Les bonnes résolutions

Publié le par cc jung in effect

Bonne année à tous ! Omegalpha reprend la plume au moment même où l’on entame une nouvelle année qui s’annonce d’ores et déjà copieuse en ce qui concerne l’actualité de l’Empire et ses succursales bien fangeuses. Point besoin ici d’oracle pour prédire un futur riche en coups tordus et autres opérations de déstabilisation à l’échelle planétaire, Al Quaeda est bien de retour (lien Figaro) et le grand cirque impérial peut reprendre sa bruyante tournée de dévastation du monde avec Obama dans le rôle du fringant bateleur et Sarkozy dans celui du bonimenteur cabotin et grimaçant. Le Président américain déclare la guerre à Al Qaeda ? Comme une étrange impression d’une énième rediffusion d’une série américaine, non ? Bush et son bourbier irakien se sont effacés de la mémoire collective pour laisser place nette au prix Nobel de la Paix et de la propagande, à son bourbier afghan, à ses assassinats ciblés au Pakistan et sa cohorte de mercenaires sanguinaires de Blackwater à l’œuvre un peu partout. Les masques changent pour ne pas lasser mais le vrai visage de ceux qui décident réellement de la politique en Amérique et hélas aussi dans le monde, reste le même depuis des décennies, celui du complexe militaro-industriel, le même que dénonçait à l’époque le prophétique Eisenhower, le même qui nous a vendu le petit Nicolas « gaulliste », la réintégration dans l’OTAN et toute la mise en conformité décidée outre-Atlantique.de notre pays. La politique est ainsi : l’art suprême de la duperie et de l’imposture et une formidable partie de cache-cache. Dans les régimes démocratiques ou prétendument démocratiques comme les nôtres, le citoyen a l’illusion du choix et de la détermination de sa couleur idéologique mais le jeu est faussé d’emblée puisqu’en fait de sélection effective, celui qui glisse son bulletin dans l’urne ne peut que se déterminer que selon deux options en apparence antinomiques… De quoi restreindre bien des ardeurs et de quoi polir bien des aspirations trop piquantes ou abrasives. Pilonné depuis des mois par les média pour pousser l’une ou l’autre des candidatures, notre vaillant citoyen imagine sans doute qu’il va peser un tant soit peu sur la destinée collective en décidant de donner sa voix à telle ou telle image formatée sans se douter un seul instant que le vrai match qui se déroule a lieu dans les coulisses et que le duel auquel il assiste avec délectation ou consternation n’est qu’une représentation théâtrale et caricaturale destinée à leurrer l’ensemble de l’électorat.

 

Le véritable enjeu des élections a toujours été non pas de choisir un homme (ou une femme) mais de décider in fine quel lobby à l’œuvre dans l’ombre va remporter la mise après avoir jeté son dévolu sur tel ou tel poulain qui n’aura de cesse, une fois la course gagnée, de servir fidèlement les intérêts de ceux qui l’ont réellement assis sur le confortable trône. Toute la politique de Nicolas Sarkozy, chaotique et délirante à bien des égards, répond de fait à une logique sourde, froide et rampante, celle des « néocons », une mafia militaire au service des multinationales corruptrices et prédatrices. Cette logique sous-jacente suit un plan établi depuis bien longtemps, une mise en œuvre méthodique théorisée par les économistes américains de l’école de Chicago, celle de Friedman (voir liens). Démolition du service public et du code du travail (voir lien sur la directive Bolkestein – Le Grand Soir), affaiblissement du tissu social, paupérisation galopante, copinage éhonté avec une certaine élite, chasse aux sorcières et stigmatisation, De quoi démolir la quintessence même de tous les peuples au noble héritage pour en faire des zombies serviles, dociles et matés. Tout ceci n’a rien de nouveau et n’a rien à voir avec une quelconque « rupture ». Ce serait même du déjà-vu en Amérique du Sud sous le règne des dictatures des généraux, amis de l’Eglise et les multinationales et ennemis sanguinaires et impitoyables de tous ceux qui prétendaient réfréner l’appétit des gloutons exploiteurs de la populace locale. Une aventure qui perdure comme en témoignent les joyeusetés de la politique en Colombie (lien le Grand soir, un sujet qui fera l’objet d’un futur article) et le récent coup d’état au Honduras (liens le Grand Soir – Mondialisation sur la doctrine Monroe). Nous n’oublions pas dans le lot, le Mexique devenu un narco-état aux portes du premier consommateur de drogues au monde, les USA. Ce sera aussi le sujet d’un futur article.  Plus proche de nous et encore plus proche des Pinochet et autre poètes médaillés de l’opération Condor, il y a eu Thatcher qui a cassé au sens propre et figuré toute une tradition profondément ancrée sur place de militantisme et de progressisme social en faisant charger la police contre les manifestants, en affamant les mineurs et en laissant crever de faim des militants au fin fond d’obscures prisons. Rien de nouveau sous le soleil, nous subissons en ce moment l’expérimentation maintes fois répétée ailleurs par l’orchestre de l’Empire et que le Gladio (lien Wiki) et les grands groupes de presse affidés ont préparé depuis si longtemps avec l’aide active des tueurs de sang froid que sont le FMI, l’OMC, la Banque Mondiale et autres étrangleurs gantés. Le pourrissement progressif de la classe politique française qui est allé de pair avec la montée du populisme (FN) a permis enfin d’appliquer le traitement de choc à ce petit pays à la grande histoire qui avait le tort de résister encore aux sirènes glauques et glapissantes de l’Empire…des multinationales. La tradition politique d’indépendance de la France que l’on résume un peu vite au gaullisme s’est envasée lentement mais surement dans le marigot saumâtre qu’annonçaient déjà Giscard et ses diamants, Mitterrand et sa politique favorable aux marchés et surtout l’ineffable Chirac et sa trieuse de billets, le RPR remaquillé aujourd’hui en UMP pour escamoter le lourd passif des affaires.  Toute cette digression pour dire que nous sommes résolus à ne pas commenter les frasques et autres pitreries grotesques de notre Pinocchio local qui fait diversion pour nous intéresser encore et toujours aux discrets marionnettistes qui agitent le spectaculaire pantin à paillettes et sa cour de dérisoires larbins.

