La cacophonie transalpine

Publié le par cc jung in effect

Abus de langage
 
La campagne électorale transalpine touche à sa fin dans un grand déluge d’insultes, d’effets de manche, de promesses et de surenchère. Il a été peu question de programmes, d’orientation politique et de perspectives mais beaucoup trop d’attaques verbales et de dérapages nombreux qui trahissent un appauvrissement du message et du fond au profit de la forme. Le populisme avec son outrance ne pouvaient qu’enfanter d’un monstre médiatique qui semble crouler et s’écrouler sous le poids du trop-plein de sa communication hystérique. Berlusconi n’est plus très loin de l’overdose cathodique.
 
 
La campagne électorale italienne qui s’achève dans le bruit et la fureur des invectives, des insultes et des noms d’oiseaux, aura révélé le caractère outrancier de la communication politique. Loin des idées, des programmes et des concepts, la parole politique que l’on a connu langue de bois, de mauvaise foi, propagandiste ou confuse, est devenue une bordée d’injures dignes de la cour des miracles. Ce message évidé de toute filiation apparaît comme le symbole évident de l’ahurissant appauvrissement de l’idéologie politique au profit du spectaculaire, de l’immédiateté et de l’impact suscité. Le média a fini par formater le messager.
 
Les petites phrases qui synthétisent telle ou telle pensée que l’on a concocté patiemment pour les média, se sont muées en slogan coup de poing, en insulte directe et en violence verbale. Moins on a quelque chose à dire et à vendre plus il faut désormais faire du bruit. Ironie de l’évolution du marketing, le package « politique » se décline désormais exactement de la même manière qu’un baril de lessive, qu’une livre de beurre ou une boîte de préservatifs.
 
 
 

Horizon of Zion

 
 
La surenchère hystérique de l’homme le plus riche d’Italie
 
 
La campagne électorale qui oppose Berlusconi et Prodi aura été sans doute l’une des plus virulentes mais aussi l’une des plus navrantes de l’histoire de la démocratie transalpine. La surenchère hystérique de l’homme le plus riche d’Italie, Berlusconi, a parfois pris une tournure grotesque notamment quand le bonimenteur milliardaire s’est présenté en martyr, se comparant à Jésus Christ ou Napoléon, insultant les électeurs de son adversaire, fustigeant la justice qui complote pour sa perte, haranguant les catholiques, les femmes, les seniors et les entrepreneurs tout en promettant la lune et le soleil.
 
De dérapage en dérapage, le grand communiquant conseillé par l’homme des ténèbres du cabinet de Bush, Karl Rove, semble au bord de l’implosion et de la sortie de route. Un incident mineur lors de sa dernière conférence de presse sur le thème de la justice partisane surnage dans ce magma de symboles. Au moment de poser son majestueux séant pour débuter son soliloque délirant, un drapeau européen qui devait illustrer la solennité et l’apparat du pouvoir a lourdement chuté, comme un décor mal ficelé de Cinecitta qui trahirait la pauvreté des effets. On avait déjà un personnage digne des mauvais téléfilms diffusés par ses chaînes vulgaires, voilà que le plateau se désagrège en direct comme un empire s’écroule. L’Empereur qui a vécu par la communication sera trahi par la communication.
 
 

Mutatis

La rudesse toute poétique et gauloise de son patois privé
 
 
A propos de message à faire passer, le livre de M.Giesbert continue à faire des vagues au point que notre premier ministre que l’on croyait autiste, en a touché un mot lors de son mensuel épanchement. Il s’est dit blessé par les propos frivoles que le journaliste lui a attribué, ceux concernant une France quasiment en chaleur qui attend que l’on l’honore. Personne n’est en mesure de corroborer la logorrhée de carabin mais le Sieur est réputé pour la rudesse toute poétique et gauloise de son patois privé. A voir les rues noires de monde, les manifestations et le tollé suscité par la gaillardise de son entreprise, de son impétuosité sur le CPE, force est de constater que la gueuse tricolore n’était pas vraiment alanguie et disposée à succomber au charme de son prétendant…à 2007. Les préliminaires accommodants ont toujours su arrondir les angles avant d’arrondir les ventres, notre poète aux mains baladeuses a oublié ses classiques.
 
 
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Salaud", "délinquant politique", "bouffon", "fou", "menteur", ont fait leur entrée dans une campagne électorale. Lors des précédentes législatives, en 2001, le leader de la Ligue du Nord Umberto Bossi avait fait sensation en traitant le chef du gouvernement sortant de gauche, Giuliano Amato, de "nain nazi". Celui-ci l'avait pris avec beaucoup d'humour, affirmant "nazi, je veux bien, ça peut se discuter, mais nain, non, je suis plus grand que lui".
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
M. Giesbert publie également, entre autres phrases attribuées à M. de Villepin, cette citation: "la France a l'air à la ramasse. Mais observez-la de près. Elle a les jambes écartées, elle attend désespérément qu'on la baise: ça fait trop longtemps que personne ne l'a honorée".
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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