Europe : la mobilisation porte ses fruits

Publié le par cc jung in effect

Le démenti à la pseudo-fatalité
 
 
Au moment même où un début de dialogue semble s’engager à propos du CPE (en France on passe en force les textes puis on en discute un mois plus tard sous la pression de millions de manifestants, étrange démocratie), les autorités européennes viennent d’apporter un cinglant démenti au discours habituel des ultra-libéraux. Ces derniers, les marchands du temple, n’ont de cesse de nous convaincre de l’inéluctabilité de la mondialisation avec ses corollaires désastreux.
 
Les uns nous vendent ces sempiternelles réformes « nécessaires » qui vont toujours dans le même sens, les autres décrivent à l’envi le déclin et le passéisme de toute idée de progrès social tout en assurant de l’absolue nécessité de casser le code du travail pour plus de « souplesse ». Voilà sommairement tout l’arsenal dogmatique et propagandiste des faiseurs d’opinion. La forte mobilisation de l’opinion contre la directive Bolkenstein, un cousin proche dans la philosophie de notre CPE, a permis de faire reculer cette « avancée » avant qu’elle ne trébuche dans la foulée du « non » à la nouvelle constitution.
 
 
Malgré une ultime tentative pour remettre en selle ce marché aux esclaves de l’emploi en Europe, la directive vient d’être solennellement enterrée. Dans une Europe férocement soumise aux influences puissantes des grandes entreprises, de l’OMC et de tous les bras séculiers de l’économie libérale, les Européens, en s'opposant à l’application de la directive, viennent de démontrer qu’il serait désormais beaucoup plus difficile de manipuler grossièrement les opinions, de mettre en vigueur des textes qui vont à l’encontre de l’intérêt général et de bluffer sans cesse à propos de la fatalité du changement dans la douleur. Il y a des gouvernements autistes qui pourraient en tirer des leçons salutaires…
 
«  BRUXELLES - Les dirigeants européens ont sonné le glas d'une libéralisation radicale des services dans l'Union européenne en apportant leur appui au compromis modéré approuvé par les députés de l'UE.
 
"La proposition du Parlement européen sera désormais mise en pratique", a déclaré le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, dont le pays préside l'Union européenne, lors de la conférence finale du sommet de Bruxelles. Les conclusions du Conseil européen prévoient que la Commission devra "fonder dans une large mesure (sa) proposition modifiée sur le résultat" atteint par le Parlement européen afin de parvenir à un accord "rapidement" sur ce dossier.
 
 

Le progrès n'est pas la...progression des marges bénéficiaires...

Les libéraux de l'Union européenne, particulièrement les nouveaux pays, avaient dans un premier temps refusé de rendre les armes dans le débat sur l'ouverture des services à la concurrence, un dossier qui a joué un rôle éminent dans le "non" français lors du référendum sur la Constitution l'an dernier. Mais la Pologne, qui emmenait ce groupe majoritaire, a changé son fusil d'épaule lors du sommet européen.
 
Son Premier ministre, Kazimierz Marcinkiewicz, a regretté que les députés n'aient pas été aussi loin qu'il ne l'espérait, tout en admettant que les progrès devaient être empochés, faute de quoi il n'y aura tout simplement pas de texte puisque les opposants à la libéralisation ont une minorité de blocage. "Nous voulons que la directive service entre en vigueur", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.
Les députés européens, qui co-décident avec les gouvernements sur ce dossier, ont complètement changé la donne en février dernier en gommant du projet de directive la plupart des aspects les plus "libéraux", et ce à une écrasante majorité.  (…) »
 
 
 
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CC Jung
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Publié dans Omegactualité

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