qui parle d’un avenir joyeux de la France sous l’égide de l’Empire. Dégustation…
 
 
Une froide détermination à persister dans l’erreur. C’est ainsi que l’on pourra résumer l’attitude de l’état hébreux tout occupé à liquéfier un pays, le Liban, en n’épargnant ni la population (plus de 300 morts, liens) ni ce qui constitue un état, sa souveraineté et ses infrastructures. Encore une fois l‘option militaire et violente a été choisie pour répondre à un problème structurel, humain et juridique, vieux de presque…. soixante années. Le manque de discernement des politiques et des stratèges de l’état hébreux ressemble parfois à un aveuglement idéologique ou à l’aboutissement d’une logique de paranoïa érigée en système de gouvernance, à moins que l’impunité spécifique à cet état à part n’aboutisse à un long et lent dérèglement des sens…
 
Combien de guerres a mené Tsahal, combien de prisonniers pourrissent dans ses geôles, combien de pays a envahi cette armée qui fait la fierté du peuple juif, combien de territoires annexés, combien d’exécutions « ciblées », de bombardements, de missiles, de bombes, de mur, de balles tirées, de morts de part et d’autre ? Et pour quel résultat en définitive ? Rien ou presque, juste un niveau d’exaspération croissant du monde entier, une haine ancrée dans des générations entières, des revanches à prendre pour tous ceux qui ont subi le courroux démesuré du turbulent voisin à un moment ou à un autre, et l’opprobre de toute une communauté musulmane dans laquelle cette armée vaillante est pourtant immergée.
 
Les faucons et les Néo-cons du Pentagone et de l’état-major US ont déjà sorti une formule du chapeau pour justifier la déconfiture, le « désordre créateur » (lien De Defensa), rien que cela. Formule vide, pirouette sémantique et non-sens absolu pour masquer les échecs de la méthode brutale, que ce soit en Afghanistan (lien) ou en Irak (lien). Prétendre que quelque chose de positif est en train d’émerger du chaos irakien (6000 morts en deux mois ! Lien) relève de la bouffée délirante qui est une urgence…psychiatrique. Ils entendent des voix célestes évangélistes (de course) puis la douce sonnerie du tiroir-caisse et ils s’imaginent devenus des mystiques riches de spiritualité…
 
Plus de cinquante années de répression aveugle pour aboutir à cette énième boucherie, quelle redoutable efficacité qu’il convient de théoriser avec de beaux préceptes. Pourquoi changer une méthode qui aboutit in fine, à faire empirer les choses ? Un article du Monde (lien « la résistance du Hezbollah provoque un débat en Israël ») daté du jour, illustre à merveille cette obstination orgueilleuse à vouloir à tout prix mater l’autre. « "Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas sortir de cette guerre victorieux, martèle Shaul Arieli, un colonel de réserve : il nous faut frapper fort, au risque de toucher les civils parmi lesquels se cachent les terroristes, afin de rétablir notre capacité de dissuasion." » (Le Monde).
 
 

Otion militaire, climat délétère...

Ne pas faire oublier toute une frange de la population israélienne et arabe ouverte au dialogue, pacifiste et légaliste…
 
Il n’est question que de victoire et ce, quelque soit le prix à payer pour la partie adverse et la population civile, cette dernière abritant des terroristes ou de…futurs terroristes à bien y réfléchir. Cette terrifiante attitude des néos-cons locaux ne doit pas nous faire oublier toute une frange de la population israélienne et arabe ouverte au dialogue, pacifiste et légaliste, et qui lutte avec ses moyens contre le délire sécuritaire et la surenchère guerrière à la portée limitée et au coût incalculable. C’est une ultime précision nécessaire pour clore ce chapitre momentanément et pour nuancer, les analyses émotives qui aboutissent bien trop souvent à des caricatures manichéennes.
 
A part cela ? Sarkozy bien sûr. On ne reviendra pas sur son « analyse » de la crise au Moyen Orient et sur ses prises de position de notre néo-conservateur bien de chez nous pour ne pas en dire plus. La France fait aujourd’hui entendre un maigre filet de voix pour réclamer…un corridor humanitaire mais avec l’empereur à talonnettes aux manettes, nous serions depuis belle lurette sur le pied de guerre pour appuyer avec véhémence les efforts de l’état hébreux et des USA en vue d’éradiquer ce « terrorisme arabe » inacceptable. En fait, pour ressurgir dans l’actualité, il a bien essayé le voyage en pirogue dans nos lointaines colonies tropicales, en exhibant sa romance torride d’aventurier au long cours mais la France avait le regard bleu et des yeux de Chimène pour Zidane. Arabe et violemment doué. Nous avons zappé l’épisode ? Nouvel essai avec la sortie d’un ouvrage au titre anecdotique et à la prose que l’on imagine grandiloquente et ampoulée à souhait (l’effet des talonnettes, le style ampoulé ?).
 

" Il crée l'illusion de lancer un débat et d'animer les débats"...

«  Il a construit un stupéfiant culte de la personnalité autour de lui, comme il en a existé autrefois dans certains pays totalitaires  »
 
Le grand romancier à succès (c’est lui qui annonce des tirages frénétiques) vient donc expliquer sa vision d’avenir et espère « susciter le débat ». Ne riez pas, son précédent ouvrage a fait un carton et convaincu nombre de nouveaux convertis qui sont désormais encartés UMP. Au départ était la magie du verbe…disait un texte célèbre, le verbiage est le liant de la sauce « démagogie ». Elle ne semble pas vraiment agir sur le journaliste Frédéric Charpier (auteur de ''Nicolas Sarkozy : Enquête sur un homme de pouvoir''). Interrogé par le Nouvel Observateur sur les propos de Lilian Thuram qui parlait de  "Sarkoïsation " de la société française comme il y eu une « Lepénisation », l’écrivain a lui aussi sorti son kärcher pour l’occasion. Et il nettoie sévère avec des flingues de concours.
 
« Ce que cherche Nicolas Sarkozy c'est de sarkoïser la société française, il veut qu'elle pense à lui en permanence et pense comme lui. Il a construit un stupéfiant culte de la personnalité autour de lui, comme il en a existé autrefois dans certains pays totalitaires. Exhiber sa personne ne suffit pas, il lui faut manier aussi des "idées". Un culte de la personnalité ne peut en effet se construire durablement sans un socle idéologique, fut-il sommaire. Ainsi crée-t-il l'illusion de lancer et d'animer des débats. Il l'a déjà déclaré il veut que tout débat s'organise autour de lui. Mais peut-on parler de débat quand on voit le peu de substance qui s'en dégage ? Sarkozy ne s'intéresse qu'à l'écume des choses. » (Lien). Bien vu…
 

 
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CC Jung
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Publié dans Omegactualité

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