Haute voltige
Les persécuteurs du 11 septembre
L’administration Bush vient d'autoriser à bord des avions de ligne la présence, dans les bagages à main, de ciseaux et autres objets pointus. Un assouplissement des mesures entrées en vigueur après les attentats du 11 septembre. Il est vrai que des… cutters avaient été utilisés.
Personne n’a oublié les images spectaculaires du 11 septembre avec ces avions fous (gorgés de kérosène et de passagers pour l’enfer) fonçant à toute allure vers les tours jumelles du WTC, un cauchemar télévisé en live. Une vague d’attentats de grande ampleur qui allait marquer les consciences et les opinions publiques, permettant au passage, un tournant stratégique majeur et un glissement rapide des sociétés occidentales vers une paranoïa sécuritaire hallucinante.
L’enquête expresse a conclu à un diabolique complot islamiste diligenté par Ben Laden depuis les accueillantes grottes de l’Afghanistan, les mêmes qui devaient abriter des cavernes ultra-modernes à plusieurs étages, les mêmes d’où Rumsfeld croyait voir décoller des fusées pour mettre en orbite des satellites d’Al Quaeda (déclaration véridique !).
Très vite (trop vite, les dossiers de presse étaient-ils déjà prêts ?), le FBI a publié les noms des pirates, leurs photos et leurs moyens d’action. Remarquable célérité de l’enquête pour une opération que l’on imagine pourtant extrêmement sophistiquée. Des esprits chagrins pourraient rétorquer que plusieurs des pirates de l’air désignés à la vindicte populaire ont été retrouvés bel et bien vivants, au Yémen et en Arabie Saoudite, abasourdis par les accusations.

Pilotage automatique
Des malicieux pourraient également s’étonner de la maestria des pirates sans expérience significative qui réalisent le tour de force de percuter les deux bâtiments avec notamment un virage serré à la clef pour le second avion, une prouesse qu’un chevronné pilote de ligne d’Air France jugeait à l’époque, remarquable (en avouant également ne pas être lui même sûr d’y parvenir après 20 ans de service). Seules des balises positionnées sur les tours et « calées » par les programmes informatiques de pilotage automatique expliqueraient l’exactitude de l’horreur, la précision des impacts et le numéro de haute voltige.
Des persifleurs pourraient s’étonner du risque pris par certains pirates supposés qui ont choisi d’effectuer des correspondances aériennes pour s’embarquer ensuite vers les avions missiles. Un embouteillage sur la piste, un incident mécanique ou un retard quelconque et ils rataient totalement le bouquet final. Pour une si grande opération, on s’attendait à des chorégraphes plus scrupuleux.
Passeport intact au bas des tours
Des taquins pourraient se demander où était la plus puissante flotte aérienne militaire pendant les deux heures d’attaque, pourquoi le passeport du chef présumé des attentats, Mohammed Atta, a été retrouvé intact au bas des tours et surtout pourquoi les pirates ont utilisé des cutters, armes plutôt insignifiantes pour détourner des avions. D’où les directives concernant les objets pointus et contondants désormais interdits de séjour dans les carlingues.
Concernant l’utilisation des cutters, on pourrait émettre une hypothèse crédible quant on connaît la manière de fonctionner des éminences grises des agences de renseignement américaines. Donc, les pirates de l’air sont des kamikazes (« à leur insu » confiera plus tard Ben Laden dans un enregistrement vidéo, à leur insu ???) du Moyen-orient. Dans l’imaginaire de nos cousins d’Outre-atlantique, le terroriste a un certain profil type. Il est préférable qu’il soit barbu, musulman et barbare. Il ne tue pas ses ennemis, il les décapite ou les égorge (un scénario remis au goût du jour pour l’exécution de Nick Berg en Irak) selon une symbolique religieuse et sacrificielle.

