Economie : l'ingratitude des citoyens

Publié le par cc jung in effect

L’enthousiasme feint ne remplit pas les ventres
La dépêche était tombée dans l’actualité il y a quinze jours, profitant de l’accalmie relative qui annonce de nouvelles crises selon un rythme soutenu imprimé par notre gouvernement inspiré. Profitant du creux de la vague en train de grossir, quelque part entre l’agonie longue et douloureuse du CPE (plus de deux mois de spasmes), juste avant la déferlante de l’écumante affaire Clearstream, le ministre de l’économie rêvée claironnait ses habituelles ritournelles de marin en goguette dans l’indifférence amusée des badauds. Le fieffé coquin n’en était plus à une facétie près.
A qui voulait l’entendre, l’admirable barreur du Titanic annonçait une économie en vitesse de croisière, un marché de l’emploi le vent en poupe et une météo au beau fixe, se gargarisant de ses prophéties satisfaites, gloussant de plus belle à chaque annonce loufoque sans se départir une seule seconde de cet air pénétré des génies en permanente incubation de solutions miracles et de découvertes époustouflantes.
« Thierry Breton, a réaffirmé mardi son optimisme concernant la maîtrise du déficit public et de la dette de la France, en réponse aux inquiétudes manifestées à ce sujet par des membres de la majorité parlementaire…(…) Le déficit public de la France sera maintenu cette année sous le seuil de 3% du produit intérieur brut, a assuré le ministre, conformément au Pacte de stabilité européen » (Extrait d’un article de l’Express – voir « Vogue la galère »). Nous étions en effet à présent rassurés par la prose osée du bonimenteur bouclé. Tant de fois l’oracle de Bercy avait vu juste, à tel point d’ailleurs que son art divinatoire devenait chaque jour un peu plus légendaire dans les arcanes du monde économique. 

 

Le créatif ministre de l'économie rêvée...

Ecrasé par l’ingratitude de la masse laborieuse
 
Et puis la nouvelle est arrivée comme une gifle retentissante et cuisante : 72 % des Français jugent la politique économique du gouvernement actuel, « mauvaise » ou « très mauvaise » (Lien) ! Sapristi ! Quelle manque de reconnaissance et de clairvoyance de la part d’une majorité de nos concitoyens. L’admirable amiral, celui qui a hissé les entreprises françaises et leurs bénéfices vers des hauteurs vertigineuses, à bout de bras et à main nue, se retrouvait soudain écrasé par l’ingratitude de la masse laborieuse. N’a-t-il pas atteint tous les objectifs contre vents mauvais et marées sournoises au mépris du danger ? Certes, Bruxelles doute que le déficit français puisse se situer sous la barre fatidique des 3 % comme l’avait précédemment assuré le capitaine au long cours (Lien). Et puis, le Breton bondissant comme un CAC 40 échevelé va bientôt réunir les distributeurs pétroliers nous a annoncé le commandant Villepin (Lien). Fichtre !
 
La dernière petite sauterie entre les as du baril et l’as du barillet s’était achevée dans le sang et l’odeur de poudre. Réduits à moins que rien par le bretteur Breton, les souillons de l’or noir s’étaient inclinés sous le fouet vengeur en baissant le prix à la pompe…de 10 centimes d’euros. Les pétrolières venaient d’engranger un pactole estimé à 5000 milliards de dollars de bénéfices, elles ont donc consenti, sous la menace, un effort conséquent. C’est comme le gaz (Lien) qui n’en finit plus de grimper. Sans le génial gestionnaire qui tempère sans cesse les ardeurs de l’entreprise gloutonne, nous serions revenus au silex et aux peaux de bêtes pour nous réchauffer enfin ! Quelle ingratitude quand même. C’est propre à la France vous savez… Elle idolâtre les médiocres, encensent les sentencieux mais méprise le génie incarné qu’elle a pourtant sous ses yeux endormis. Si ce n’est pas malheureux !
 

Dépêche originale :
PARIS (La Tribune - Reuters) – « Sept Français sur dix jugent mauvaise la politique économique menée actuellement par le gouvernement, soit le plus mauvais score depuis 1998, selon un sondage BVA pour le quotidien Les Echos et BFM.
Pour 72% des sondés, la politique économique de Dominique de Villepin est "plutôt mauvaise" ou "très mauvaise", soit une hausse de cinq points en un mois. Le Premier ministre bat ainsi le record d'impopularité établi par Jean-Pierre Raffarin en avril 2005.
"Après huit années et une centaine de mesures effectuées, (la politique économique) atteint son record absolu d'impopularité", souligne Gaël Sliman, directeur-adjoint de BVA Opinion. "Les analyses sociologiques, encore possible le mois dernier, deviennent pratiquement inopérantes: quel que soit le sexe, l'âge, le diplôme, le revenu, la profession ou le statut, absolument toutes les catégories de population sont une écrasante majorité à juger mauvaise la politique économique menée par le gouvernement", ajoute-t-il. (…)
Le sondage a été réalisé par téléphone le 1er avril auprès d'un échantillon de 1.004 personnes.
 
 
 
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CC Jung
 
 
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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