Figurez-vous que le Figaro...

Publié le par cc jung in effect

Le rituel est immuable. Chaque matin, au réveil, les hommes d’équipage d’Omegalpha sont chargés de lire la presse quotidienne dans son intégralité pour puiser la substance qui nourrira les chroniques scientifiquement élaborées en gravitation. Certaines publications jouissent d’un grand prestige auprès des lecteurs méthodiques et sont donc logiquement sélectionnées, d’autres ne méritent même pas une citation et apparaissent très rarement dans les comptes-rendus.
 
Et puis, il y a le Figaro…Voilà un quotidien qui mérite une attention particulière, non seulement parce que ce « journal » (propriété de SOC Presse, 1er groupe de presse en France – patrimoine de Marcel Dassault, sénateur UMP) se vend chaque jour à plus de 325 000 exemplaires (deuxième vente nationale juste derrière l’Equipe) mais surtout parce que ce titre se veut honorable et de bon ton. Bien sûr, la rédaction ne cache pas son inclinaison politique, plutôt à droite. Bien évidemment, le titre du marchand de canons encense l’ultra libéralisme et se positionne nettement du côté atlantiste (alignement sur le protecteur supposé de l’Europe, les USA), il soutient donc logiquement Nicolas Sarkozy. Mais ce qu’il y a de plus surprenant, c’est sa propagande active pour vendre fiévreusement du « choc des civilisations » à longueur de colonnes encrées à l’heure même où les propres concepteurs de cette déconfiture idéologique (les Néo-conservateurs américains) ne font plus recette. Pas de quoi faire douter les fourmis appliquées du journal qui nous fabriquent consciencieusement cette pestilence idéologique abondamment maquillée sous des postures savantes, des grandes idées et des concepts fumeux.
 
La preuve, ce « bloc – notes » que l’on retrouve dans la passionnante rubrique « Opinions » et qui est régulièrement épinglé par Omegalpha et qui le sera encore aujourd’hui. Sous couvert de défense des « valeurs » de notre civilisation et autre camouflage habile, le rédacteur tient des propos hallucinants de haine raciale et il ne se fait pas prier…pour afficher sa mauvaise foi légendaire. Viennent ensuite divers articles qui semblent défendre les intérêts partisans des uns et des autres comme nous allons nous en apercevoir bien vite mais l’ensemble dégage une cohérence évidente. Il s’agit de vendre un modèle de société en fournissant des arguments intellectuels aptes à le défendre (le capitalisme), fournir une assise doctrinale pour étayer un ordre des choses injuste (le nouvel ordre mondial, le colonialisme assumé en somme) tout en défendant des valeurs sujettes à caution (supériorité supposée de notre civilisation occidentale, justification du chaos actuel et de l’alliance avec les néo-cons israéliens, proximité avec l'extrême droite, diabolisation permanente de l’autre, celui qui n’adhère pas à cette vision biaisée du monde).
Petit voyage transversal dans le monde merveilleux du Figaro. “Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur” !
 
 
Le Bloc – note ( commenté et annoté par le DJ CC Jung )
 
" Les anti-Bush jubilent : la stratégie irakienne du président américain vient d'être désavouée par ses compatriotes, qui ont retiré leur confiance aux parlementaires républicains. Il paye, légitimement, ses fautes politiques (le faux prétexte des armes de destruction massive), ses erreurs de jugement (son « Mission accomplished ! », du 2 mai 2003), ses promesses non tenues de stabiliser le pays. Alors, les antiguerre avaient-ils raison d'annoncer le pire ?
L'hôte de la Maison-Blanche aurait dû écouter ceux qui mettaient en garde contre l'Orient compliqué et l'irrationalité des fanatiques, qui s'enivrent de sang (c’est parti ! L’Orient est compliqué alors que l’Occident est si simple, n’est-ce pas ? C’est compliqué surtout parce que cette région du monde est peuplée par des « fanatiques » qui se conduisent de manière irrationnelle. En plus, ce sont des buveurs de sang. Résumé, l’Orient est une région du monde qui est habitée par des fanatiques déments et vampires. Beau début.. .) . L'inventaire des maladresses militaires reste aussi à dresser. C'est cette succession d'incompétences que les électeurs ont sanctionnée. Mais, en Europe, les anti-Bush étaient plus ambigus : beaucoup ne voulaient pas provoquer la fureur islamiste et son antiaméricanisme, révélés le 11 septembre 2001. ( Le 11 septembre avec ses zones d’ombre et ses invraisemblances est donc seulement l’ événement révélateur de la "fureur islamiste", de l’anti-américanisme des mêmes fanatiques furieux et de notre couardise ! Nous ne voulions surtout pas réagir pour ne pas provoquer ces dangereux intégristes. Le monde occidental n’a pas réagi aux attentats du 11 septembre, aucune mesure n’a été prise, aucune stigmatisation n’a eu lieu, aucune dérive sécuritaire ne s’est mise en place et les habitants européens d’origine arabes ont soigneusement été ménagés pour ne pas faire de vagues. On le sait tous ).
 
