Le Mollah motard

Publié le par cc jung in effect

L’homme à la moto remis en selle
Les nouvelles sont mauvaises en provenance de l’Afghanistan où les attentats suicides se multiplient tout comme les accrochages avec des Talibans revanchards. Le Mollah Omar vient de se fendre d’un communiqué vengeur pour se rappeler au bon souvenir du monde, une planète à nouveau irriguée par la production locale d’opium qui n’a jamais été aussi florissante. Comme à son habitude, l’Empire a fait une belle démonstration de force en se vengeant sur une milice d’illettrés et d’illuminés qu’il a créé de toutes pièces d’ailleurs, avant d’aller propager son idéal démocratique, quelque part dans les riches sables pétrolifères en Mésopotamie. Loin des lumières de l’actualité, le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans une zone de turbulences. Le Capitole vient pourtant de débourser un budget conséquent pour financer la reconstruction du terrain de jeu militaire mais c’est la seule entreprise Halliburton qui se frotte déjà les mains. Comme d’habitude…
 
Il n’a pas le charisme de Steeve McQueen dans la « Grande évasion », ni l’aura faisandé de Ben Laden mais il sait piloter un bolide comme un chef. Vous avez sans doute oublié ce cocasse épisode de la campagne afghane, celui de la rocambolesque évasion du Mollah Omar alors que l’Afghanistan goûtait à la fureur aérienne de l’US Army à coups de « faucheuses de marguerites » et autres bombes perforantes pour atteindre les grottes mythologiques à étages où Ben Laden supervisait les lancements de satellites (un des fleurons de la désinformation de l’époque, à la mode Rumsfeld, les « satellites de Ben Laden », magnifique !). L ‘aviation américaine, toute à sa fureur post 11 septembre, concassait alors les montagnes rocheuses du pays afghan, détruisant les rares vestiges épargnés par une guerre contre l’occupant russe et des décennies de guerre civile, arrosant les chaînes de montagnes d’un chapelet de mines et de bombes à fragmentations pour anéantir les Talibans, une milice faite de bric et de broc et surtout de branques. Un grand film de guerre où les figurants locaux ne comprenaient pas vraiment le scénario qui se déroulait. Amis d’un jour et hélas, ennemis de toujours…Les fluctuations de la real-politik ont sans doute échappé à ces pauvres miliciens.
 
Il est sans doute utile à ce stade de rappeler, pour information, que les Talibans (les étudiants en religion) sont une pure invention des stratèges de la Maison Blanche, une sorte d’Internationale islamique du Djihad ou de légion islamique de Kadhafi qui combattait férocement les troupes d’occupation russes avec l’appui logistique et stratégique de la CIA. L’agence comptait bien prendre une revanche sur l’Histoire en infligeant à l’adversaire de toujours, une sorte de Vietnam cuisant, quitte à fournir aux fous de Dieu, l’armement le plus sophistiqué comme les fameux missiles « stingers » capables de descendre un avion en appuyant sur une simple gâchette. Bref, le 11 septembre et ses autres avions voyageurs renversèrent la vapeur et l’Afghanistan et ses Talibans devinrent une priorité absolue, comme on se débarrasse d’un souvenir honteux ou d’un complice gênant.
 
 

lL'impasteur

Le borgne lieutenant parvint néanmoins à s’échapper au guidon…d’une moto
 
Ecrasés par la supériorité technologique et le déploiement mortifère de l’Empire, les Talibans se dispersèrent dans le pays comme un essaim d’abeilles dérangé, ce qui constitue la première erreur stratégique contre la nébuleuse Al Qaïda autrefois rassemblée et donc compartimentée. Ben Laden et sa cour, cernés par les bombardements incessants prirent le large, un cortège de plus de 150 voitures que l’aviation US ne parvint pas à localiser, sans doute du fait d’une bataille stratosphérique entre les soucoupes d’Al Quaïda et les satellites militaires américains. Son adjoint et fidèle Mollah Omar se retrouva lui un peu sur la touche et même plutôt hors-jeu. Pris au piège d’une crique montagneuse avec quelques hommes par les commandos US, le borgne lieutenant de Ben Laden parvint néanmoins à s’échapper au guidon…d’une moto.
 
