La Saint Nicolas est passée par là...
Alors que le vaisseau Omegalpha effectuait une entrée en douceur dans l’atmosphère terrestre et parisienne après une nouba cosmique et plus que frénétique, quelle ne fut pas sa surprise en découvrant les délices glacés de la communication gouvernementale. Non seulement les interminables files d’attente des Restaurants du cœur, du secours catholique et autres œuvres caritatives sont désormais une hallucination collective mais le nombre croissant des SDF est un mirage en voie d’évaporation au nom de la Saint Nicolas. Tout va bien dans ce pays, le chômage est un souvenir qui s’estompe, la précarité a mystérieusement disparu et nous vivons dans un monde merveilleux qu’il faudrait à tout prix faire perdurer en votant pour le candidat du renouveau, de la rupture, du changement, de la continuité et du miracle cathodique.
Les SDF plantent des tentes dans l’actualité ? Pas de soucis à se faire puisque le sémillant Arno Klarsfeld a des solutions fabuleuses et une belle gueule de l’emploi pour napper de mots les maux et masquer les maudits de notre société de consommation, le temps d’une campagne électorale. La misère est grandissante ? Etrange paradoxe puisque les chiffres du chômage atteignent des sommets en matière de bidouillage pré-électoral et que l’économie florissante fait exploser de joie la Bourse de Paris, les actionnaires des grasses multinationales et le MEDEF. Tout va bien à l’approche de cette nouvelle année qui devrait reconduire les faiseurs de miracles qui ont aboli le chômage, la misère, la croissance, la réalité et une certaine idée de la France qui grelotte sur les quais de la Seine, dans les bois de Sangatte, dans les voitures, dans les caravanes, dans les foyers, dans des hôtels borgnes et dans des HLM pourris en banlieues pestiférées.
Une certaine France invisible qui se nourrit des miettes insignifiantes du discours triomphant, qui « galère grave » dans des emplois d’esclave à peine modernisés, qui survit en ingurgitant inlassablement la mélodie du bonheur sans cesse réactivée par un gouvernement compétent et plein d’empathie. Autant de raisons de se réjouir des annonces mirobolantes d’un gouvernement en campagne pour adoucir l’invraisemblable bilan d’un concentré de merveilleux gestionnaires de la transformation de notre pays en une succursale docile de la World Compagny « made in France » by Sarkozy… Tout va bien, c’est Thierry Breton qui le dit même, alors…
« PARIS (AP) - Quelque deux millions de chômeurs, ou plus du double en France? C'est la question soulevée mercredi par un collectif d'associations et de syndicats qui explique, statistiques à l'appui, que le taux de chômage repris chaque mois par le gouvernement n'est calculé que sur la base d'une partie des demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE.
La direction de l'agence explique de son côté que "la totalité des chiffres sont publics" -et n'en conteste pas la teneur globale- mais estime qu'il faut "comparer ce qui est comparable, notamment par rapport aux autres pays", et souligne que les catégories de personnes inscrites à l'ANPE "sont dans des situations bien différentes les unes des autres".
"En septembre 2006, le chiffre officiel du chômage (...) décomptait 2.172.000 demandeurs d'emploi. A la même date, le nombre total de personnes recensées par l'ANPE en tant que demandeurs d'emploi s'élevait à près de 4.450.000 personnes", déclare, dans un document diffusé mercredi, le collectif Autres chiffres du chômage (ACDC), qui regroupe notamment l'association Agir ensemble contre le chômage (AC!), le Syndicat national unifié de l'ANPE (SNU-ANPE), Sud-ANPE ou encore la CGT-INSEE.
Le collectif met ainsi en avant le fait que seule la catégorie 1 (personnes sans emploi, immédiatement disponibles et à la recherche d'un emploi à durée indéterminée à temps plein) est reprise par les pouvoirs publics et la plupart des médias, alors que huit catégories différentes d'inscrits à l'ANPE existent.
"Depuis 25 ans ces 'chômeurs invisibles' représentent une proportion croissante de l'ensemble des inscrits à l'ANPE: au cours de l'année 2006, la part de ces chômeurs invisibles dans le total des demandeurs d'emploi a dépassé pour la première fois 50%, alors qu'elle n'en représentait que 10% en 1982", poursuit le collectif.
Actuellement, selon lui, le calcul du taux de chômage exclut donc les personnes en recherche d'un emploi saisonnier, à temps partiel, en CDD, les chômeurs en arrêt maladie ou en cours de formation, ceux qui exercent une "activité réduite" de plus de 78 heures par semaine mais cherchent une activité plus stable et reste donc dans les fichiers, les chômeurs des départements d'outre mer (DOM) ou encore les chômeurs dispensés de recherche d'emploi (chômeurs âgés de plus de 57 ans par exemple).

"Il y a aussi les découragés qui touchent le RMI mais ne cherchent même plus à s'inscrire à l'ANPE et sur lesquels aucune statistique n'existe", ajoute Philippe Sabater, porte-parole du SNU-ANPE.
Bref, résume Thomas Coutrot, porte-parole du collectif, "baser le décompte uniquement sur la catégorie 1, ce qui fait dire au gouvernement qu'il est en train de gagner la bataille pour l'emploi, nous semble très contestable".
"Comparons ce qui est comparable. Quelqu'un qui travaille plus de deux semaines par mois mais reste inscrit dans nos fichiers peut-il être considéré comme étant au chômage au même titre que la personne qui n'a pas eu accès à l'emploi au cours du mois et recherche un CDI", répond la direction de l'ANPE, qui fait la distinction entre taux de chômage et nombre de demandeurs d'emploi.
Le collectif compte de son côté réitérer l'opération chaque mois à l'approche de la publication des chiffres du chômage, et jusqu'en mai pour "marquer" la campagne électorale", à chaque fois sur un thème différent touchant au traitement des demandeurs d'emploi.
"La question qu'on pose à tous, c'est: est-ce qu'on peut continuer comme ça alors que le chiffre officiel apparaît de moins en moins crédible?", s'interroge Philippe Sabater (SNU-ANPE). "Est-ce qu'il y a une alternative pour régler ce chômage qu'on ne veut pas voir? Tous ces gens, qu'est-ce qu'on met en place pour leur trouver des solutions? ". AP »
god/mw
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Liens :
Le taux de chômage à 8,7%, au plus bas depuis juillet 2001 (Libération – Reuters)
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CC Jung
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