C'est aussi ce défaitisme qui pavoise en France ( le défaitisme pavoise en France ? ), devant les revers du monde libre ( nous nous réjouissons des revers du monde libre dont l’incarnation vibrante est George Bush. Le président américain représente la quintessence de notre civilisation, son émanation la plus aboutie et la personnification de l’homme libre. Il n’est pas dirigé par un quelconque intérêt ou groupe de pressions. Soit ! ) Les deux pays les plus critiqués - les États-Unis et Israël - sont ceux qui refusent de se soumettre au terrorisme coranique ( le terrorisme coranique, quelle magistrale formule, presque aussi réussie que le « nazislamisme ». Israël et les USA sont les deux pays les plus critiqués parce qu’ils refusent de se soumettre au dictat des barbus islamiques bien sûr. Ils ne sont pas mis en cause pour leur conduite, le chaos qu’ils sèment et les méthodes qu’ils utilisent. C’est juste parce qu’ils sont de braves résistants au califat nouveau qui domine le monde et surtout l’Europe. Nous voilà en pleine guerre des religions avec de preux chevaliers que l’on ose critiquer, quelle honte ! ).
 
 Nos droits-de-l'hommistes en sont à laisser entendre que seule la tyrannie peut répondre à la mentalité arabo-musulmane (dans la bouche amère de ce monsieur, militer pour les droits de l’homme est un comportement lâche et honteux ). Pour avoir souligné, mardi, la « réussite » du « gouvernement démocratique » en Irak, Ségolène Royal a essuyé les indignations des vertueux la réussite du « gouvernement démocratique » en Irak ? Tous les jours, des pétards et des feux d’artifices saluent allègrement la démocratie triomphante qui règne dans ce pays…occupé. C’est une fête permanente et les Irakiens goûtent avec délice la démocratie nouvelle, Dieu - le vrai, le chrétien - soit loué ! ).
 
Les critiques européennes à la condamnation à mort pour crimes contre l'humanité, dimanche, de Saddam Hussein -faux laïc qui appelait au djihad et martyrisait son peuple- illustrent cette démobilisation (nous sommes démobilisés en pleine guerre contre les Sarrasins et les Maures, quel manque de courage et quelle veulerie  ! ) En mars 2003, 33 % des Français souhaitaient déjà le succès du dictateur. Pour les islamistes, la victoire serait de voir les Européens pacifistes rompre avec les États-Unis batailleurs ( les Européens sont de vils pacifistes et les Américains de fiers batailleurs ? Le vieux continent est un ramassis d’hippies dégénérés, heureusement que les USA restent le pays des cow-boys qui en ont entre les jambes. Rompre avec des les USA, ne pas adhérer à fond à leur remarquable politique, c’est collaborer avec l’ennemi islamique. C’est si simple le monde vu dans les yeux des Néo-cons : ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous disait le Père fondateur ) On y vient : Emmanuel Todd, choyé par l'élite, estime l'Iran plus fréquentable que l'Amérique.
 
