L'admirable amiral
Le rêve de l’Amiral
Il y a quelques jours, l’admirable ministre de l’économie présentait ses vœux à la presse en dressant des perspectives réjouissantes de croissance, d’embellie et de bonheur partagé. Les chiffres qui viennent de paraître, ont balayé les comptes de fée de l’habile druide.
Et pourtant l’admirable barreur du paquebot « France » (que des esprits chagrins surnomment le « Titanic ») avait claironné à tout va ses prévisions d’astrologue érudit, ses conjonctions étoilées de miracle économique, ses pétillantes prévisions de vigoureuse croissance devant un parterre de journalistes ébahis par tant d’audace surréaliste. «Lors de la présentation de ses vœux à la presse, mardi 17 janvier, le ministre de l'économie et des finances, Thierry Breton, s'est félicité de "la vigueur de notre économie au second semestre" 2005 (…) M. Breton promet que la France "en surprendra plus d'un" en 2006 en maîtrisant "strictement" ses dépenses » nous indique un article du Monde (Lien).

L ‘éclairante lueur du génie
Bien que l’usage du merveilleux dans les sciences économiques soit fortement déconseillé, l’admirable amiral, tel Merlin l’enchanteur, a psalmodié de magiques mantras: "La reprise de notre croissance est solide" , il faut "défricher les sentiers de l'économie de demain", le pays engrange "des recettes fiscales et sociales dynamiques", hypnotisant un auditoire conquis depuis belle lurette par la profondeur du message cabalistique. Un véritable hymne à la joie consumériste, un puissant souffle qui allait balayer les quelques nuages qui vagabondent dans les têtes pensives, en pulvérisant la morosité glacée des chiffres, pour laisser place à l ‘éclairante lueur du génie. Splendeur insoutenable de l’amiral, cheveux au vent, luttant contre les éléments déchaînés de l’économie mondiale pour sauver le navire en perdition, tel un stoïque phare déchirant le voile de la nuit du doute pour montrer d’un geste auguste, la triomphante direction.
Doux rêve ouaté qui vient s’étioler…"En décembre, la consommation des ménages (en produits manufacturés) a reculé de 1%, ce qui représente la baisse la plus sensible enregistrée au cours des huit dernières années. Difficile donc de parler d'embellie..." vient de claironner le secrétaire national à l'économie du PS, Eric Besson, comme un réveil glacial (Lien). « Après une hausse de 0,7% en novembre, la consommation des ménages en produits manufacturés, qui représente 25% de la dépense globale mais constitue un bon indicateur de tendance, a flanché en décembre, reculant de 1% » assène encore l’article de l’Express, dissipant le panache d’un navire filant dans l’orangée lumière vers un horizon économique radieux.
Liens :
Thierry Breton "confiant" dans la réduction du déficit public et dans la croissance en 2006 (Le Monde)
La consommation contredit Breton (L’express)
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CC Jung
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