La litanie sanglante

Publié le par cc jung in effect

De la propagande nette et presque sans bavures
 
Encore et toujours l’Irak me direz-vous et cette maudite occupation américaine qui plonge le pays des mille et une nuits dans un chaos de plus en plus profond. Certes, les jours se suivent et se ressemblent, les infos se calquent, les mêmes communiqués alambiqués pour jeter un voile sur les cadavres d'innocents, les mêmes et insupportables déclarations de Bush qui répète à l’envi qu’il a bien fait de déclencher cette boucherie. Mais ce qu’il y a surtout d’inadmissible dans cette aventure criminelle, c’est qu’elle piétine allègrement le semblant de règles que le monde a tenté d’imposer, c’est le silence des alliés ou des complices de facto, c’est le double-langage permanent qui étourdit d’écœurement, c’est le mensonge éhonté érigé en communication dite transparente, c’est l’utilisation cynique du terrorisme pour masquer le terrorisme d’état. Ne rien dire, c’est admettre, ne rien faire, c’est consentir.
 
 
Si vous êtes arrimés à Omegalpha depuis un moment, la révélation de cette nouvelle bavure américaine en Irak devrait être tout sauf une surprise. Le « Time » vient de révéler que les GI ‘s, libérateurs et propagateurs zélés de l’idéal démocratique, avaient abattu de sang froid une quinzaine de civils pour se venger d'une attaque d'insurgés. Cette nouvelle affaire arrive quelques jours à peine après un communiqué à la sauce US qui tentait de noyer une bavure plus récente sous un fatras d’embrouilles et d’explications confuses (voir "la grande famille d'Al Quaida" et "des informations" dans les ressources du site).
 
 
Cette sanglante et aveugle vengeance militaire sur des civils, n’est pas sans rappeler les exactions commises par les mêmes soudards de l’Empire…au Vietnam. On pense au massacre de Mi Lai tristement célèbre tandis que Guantanamo nous ramène un peu plus loin dans l’histoire, du côté des camps de concentration du troisième Reich mais sans la solution finale. En fait, les guerres de l’Empire se suivent et se ressemblent, des bombardements au phosphore sur les villages aux bavures en toute impunité d’une soldatesque amorale, les milliers de munitions sales enrichies à l’uranium et complaisamment déversées sur le sol irakien remplaçant tout aussi efficacement le fameux agent orange.
 
Il y a pourtant une différence majeure entre les deux conflits puisque la guerre du Vietnam a été largement couverte par les journalistes et reporters de guerre, ce qui a efficacement contribué au retournement de l’opinion publique qui s’est opposé à la poursuite de la boucherie dans la jungle. Pour l’Irak, les médias du monde entier doivent se contenter d’images et d’informations encadrées et délivrées par la puissante propagande américaine qui arrose le monde. La faute bien sûr à la campagne d’enlèvements et  "d’assassinats ciblés" des journalistes (selon une méthodologie qui a fait ses preuves dans les bantoustans palestiniens) pour décourager les gêneurs et ceux qui pourraient témoigner de la barbarie de l’occupation. Pas moins de 86 journalistes ont payé de leur vie les fragments de vérité que l’on entraperçoit parfois dans les colonnes de nos journaux (Lien). Heureusement que les insouciants tortionnaires s’échangent les meilleurs souvenirs de torture via les blogs et les mails, ce qui a donné la révélation d’Abou Graïb et de quelques petites sauteries mémorables… 
 
 

Couleur dominante, le rouge sang...

Abou Graïb et de quelques petites sauteries mémorables
 
 
La propagande ne varie guère ses recettes, on ne change pas une formule éprouvée...Comme pendant l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale, les résistants et les insurgés sont affublés de l’épithète de « terroristes » avec des variations, « combattants étrangers » ou « membres d’Al Quaïda ». En somme, ceux qui luttent pour libérer leur territoire d’un envahisseur doublé d’un prédateur, ne peuvent être que des fous (terroristes) et des étrangers (des terroristes infiltrés et fanatisés venus d’ailleurs), surtout pas des irakiens… Ils n’ont aucune raison de se révolter voyons…
 
Cette folie qui dure engraisse la grosse machinerie du lobby militaro-industriel qui ne cesse de pomper du pétrole et des subventions à des fins de « reconstruction » (Lien). Un système qui se mord la queue comme le serpent de la légende celtique, Ouroboros, puisque le contribuable finance une guerre montée de toutes pièces et qui profite aux sous-traitants de l’armée (Halliburton, KBR) sachant que ces derniers sont les pilleurs principaux des ressources du pays attaqué. La deuxième phase de la conquête, c’est l’installation durable des troupes avec la logistique que cela implique. Elle est confiée à Halliburton et compagnie.
 