On pensait le bonhomme a jamais disparu, chevauchant monts et vallées aux commandes de son engin pétaradant, jurant dans un concert d’échos montagneux, ses promesses de vengeance entre deux cascades suicidaires. Il vient pourtant de réapparaître sous la forme d’un communiqué pittoresque où il promet effectivement des réjouissances pastorales et endiablées aux troupes US et aux commandos étrangers (français entre autres) engagés sur le terrain. L’Afghanistan est appelé à devenir « un four en flammes » assure-t-il, plus inspiré semble-t-il par les manuels de cuisine que par le moto-cross (Lien). Il pourra bientôt se fournir en matériels divers estampillés « Halliburton » puisque les amis de Bush devraient rafler la mise à l’occasion de la rallonge budgétaire consentie par le Capitole pour l’Afghanistan.
 
 

Les charognards de l’Empire sont gros et gras
 
En dépit des efforts des démocrates pour tenter d’instaurer un semblant de clarté dans l’attribution des marchés, les entreprises « amies » du Pentagone vont encore une fois engloutir le pactole, comme pour l’Irak, comme pour la précédente campagne afghane, comme pour l’ouragan Katrina. Les charognards de l’Empire sont gros et gras et ne risquent pas de se faire dégommer par Cheney, piètre tireur mais pilleur hors-pair et actionnaire en sous-mains du conglomérat Halliburton, ce qui est bien pratique.
Le Mollah malin qui communique à nouveau, fait preuve d’une grande clairvoyance quand même, et ce malgré son infirmité qui rappelle d’autres bouffons notoires, en déclarant que "la démocratie prônée par les Américains et l'Occident est un mensonge. Leur propagande tente de détruire les dirigeants islamiques et les gouvernements élus en Iran et en Palestine. En Irak, la différence entre sunnites et chiites est montée de toutes pièces par les Occidentaux". Le processus démocratique en Palestine et son appréciation distanciée, le récent épisode dantesque et humiliant de Jericho (Lien), la diabolisation forcenée de l’Iran et les étranges attentats de Samarra en Irak vont, hélas, dans le sens dénoncé par cet hurluberlu enturbanné.
 

L'Empire et ses soudards

La paix dans le monde est soldée par les bonimenteurs et les imposteurs
 
C’est en effet un véritable festival de pantalonnades auquel nous assistons aujourd’hui. Du coup de force de Tsahal pour piétiner le peu d’autorité et d’illusions qu’entretenaient quelques rares palestiniens et israéliens pacifistes (une parade à des fins électorales), aux récentes imprécations de Bush et sa compagnie qui assurent que l’Iran « soutient le terrorisme; menace Israël; essaie de contrecarrer la paix au Moyen-Orient; et dénie à son peuple ses aspirations à la liberté », l’heure est à la surenchère et c’est la paix dans le monde qui est soldée par les bonimenteurs et les imposteurs. On suggère à l’équipe de propagande de la Maison Blanche d’imputer également à l’Iran, la faim dans le monde, le virus de la grippe aviaire, les génocides rwandais, arménien et balkanique, la Shoah et l’esclavage pour faire un paquetage mondialement convaincant.
 
Comme en témoigne cette recrudescence de violence au pays de Massoud, un deuxième front est en train de se rouvrir à coups de voitures piégées, de kamikazes et d’escarmouches meurtrières…comme en Irak. Pour allumer les feux, il n’y a rien de mieux que les soudards de l’Empire et leur cortège de bavures, d’humiliations et de prédation carnassière (Lien). Le vrai problème c’est que pour éteindre ensuite cette fournaise qui se propage, les pyromanes n’ont rien trouvé de mieux que de s’attaquer à un véritable baril de poudre et d’essence, l’Iran…
 
Liens :
 
 
 
 
 
« En Slip » ( la chronique géniale et quotidienne de Pierre Marcelle, de Libération)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Extraits : « Le sionisme avait forgé des mythes, puisés dans l'histoire juive ancienne. Longtemps, on n'a pas voulu les remettre en question, on a tu les erreurs, pensant que toute critique donnait des armes à nos ennemis et nourrissait l'antisémitisme. Les «nouveaux historiens» ont compris que le triomphalisme et la culture de l'héroïsme avaient pesé sur les événements malheureux, telle l'opération au Liban, et sur la condition des Palestiniens »
 
 
 
Extraits : « La théorie du complot islamique mondial et du clash des civilisations a été progressivement élaborée, depuis 1990, pour fournir une idéologie de remplacement au complexe militaro-industriel états-unien après l’effondrement de l’URSS. L’orientaliste britannique Bernard Lewis, le stratège états-unien Samuel Huntington et le consultant français Laurent Murawiec en ont été les principaux inventeurs. Elle permet de justifier, de manière pas toujours rationnelle, la croisade états-unienne pour le pétrole. »
 
 
 

 
 
Ressources du site :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
 
 
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Publié dans L'Empire du Bien

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