Trois années de mascarade meurtrière

Publié le par cc jung in effect

Irak : le cauchemar dure depuis trois ans
 
Le troisième anniversaire du déclenchement des hostilités en Mésopotamie sonne au moment même où le pays est…sonné et qu’il vacille au bord du gouffre de la guerre civile. Pas un jour sans la découverte de charniers, d’exécutions sommaires et de bombes fratricides. Pas un jour sans une vague d’attentats qui ne vienne dynamiter tout espoir de normalisation. Pas un jour sans une bavure de l’occupant pour attiser l’insupportable de la situation. Pas un jour sans que le contraste des déclarations de l’envahisseur et de la réalité du quotidien ne saute aux yeux. Les puits de pétrole saignent le pays en le vidant de sa ressource principale, comme un vampire avale goulûment sa pitance, tandis que les files d’attente aux stations-services s’allongent, que cette électricité ne fonctionne toujours pas, que rien ne marche en fait si ce n’est le pillage, la prédation et la violence aveugle.
Un coup d’œil sur les dépêches du jour donne également une idée de l’avancement de la « démocratisation forcée » et de la « libération » du peuple irakien… La guerre civile grignote chaque jour un peu plus le liant qui avait réussi à unifier des confessions et des tribus pendant des siècles. Autre symbole, le pays manque de prothèse pour ses trop nombreux mutilés, les civils doivent en effet slalomer constamment entre les escadrons de la mort, la pègre armée, les combats de rue, les voitures piégées, les bavures américaines, les bombardements chirurgicaux (ceux qui vous conduisent au bloc…chirurgical, si vous avez de la chance) et les conditions de vie déplorable.

Les faucons n'étaient rien d'autre que des...charognards

A l’heure où la jeunesse française défile dans tout le pays pour endiguer la marche forcée des démolisseurs du code du travail, d’autres voix se faisaient entendre également dans le monde pour dénoncer la rapine de Bush et ses complices pétroliers. Il est vrai qu’il y a de quoi dire et de quoi dénoncer. Que retenir de l’Irak trois années plus tard ? L’autrefois puissant pays pétrolier est complètement anéanti. Les seules images que l’on retiendra pour ce bilan triennal seront celles d'Abou Ghraïb. On se souviendra aussi des rares reportages honnêtes qui soulignent crûment la déliquescence d’un peuple fier et d’un état que les stratèges de l'ombre démembrent sous nos yeux hagards. On gardera en mémoire les rares images du carnage irakien qui s’amenuisent au fur et à mesure que la liste des journalistes exécutés s’emplit.
Les dépêches nous apprennent également que l’armée de l’Empire, trois années plus tard, en est encore à lancer des offensives pour tenter de pacifier un pays militairement conquis. La normalisation n'est pas pour demain... C’est un bien triste anniversaire qui est célébré aujourd’hui et un cauchemar persistant qui n’empêche pas grand monde de dormir, hélas.
 
 
--------------------------
 
 
 
"LONDRES (AP) - De Sydney à Londres, de Karachi à Istanbul, des milliers de personnes ont donné samedi le coup d'envoi des manifestations prévues dans le monde entier à l'occasion du troisième anniversaire du déclenchement de l'intervention américaine contre le régime de Saddam Hussein.
A Londres, capitale du premier soutien des Etats-Unis dans cette guerre, plusieurs milliers de manifestants, entre 80.000 et 100.000 selon les organisateurs, environ 15.000 selon la police, se sont rassemblés autour du Parlement et de Big Ben avant de rallier Trafalgar Square pour réclamer le départ d'Irak des troupes de la coalition, et particulièrement des 8.000 militaires britanniques stationnés dans le sud du pays. Certains manifestants portaient des pancartes à l'effigie du président George W. Bush avec l'inscription: "premier terroriste mondial". D'autres brandissaient des photos du Premier ministre Tony Blair en l'appelant à démissionner.
 
"Nous sommes contre cette guerre, pour des raisons religieuses mais aussi sur le plan humanitaire. Personne ne mérite d'être bombardé", a expliqué dans la foule Imran Saghir, un étudiant de 25 ans. Dans le même temps, un millier de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Stockholm, en Suède, pour marcher en direction de l'ambassade des Etats-Unis. "USA hors d'Irak", pouvait-on lire sur des banderoles, tandis que certains protestataires étaient grimés comme des prisonniers cagoulés d'Abou Ghraïb.
 
"Nous n'avons pas besoin de la démocratie d'Abou Ghraïb ou de la liberté de Guantanamo", a lancé Eftikar Hachem Alhusainy, l'un des orateurs de la manifestation. En Turquie, où l'opposition à la guerre en Irak dépasse tous les clivages politiques, quelque 3.000 personnes ont défilé à Istanbul. "Etats-Unis assassins", accusait une banderole déployée à Taksim, du côté européen de la ville. "Etats-Unis rentrez chez vous", exhortait une parcarte à Kadikoy, sur la rive asiatique.
D'autres manifestations étaient prévues en Italie, en Espagne, en Grèce, en Autriche, en Allemagne et au Danemark. Au Pakistan, des centaines de personnes sont descendues dans les rues de grandes villes aux cris de "A bas les Etats-Unis". A Multan, dans la province du Punjab (est), des drapeaux américains ont été brûlés. "Nous sommes rassemblés pour dire à l'Amérique que nous voulons la paix pas la guerre", a déclaré Babar Man, un dirigeant islamiste local.
 
(...)  Lors d'une visite cette semaine à Sydney, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a été interpellée par des pacifistes qui l'ont accusée d'avoir "du sang sur les mains". A Tokyo, environ 2.000 personnes ont défilé dans le centre-ville, portant des pancartes "Stop à l'occupation". "La guerre est illégale", a souligné Takeshiko Tsukushi, membre de l'organisation "World Peace Now", qui a participé à l'organisation du rassemblement. "Nous demandons le retrait immédiat." (...)
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ressources du site :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
See U
 
CC Jung
 
 
 
Publicité

Publié dans L'Empire du Bien

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article