Faire capoter la plus formidable opération terroriste
Prendre le risque pour des moyens-orientaux terroristes (un mot est de trop, lequel ?) de transporter des cutters (à lame métallique) est une absurdité manifeste en raison des nombreux portiques de sécurité (détecteurs de métaux) qu’il faut franchir. C’est surtout prendre le risque d’être « bipé » et découvert en faisant capoter la plus formidable opération terroriste des temps modernes.
Les autorités, face à cette manifeste incohérence, ont émis l’hypothèse que les cutters étaient « planqués » sous les sièges attribués aux pirates. Un scénario dément qui impliquerait des complicités à tous les niveaux, des agents de divers compagnies de voyage qui attribuent les places aux agents d’entretien qui nettoient les avions dans plusieurs villes de départ des vols concernés, cela fait quand même beaucoup.
Il aurait été tellement plus simple de transporter des armes en alliage plastique quasiment indétectables ou de puissants explosifs en pâte que l’on peut dissimuler de mille manières et qui font des dégâts terribles. Non, il fallait des armes de barbares, les sabres rutilants de Lawrence d’Arabie faisaient un peu datés alors que les cutters sonnaient beaucoup mieux (aux portiques) dans l’imaginaire du public concerné.
Une caricature de signature
Dans le même ordre d’idée, les attentats à l’anthrax (tiens, on avait oublié !) ont été signés par une main moyenne-orientale vengeresse d’un rutilant « Allah is great ! », traduction laborieuse de Allahou Akbar (formule universellement connue par les musulmans, pardon pour les fautes de transcription). Une caricature de signature. D’ailleurs, il s’est avéré que la poudre toxique, après examens des souches, provenait des laboratoires militaires… américains d’où, ben, plus rien…
Les communiqués signés par le tentaculaire et fantomatique Zarquaoui procèdent de la même manière, ils sont truffés de tics de langage anglo-saxon traduits ensuite en arabe. Le jordanien barbu, celui qui a décapité Nicolas Berg (tiens, il a déjà rempli les fonctions attribuées : barbe, musulman et égorgeur) ne cesse de clamer qu’il va réduire à …100 % les américains. On attend avec beaucoup d’impatience amusée les communiqués qui s’achèveront pas « in Allah we trust » et autre emprunt significatif.
Pour terminer sur la dépêche prétexte à ce billet (low cost ou 1ere classe ?), l’administration Bush autorise donc les petits ciseaux et autres nécessaires de voyage. « "Les ciseaux mesurant au maximum 10 cm et des outils, tels que des tournevis, des clés et des pinces mesurant moins de 18 cm seront retirés le 22 décembre de la liste des objets interdits" précise-t-on encore. Les plombiers polonais de Blokenstein et autres bricoleurs délocalisés s’en réjouissent tout comme les passagers des compagnies charters qui pourront à nouveau effectuer quelques colmatages d’urgence et autre soudure en cas de nécessité.

Portes blindées, pilotes armés
Les « pics à glace » pour dégivrer en l’air les moteurs grippés restent néanmoins interdits. Quant aux « cutters et couteaux », ils sont priés de regagner le rayon des accessoires de cinéma pour le prochain film catastrophe. Ils peuvent être encore utiles. Ce sera cependant moins évident la prochaine fois puisque « les portes des cockpits des avions ont été blindées, les pilotes ont été autorisés à être armés et davantage d'agents de sécurité voyagent à bord des avions. ».
"Cela présente un risque pour les personnels navigants et les passagers" assure pourtant Christopher Witkowski (responsable d'une association de stewards et hôtesses de l'air) que d’autoriser les coupes-ongles et autres petits ciseaux. On pourrait quand même faire remarquer à ce représentant frileux que le risque de prendre d’assaut un cockpit blindé où officient des pilotes surarmés avec une pince à épiler semble hautement improbable même avec la meilleure des volontés.
Article original :
Certains objets pointus à nouveau autorisés dans les avions américains
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