Un jour comme un autre en Irak

Publié le par cc jung in effect

Guantanamo : la montre Casio et autres absurdités démocratiques
 
Le camps de concentration new-look de Guantanamo commence à livrer ses piteux secrets, c’est à dire des incarcérations abusives, des homonymies tragiques, des erreurs de traduction, la torture et les « aveux spontanés » et toute la litanie des sévices délivrés par l’Empire du Bien. Pendant ce temps-là, l’Irak s’enfonce dans les joies et les merveilles de la délivrance par l’Empire et le pays goûte chaque jour le bonheur de la « démocratisation forcée ». Les sbires de l’ombre font feu de tout bois pour attiser la tension ethnique dans le seul but de créer artificiellement un morcellement des forces en présence afin de l’assujettir l'Irak plus aisément. Les gêneurs sont priés d’aller ailleurs ou à la cave pour ne pas entraver la bonne marche des affaires et pour ne pas baver sur les bavures. Petit tour d’horizon de l’actualité irakienne, une mise en bouche de la future salade iranienne qui nous attend. Les ingrédients de la propagande sont les mêmes et les apprentis-sauciers n’ont pas changé. Belle promesse d’avenir.
 
Guantanamo entrouvre difficilement les portes de l’enfer cubain et le bruit des gonds de ce mouroir est grinçant comme un réquisitoire. A l’absurdité de la démarche et sa froide horreur s’ajoute l’incohérence de cette démarche punitive qui vise à satisfaire une opinion américaine revancharde sur le dos martyrisé de pauvres bougres ramassés ici et là. Les preuves sont en effet accablantes lorsqu’elles prennent la forme d’une montre japonaise Casio prisée par les Talibans, la possession d’une arme, une pratique courante au Moyen-Orient et en Afghanistan, des patronymes musulmans répandus comme autant de Martin et de Michel locaux qui suffisent à conduire derrière les barbelés laids (Lien).
 
Guantanamo, comme Abou Graib et tant d’autres foyers où la démocratie s’honore chaque jour un peu plus, demeure le plus puissant symbole d’une lutte anti-terroriste complètement dévoyée, biaisée et somme toute, contre-productive. La barbarie institutionnelle dans ce qu’elle a de kafkaïen répond à la barbarie du terrorisme nébuleux mettant sur un même pied d’égalité les poseurs de bombes et les pseudos-défenseurs de l’idéal démocratique. Un mélange des genres où les bourreaux finissent par se ressembler, unis dans le sang et l’ignominie, protégés par l’ombre de la clandestinité ou l’impunité hégémonique du plus fort. Il ne faut pas alors s’étonner des incohérences de l’actualité qui vomit chaque jour son lot de sang, de poudre et de chair déchiquetée, un tourbillon violent où le vent souffle dans toutes les directions en même temps comme un mistral dément.
 
 
 

La démocratie à l'horizon...

 
Même dans le chaos, la distribution des rôles semble ordonnée
 
 
Il n’y a que les naïfs pour s’étonner, un peu moins d’une fraction de seconde, le temps de passer à l’information suivante, sur le fait que les « terroristes » ont enlevé et exécuté un otage américain de la pire des manières en Irak (Lien). Une pratique de barbares et une technique terroriste qui viennent corroborer justement l’image qui est véhiculée couramment par les médias occidentaux pour dénigrer les insurgés irakiens. Même dans le chaos, la distribution des rôles semble ordonnée. Et pourtant… Et pourtant, comme à chaque fois que l’on prend le temps salutaire de la réflexion, il y a quelque chose qui cloche dans cette information (Lien).
 
L’otage enlevé et torturé avant que son cadavre soit jeté dans une décharge, était membre d’une ONG pacifiste qui luttait contre l’occupation américaine… Cherchez l’erreur et vous retrouverez la silhouette fantomatique de Zarquaoui. Le chef de la branche Al Quaeda en Irak qui a pour activité principale de terroriser…les journalistes indépendants, les militants anti-guerre tout en posant des bombes dans les marchés populaires pour tuer le plus possible de civils irakiens. Tout ceci bien sûr, pour…lutter contre l’occupation américaine ( La plume trempée dans le sang ).
 
Cette démarche en apparence absurde a un nom, le contre-terrorisme, une sombre manigance des services de l’occupant qui consiste à « saborder » la popularité d’un groupe combattant en commettant les pires exactions en son nom. Une pratique qui consiste à empêcher les médias de venir fourrer leur nez curieux dans un panier de crabes où il vaut mieux ne pas se faire pincer et qui permet d'entacher une cause avec quelques éclaboussures ensanglantées de sang innocent. Vous mettez ensuite une pincée d’escadrons de la mort qui utilisent l’assassinat ciblé pour éliminer gêneurs et témoins, quelques coups d’éclat comme les attentats répétés contre les mosquées et les lieux saints et vous obtenez une guerre civile, la seule capable, a priori d’empêcher les Irakiens de se fédérer pour bouter l’ennemi venu imposer la "démocratie" forcée", cette belle histoire irriguée par des flots d’or noir (voir liens). 
 