 

La politique française, lorsque l’on prend le temps de la distance, ressemble tellement à une mauvaise comédie jouée par d’assez bons comédiens pour faire illusion depuis si longtemps sans éveiller des soupçons de cabotinage,. Elle en devient presque ennuyeuse parce que prévisible. Un seul mot pour clore ce chapitre hexagonal : notre étonnement devant la fulgurante popularité de Dominique Strauss-Kahn (lien Wiki). Voilà justement le parfait prototype du poulain paré pour la course finale : bon vivant, brillant, libéral et de gauche, soit un parfait compromis pour colmater en apparence les béances de l’ère Sarkozy. Sauf que le même Sarkozy et ses amis américains l’ont propulsé au…FMI, tout un symbole pour celui qui a torpillé de l’intérieur du parti politique la candidate socialiste lors des dernières présidentielles… Jeu de masque, jeu de dupe et collusions inattendues pour ce pion de l’échiquier qui ressemble en effet aux champions de l’imposture que nous connaissons assez bien désormais (voir liens Omegalpha sur la légende du Saint Bernard Kouchner). Un article passionnant du Réseau Voltaire (voir lien) apporte un éclairage édifiant sur le personnage et ses multiples connexions avec des cercles que le citoyen lamda n’imagine même pas. Un denier a toujours deux facettes. Une confrontation future entre le président sortant et le candidat du FMI serait d’ailleurs un comble finalement, un raffinement absolu et une fumisterie jubilatoire pour les imprécateurs qui tirent les ficelles. Vous avez dit avoir le choix ? Tomber de Charybde en Sylla… Quel changement ! John MacCain a bien servi de miroir déformant pour enjoliver l’icône Barack Obama et apporter l’illusion du renouveau et du changement. Jeu de rôles que tout cela et les dindons de la farce électorale sont….

 

Ainsi, nous préférons momentanément nous appesantir sur l’Empire désormais symbolisé par le brillant communicateur de la Maison Blanche qui vient de relancer la machine « Al Quaeda » comme au bon vieux temps au moment même où il vient de ranger le précieux prix Nobel dans un tiroir en signant de l’autre main un décret pour envoyer toujours plus de troupes en Afghanistan. Voilà acté désormais le triomphe du complexe militaro-industriel qui ouvre toujours plus de nouveaux fronts (Pakistan, Yémen, Iran) tout en continuant à entretenir la pourriture ambiante (Amérique du sud, Israël). Une ultime information pour conclure ce petit édito : le budget militaire des Etats-Unis vient d’atteindre la somme faramineuse de 734 milliards de dollars au moment même où le déficit budgétaire américain s’élève actuellement à plus 1.400 milliards de dollars. Soit 10% du PIB, un record depuis 1945. Vive le changement dans la continuité et le marketing électoral. Bush et Blair peuvent dormir tranquilles, la relève est désormais assurée avec Merkel, Sarkozy et Obama. Le business se porte bien après le siphonage en règle des ressources publiques pour affaiblir encore et toujours un pan de l’économie au dépend de l’autre où se mêlent mafias, multinationales, armées privées, cercle atlantique et autres lobbies affairés. Le plan se déroule comme prévu. Il est temps aussi pour nous de se remettre à l’ouvrage.

 

 

Liens :

 

Attentat manqué : Obama déclare la guerre à al-Qaida (Figaro)

 

La directive Bolkestein transposée dans la législation française (Le Grand Soir)

 

Honduras, Colombie, Cuba : les États-Unis s'en tiennent à la doctrine Monroe (Mondialisation)

 

Venezuela. Le président Chavez soupçonne la Colombie de préparer une mise en scène de "faux positifs" pour justifier une attaque en territoire vénézuélien (Le Grand Soir)

 

Le président Barack Obama a éloigné les Etats-Unis de l’Amérique Latine et de l’Europe en validant le coup d’Etat militaire au Honduras (Le Grand Soir)

 

SouthCom : Washington développe ses opérations à la base aérienne de Soto Cano au Honduras (Mondialisation)

 

École de Chicago (économie) – (Wikipédia)  

 

Il y a trente ans débutait l’ère Thatcher... (démocratie et socialisme)

 

 Dominique Strauss-Kahn - Wikipédia  

Dominique Strauss-Kahn, l'homme de « Condi » au FMI [Voltaire]

 

MM. Sarkozy et Strauss-Kahn affichent leurs allégeances (Voltaire)

 

 

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DJ CC Jung

Publié dans Omegactualité

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Commenter cet article

Crodoff 13/01/2010 07:30


"budget militaire US : la somme faramineuse de 734 milliards de dollars" c'est l'inertie du chaos qui continue dans les salons feutrés. Comment ne pas vomir
ses boyaux en entendant parler de Obama, de we are change et du prix nobel de la paix à ces tartuffes aux ordres dans notre société du spectacle ou de la gerbe est tranformée en feux d'artifices.
Les 100 000 morts de faim et de malnutrition journalier seront ravis d'apprendre tout ça.


cc jung in effect 11/02/2010 21:00



Tout est dit dans votre commentaire cher lecteur assidu. Indécent ? Non ! C'est juste comme cela que le monde tourne et nous devons nous racler le fond des poches pour que cela perdure....
Cherchez l'erreur ou compter les moutons avant de dormir avec eux.