Aux urnes citoyens !
Orchestral manœuvre in the dark
C’est en soi, un raccourci saisissant de la haute idée que nos gouvernants se font de la politique et de son usage démocratique. Organiser des élections étudiantes au plus fort des manifestations, les rues noires de monde, pour faire passer la minorité des militants favorables au gouvernement qui ne défilait donc pas, relève d’un petit calcul mesquin, minable dans sa conception, misérable dans sa méthode et méprisable dans le fond. Ce petit crocs-en-jambe électoral, digne des cours de la récréation, dénote surtout de la bien curieuse idée de vie démocratique que se font nos hommes politiques, légalistes au possible lorsque cela les arrange mais comploteurs retords à la petite semaine dès que l’occasion se présente. Avec une participation inférieure à 4 % des inscrits, les « élections » ont permis la victoire éclatante des deux syndicats proches du gouvernement, un triomphe salué à sa juste mesure par le Figaro.
Les commentaires sont de DJ Jonk
« Les élections aux Crous ont sacré la Fage et laminé le pouvoir de l'Unef, pour le plus grand plaisir du gouvernement. ( c’était le but non ? Une petite vengeance à défaut de pouvoir embastiller tous ces gauchistes et ces agitateurs…)
ENCORE INCONNU il y a quelques jours, Jean-François Martins, étudiant en licence d'économie sociale à Marne-la-Vallée, vient d'être propulsé président de la première organisation étudiante de France ( gageons que l’inconnu mérite de le rester ). Après les élections controversées du Crous ( controversées ? doux euphémisme )qui se sont déroulées entre le 21 et le 23 mars, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), avec plus de 41% des voix, a en effet détrôné l'Unef. Le syndicat de gauche s'est effondré, ne réunissant que 17,88% des suffrages aux élections des conseils d'administration des Centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) ( comme il est doux à entendre ce mot, « effondré ». Le syndicat de gauche s’est donc effondré, en même temps que la crédibilité du gouvernement…)
Grâce à ce résultat électoral, la Fage est devenue l'objet de toutes les attentions. Soudain, elle est un interlocuteur essentiel pour le premier ministre qui peut se targuer d'avoir à ses rendez-vous deux syndicats représentatifs : l'Uni et la Fage ( On appelle cela un culot monstre. Les élections sont une mascarade d’arrière-cour avec quelques figurants. Les voilà à présent « représentatifs » et « interlocuteurs essentiels » pour le premier ministre. L’Uni et la Fage, deux syndicats positionnés à droite sont donc entièrement représentatifs de l’ensemble étudiant. En somme, les étudiants qui manifestent représentent l’immense minorité… )

Le syndicat s'est toujours prononcé pour le CPE
La participation de l'Uni, politiquement à droite, n'est pas une surprise. Le syndicat s'est toujours prononcé pour le CPE et contre le blocage. La Fage, en revanche, est opposée au contrat première embauche. Mais elle ne fait pas de son retrait un préalable à des discussions avec le gouvernement ( elle est plutôt arrangeante, elle est opposée au CPE mais ne demande pas son retrait, logique…) . Au cours des deux dernières semaines, Jean-François Martins, qui se déclare «politiquement indépendant», a rencontré trois fois Dominique de Villepin (reprenez la lecture de cette phrase et vous mesurerez toute l’indépendance du monsieur en question ). Dans l'entourage du premier ministre on souligne la présence de cet « interlocuteur de poids ». (surcharge pondérale ou surcharge électorale ? )
Sa victoire aux élections à peine acquise, la Fage ne veut pas se «laisser récupérer» ( il n’est pas récupéré enfin. Et puis, il est complètement légitime. Quel est donc ce souci constant d’affirmation de sa crédibilité) . Hier, Jean-François Martins se déclarait «très déçu» de sa dernière entrevue avec le premier ministre. «Il faut une garantie supérieure en cas de licenciement, commente-t-il, l'entretien d'explication ne suffit pas.» ( proche de l’UDF, un pied dans la majorité et un pied dans l’opposition. Le grand écart comme figure de style demande une souplesse de danseur du Bolchoï ) Bruno Julliard, le président de l'Unef, a bien compris le profit qu'il pouvait tirer de cette situation. «La Fage a gagné les élections et les subventions qui s'en suivent grâce au ministre de l'Éducation, déclare-t-il. Il est assez naturel qu'aujourd'hui la Fage lui rende la pareille. C'est une organisation proche de l'UDF.»

L'Unef a déposé des recours
Selon Bruno Julliard, le 19 mars, le ministère de l'Éducation lui aurait proposé un marché : le déblocage des universités contre le report des élections aux Crous, demandé par l'Unef. Un marchandage que l'entourage de Gilles de Robien dément ( le Gilles en question, ce n’est pas son genre. C’est un démocrate et il se fait une haute idée de la politique. Il a bien engagé une miss France, c’est dire sa grande considération de la représentativité ). L'Unef prétend avoir boycotté les élections. «Le taux de participation a été inférieur à 4%, poursuit Bruno Julliard. Les universités qui ont voté sont celles où nous étions peu présents. Ce scrutin était un piège.» L'Unef a d'ailleurs annoncé qu'elle avait déposé une vingtaine de recours contentieux devant les tribunaux administratifs pour demander l'annulation des élections. L'enjeu est de taille. L'organisation étudiante prétend avoir perdu entre 150 000 et 200 000 euros de subventions liés à la gestion des Crous. Par ailleurs, des plaintes pénales ont été déposées par d'autres syndicats, dont la Fage, qui accusent l'Unef d'avoir volé des urnes et tenté de saboter les scrutins. » ( Une conclusion digne des pires républiques bananières : urnes volées, scrutins bidons, captation de fonds. Joli spectacle).
Article dans son contexte :
Lien :
Gilles de Robien, posture et impostures (Libération)
Ressources du site :
See u
CC Jung
Publicité