 
 

Le Nouvel Ordre mondial et sa propagande

Des agents britanniques déguisés en bédouins, le coffre bourré d’explosifs
 
 
 
Tout ceci vous paraît étonnant, farfelu, paranoïaque ? C’est sans doute que certaines informations déversées dans le grand robinet sélectif de l’actualité ont réussi à noyer le poisson. Qui se souvient des agents britanniques arrêtés à un barrage routier déguisés en bédouins, le coffre bourré d’explosifs à Bassorah ? Ils allaient sans doute faire sauter un …bouchon de champagne à moins qu’il ne s’agisse de la pêche à la grenade sur le Tigre ? De l’enlèvement de la journaliste américaine Jill Caroll qui travaille pour un journal, le Christian Science Monitor, opposé à l’occupation US, de Florence Aubenas de Libération pas franchement du côté des soudards de l’Empire, de la mise en scène macabre et truffée d’erreurs de casting de Nick Berg juste après le scandale des photos d’Abou Graib (voir Irak : la Compagnie Zarkaos...  ), de la campagne d’assassinats d’ingénieurs irakiens plus ou moins associés au programme nucléaire de l’époque ( un ball-trap attribué au Mossad), de la minutie toute professionnelle de l’attentat contre le sanctuaire chiite de Samarra.  

L'Empire du Bien et son cirque macabre

Oser s’autoproclamer « Empire du Bien »
  
La liste des manipulations et autres tentatives de déstabilisation des insurgés irakiens et des composantes même de la société de ce grand pays serait trop longue à égrener ici, un coup d’œil sur les dépêches du jour, en apparence éparses, donne une bonne idée des foyers de tensions allumés et des manœuvres en cours. Discerner une basse-manœuvre n’est pas très difficile en soit, la propagande en direction des personnes concernées (la rue arabe, la population irakienne et l’opinion publique mondiale en général) est tellement grossière et manichéenne (Lien Comment optimiser la propagande ? ) qu’elle ne fait guère illusion.
 
A la prochaine boucherie en Irak, à la prochaine provocation envers une ou l’autre communauté, au prochain attentat sur un marché bondé de femmes et d’enfants, il vous suffira de poser cette seule et unique question qui contient sa propre réponse, comme pour le 11 septembre : a qui profite le crime ? Y répondre objectivement, c’est commencer à comprendre un peu mieux le bourbier mésopotamien et les méthodes de l’Empire qui ajoute à la prédation, la prétention. Oser s’auto proclamer « Empire du Bien » est déjà en soi, un comble de la propagande ou le signe d’un mépris absolu et cynique pour le reste de l’humanité.
 
 
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Extraits : « C’est un étrange spectacle que de voir, dans des médias se targuant d’indépendance, d’objectivité et tirant leur légitimité de cette auto-désignation, un débat sur le meilleur moyen d’influencer la presse et l’opinion. Une tribune émanant d’un membre important d’un gouvernement appelle à la reprise en main de l’information pour servir des intérêts politiques, elle bénéficie d’une audience mondiale, elle peut être lue par les lecteurs du monde entier sans que cela ne provoque la moindre remise en cause des médias dominants de la crédibilité des sources officielles états-uniennes. (...)
 
« Implicitement, le secrétaire à la Défense assimile donc toute dénonciation des manipulations médiatiques de son administration ou des crimes commis par l’armée états-unienne à une action favorable aux « terroristes », voire à une opération orchestrée par eux.
Le secrétaire à la Défense ne précise pas quels moyens le Pentagone ou l’administration Bush mettra en œuvre pour soutenir médiatiquement la guerre au terrorisme. On peut donc déduire que le principal intérêt de ce texte est de présenter une vision du monde médiatique manichéenne qui définit toute critique des États-Unis comme partisane du terrorisme islamiste. Il désamorce également par anticipation toute critique dans des scandales à venir révélant les manipulations médiatiques de son gouvernement en les présentant à l’avance comme relevant de l’intérêt et de la sécurité du « monde libre ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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See U
 
 
CC Jung
 
 

Publié dans L'Empire du Bien

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Hasting 14/03/2006 00:46

Beau travail de documentation et conclusions saisissantes...

cc jung in effect 14/03/2006 10:54

Il y a de quoi faire en effet dans l'actualité que j'espère pourtant chaque jour un peu plus souriante mais rien n'y fait, la folie est contagieuse et persistante. A défaut de remède salutaire, il convient au moins de faire un diagnostic.