Une fois le pays conquis et en partie détruit, une fois les troupes installées, il faut donc commencer à reconstruire… Et c’est là que le gouvernement demande des rallonges budgétaires exorbitantes pour réparer l’irréparable, un budget qui sera confié à…Halliburton (Lien). L’ogre est insatiable puisque le pactole délivré pour reconstruire les états dévastés par l’ouragan Katrina, sans appels d’offres bien sûr, a été confié à qui vous savez… Petite précision utile, Halliburton et les autres charognards aux serres ensanglantées sont les premiers contributeurs de la campagne de Bush et le vice-président Cheney est actionnaire d’Halliburton. Ceci explique cela.
 
 
 

Au royaume des illusions...

Le monde entier se réjouissait de l’avènement du Nouvel Ordre mondial
 
 
Pour la majeure partie du monde, une guerre est la dernière extrémité et la pire des choses dans l’histoire des hommes. Pour une partie de ceux qui ont le pouvoir de les déclencher à volonté sans risques réels de représailles conséquentes, la guerre constitue un formidable moyen de mélanger la politique et les affaires en réalisant de surcroît des bénéfices faramineux. Il y a donc peu de raison que la paix règne à nouveau en Irak et ailleurs. L’opportunité de la superpuissance américaine désormais unique est une occasion trop belle pour ces vampires de la pire espèce. A la chute du Mur de Berlin, le monde entier se réjouissait de la fin annoncée du communisme et de l’avènement du Nouvel Ordre mondial, un espoir naïf et à court terme. Deux monstres dominaient autrefois la planète et leur lutte incessante permettait au monde entier de grandir à l’ombre des géants tumultueux. Une fois le plus faible vaincu, le survivant, ivre de puissance, pouvait enfin jeter son dévolu sur la planète entière et la dévorer…en paix.
 
 
 
Article relatif :
 
Par Gérard Thomas « Libération » 
 
«Un matin à Haditha». Le titre de «Time» est placé sous la photographie d'Eman Waleed, une fillette de 9 ans, les yeux perdus dans le vague et seule survivante de la tuerie qui l'a privée de tous les membres de sa famille le 19 novembre 2005 près de la ville irakienne d'Haditha (ouest). Selon l'hebdomadaire américain, les militaires du 3e bataillon de la première compagnie de marines, la compagnie Kilo, auraient assassiné de sang-froid, par simple vengeance, 15 civils désarmés, dont 7 femmes et 3 enfants, qui se trouvaient alors dans leurs maisons.
 
Ce jour là à 7 h 15 locales, une bombe artisanale composée d'un détonateur relié à une bouteille de propane et muni d'un mécanisme de déclenchement à distance explose sur la route près d'Haditha. Ces engins meurtriers, nommés «matériel explosif improvisé» (improvised explosive device, IED) par l'état-major américain, et utilisés sur toutes les routes du pays par la résistance irakienne sont la hantise des convois militaires. La déflagration tue le caporal américain Miguel Terrazas, 20 ans, conducteur d'un véhicule Humwee blindé, et blesse deux autres marines. Une fusillade s'en serait suivi avec des insurgés, les tirs provenant de maisons alentour.
 
Le lendemain, un communiqué américain publié depuis Ramadi fait état de la mort de Terrazas et de 15 civils Irakiens dans l'explosion, ainsi que de celle de 8 rebelles touchés par les tirs américains.

Mais d'après des témoins oculaires et des responsables locaux d'organisation de défense des droits de l'Homme cités par l'enquête que l'armée à diligenter après que Time lui eut présenté, en janvier, des témoignage direct sur l'incident, la vérité paraît bien éloignée du fait d'armes relaté par les marines. Les civils irakiens qui se trouvaient dans les maisons avoisinante auraient été purement et simplement exécutés en représailles. Certains corps ensanglantés dont «Time» publie les photographies sont encore en pyjamas, un habit effectivement peu propice aux actions de guérilla.
 
«D'abord, ils sont rentrés dans la chambre de mon père et nous avons entendu des coups de feu (....) Après, ils ont venus dans le salon et je les ai vus tuer mon grand-père en lui tirant dans la poitrine et dans la tête», affirme aujourd'hui la petite Eman Waleed, elle-même touchée à la jambe mais finalement épargnée par les tueurs de même que son frère Abdul, 8 ans, réfugié dans un coin de la pièce. Moins cléments, d'autres soldats n'auraient cependant pas hésité à assassiner un petit garçon de 2 ans dans une autre maison. Des militaires irakiens sont ensuite rentrés dans la maison d'Eman. «Pourquoi avez-vous fait cela à ma famille?, a-t-elle alors demandé. Ce n'est pas nous, ce sont des Américains!», lui aurait alors répondu un soldat irakien.
 
Si ces accusations sont vérifiées par l'enquête, il s'agirait du plus grave cas de meurtre délibéré de citoyens irakiens par des militaires américains depuis le début de la guerre en Irak, il y a tout juste trois ans. Elles seraient également de nature à jeter un peu plus la suspicion sur les compte-rendus d'actions militaires généreusement délivrés aux médias par les services de propagande de l'état-major américain ( Omegalpha n’a pas attendu cette pseudo-révélation de distraction massive pour éclairer d’un jour nouveau les communiqués de l’Empire truffés à la propagande nocive…).
 
 
 
Article original :
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
 
 
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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