Déjà-vu électoraliste

Publié le par cc jung in effect

Au grands maux, les petites nausées
Comme une impression de déjà-vu et de déjà lu… En parcourant l’article du Monde ( 1er lien) consacré au parti d’extrême droite anglais (BNP) et en lisant les propos de ses dirigeants, il y a une chose frappante qui saute aux yeux du lecteur. Il y a là des articulations simplistes de pensée et un manichéisme affligeant dans le discours qui nous rappellent bien des mots entendus ces jours derniers dans la bouche des requins pèlerins de la politique française qui sillonnent les bas-fonds de l’électorat à la recherche du plancton obscur.
« Les gens n’ont plus honte de nous soutenir » affirme Simon Darby, numéro deux du British National Party (BNP) et l’on croirait entendre les sondages de ces dernières semaines où un Français sur trois s’affirmait gaillardement « raciste » et proche des thèses d’extrême droite. L’écho perdure lorsque le programme politique du BNP se décline selon une idéologie acrimonieuse et démagogue où il est question de « baisse des impôts » (bien sûr…) , de « corruption » (tous pourris sauf nous qui sommes si affamés, si avides de croquer le gâteau à notre tour) et de « tolérance zéro en matière de criminalité » (les crimes n’existaient pas avant les flux migratoires post-coloniaux, on le sait tous). L’extrême droite pas corrompue ? L’opinion a la mémoire courte sans doute noyée dans les rades de Toulon…Substituez le visage de Simon Darby et vous pourrez accrocher les visages et les voix de…Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers ou de Le Pen.
Les clichés sont les mêmes : l’étranger est la cause de tous les ennuis de nos démocraties malades, il est le poison endogène, le ver dans le fruit, le vert islamique dans les citadelles catholiques à la blancheur surannée, etc. Les fantasmes sont quasiment identiques dans la bouche de ses propagateurs de haine et de division, l’ennemi, c’est forcément l’autre, une vision tranchée du monde qui nous ramène indéniablement à la haute philosophie de l’impasteur en chef, Bush et sa mythologie de supermarché et de super héros gadget de baril de lessive. C’est le mythe du sauveur interprété outre-atlantique par un ancien alcoolique évangéliste ignorant et par un Brutus français à talonnettes à la géométrie variable et aux convictions sondagières. Ne pas expliquer, ne pas faire comprendre mais stigmatiser sans doute parce que ses dirigeants méprisent réellement cet électorat qu’ils flattent en chatouillant les terminaisons nerveuses…là où elles s’achèvent. Il est sans doute trop bête pour comprendre ne serait-ce que l’ébauche de la manipulation où il se précipite gaiement, si convaincu de détenir le lourd secret paranoïaque de la décrépitude de nos sociétés… Et dire que ce terrorisme de l’éructation baveuse qui mine nos institutions est financé par…nous, c’est un comble. Une voix reste une voix, c’est vrai.
 

Conversions spontanées

Bulletins de haine macérée
Il est sans doute inutile de débattre de la richesse des cultures musulmanes et de l’exubérance scientifique des découvertes ottomanes par exemple avec des individus pour qui la culture musulmane se résume au pauvre immigré qui vend un sachet de cacahuètes ou un sandwich grec au coin d’une rue borgne. Inutile également de rappeler les folies intégristes de l’Eglise catholique plus préoccupée de faire taire le progrès des idées pour faire durer les ténèbres de l’inégalité, les bûchers, les procès en sorcellerie et les cabales nombreuses pour asseoir un pouvoir complice, celui des seigneurs reconvertis aujourd’hui en barrons de l’économie. Inutile également de rappeler à ces bulletins de haine macérée que cette vieille recette politique du bouc-émissaire est le niveau zéro de la politique politicienne et qu’elle méprise son auditoire en le flattant dans ce qu’il y a de plus stupide et réducteur dans son analyse d’une situation problématique.
A la crise du politique dans notre vieux continent, les professionnels de la politique ont répondu par la démagogie, l’exacerbation de l’exaspération, le prêt à penser de la haine ordinaire et la médiocrité de l’idéal politique. En se mettant au niveau du plus bas pour ratisser large la cuvette électorale, en calquant leurs discours sur les fonds de tiroirs de la pensée embrumée de ceux qui ne comprennent décidément pas grand chose au monde qui les entoure et à son évolution, les populistes de l’Europe post 11 septembre éventrent non seulement le ballon d’oxygène de la démocratie en tuant le débat mais ils lacèrent consciencieusement l’inéluctable évidence de la mondialisation en cours, l’évidence de l’histoire et de son héritage, l’évidence du vieillissement de nos populations et son corollaire de conservatisme, l’évidence du déséquilibre démographique, l’urgence d’un rééquilibrage des richesses et autant de problématiques que doivent affronter nos démocraties vacillantes. Mentir au peuple est une constante de la manipulation des élites mais lui voiler la face pour qu’il fonce dans le mur des illusions est sans doute la pire des manières de sortir d’une crise pas tout à fait…étrangère à l’aveuglement ambiant.
 
 
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
Une extrême droite bien en cour (Complaisance avec le fameux GUD, L’Express)
 
 
 
 
 
Programme officiel de l’UMP (3e volet intitulé « Créer de nouvelles solidarités », irrésistible ! )
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
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Publié dans Omegactualité

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