 

 
 
Il est aisé de reprocher à Bush sa guerre contre une nébuleuse. Mais il garde le mérite d'avoir su désigner l'« islamo-fascisme » comme l'ennemi des démocraties ( islamo-fascisme, autre variation sémantique de « nazislamisme », les Nazis ont un turban et une religion, l’Islam ) , de leurs valeurs, de leur mode de vie. C'est ce combat que la France s'honorerait de rejoindre, plutôt que de décevoir, par sa pusillanimité, les démocrates musulmans ( nous décevons les « démocrates musulmans », ceux qui applaudissent sans doute les bienfaits innombrables de la « démocratie forcée » en Irak. Défense de la démocratie ? Au fait, deux gouvernements démocratiques existent bel et bien au Moyen-orient, ceux du Liban et des Territoires occupés… C’est curieux, ils viennent de se faire attaquer par les mêmes défenseurs acharnés de la démocratie dans la région, Israël. Etrange attitude n’est-ce pas ? ). La Géorgie, l'Ukraine et le Kirghistan, émancipés de l'ex-URSS, font plus confiance à Bush qu'à l'Europe molle. Pas de quoi pérorer. (chut donc ! )
 
 
« Sortir ses griffes »
 Comprendre ceci : le vieil antiaméricanisme français, celui de Baudelaire et de Stendhal, de Bernanos et d'Aragon, est devenu l'allié involontaire de l'islamisme, avec qui il partage de semblables griefs contre les yankees. Et il ne faudra compter sur aucun des trois prétendants socialistes pour faire barrage à son entreprise de subversion (bloc-notes du 3-11) : en affichant, mardi soir à la télévision, leur distance face aux États-Unis tout en vantant le rapprochement avec le monde méditerranéen (DSK : « Les racines de notre culture sont chrétiennes, juives et musulmanes ». (DSK raconte n’importe quoi décidément. Prétendre que nous sommes proches de la Méditerranée et des gens qui peuplent cette région est une aberration. Notre proximité immédiate est bien sûr avec le continent américain, il suffit de regarder une carte pour s’en convaincre…), ils ont montré leur tentation d'accélérer la mutation identitaire de l'Europe, oublieuse du socle commun sur lequel, par-delà l'Atlantique, l'Occident s'est construit ( les socialistes veulent accélérer le brassage ethnique, un véritable sabotage génétique pour entacher la pureté originelle de l’Europe et souiller son patrimoine chrétien, les vils ! ).
 
Est-ce ce choix d'une nouvelle nation à inventer que désirent les Français ? Leur opposition à l'entrée de la Turquie en Europe devrait inciter le PS a modérer son goût pour la table rase et les concessions. La gauche devrait lire Élie Barnavi (Les Religions meurtrières, Flammarion), ancien ambassadeur d'Israël en France, qui met l'Europe en garde contre l'envie de se désolidariser des Etats-Unis (voilà un interlocuteur neutre et objectif…) . Même si l'auteur reprend l'antienne sur « l'esprit borné » de Bush, c'est un appel à « la reconstitution de l'unité de l'Occident » qu'il lance. ( Dans l’esprit de ces propagandistes malsains, reconstituer l’Europe, c’est rejeter et attaquer tout ce qui est arabe, musulman, ou en quelconque rapport avec l’Islam. Ils souhaitent tellement recréer artificiellement et de manière obsessionnelle, une problématique de type Palestine, Territoires occupés et tutti quanti dans nos pays européens qui comptent des citoyens d’origine arabe ou du Maghreb. Cette stigmatisation permanente d’une partie de la société ressemble à une chasse aux sorcières à peine déguisée et nous rappelle un autre épisode terrifiant qui mettait en cause les…Juifs, seuls responsables de toutes les infamies ).
 
Mais Barnavi va plus loin, en mettant en garde la France pacifiste contre le multiculturalisme qui a affaibli son identité ( le multiculturalisme affaiblit son identité ???!!! On croirait lire une autre littérature qui parlait d’art dégénéré, de pureté du sang et de critères raciaux. Très inquiétante prose surtout sous la plume d’un ambassadeur…d’Israël en plus ) . « La République est bonne fille, elle doit réapprendre à sortir ses griffes », écrit-il, en l'invitant à « réhabiliter l'héritage des Lumières ». « Elle ne doit pas seulement interdire qu'on enfreigne ses lois, elle doit exiger qu'on embrasse son éthique. (...) L'octroi de la citoyenneté doit s'accompagner d'un serment d'allégeance aux principes fondamentaux de la démocratie ». Écoutons cet ami de la France : il dit avoir peur pour elle (à nous, son discours fait très peur…).

 
 
 
Dire la vérité
 
Élie Barnavi cite, sans le nommer, un « homme de pensée et d'action, fin connaisseur du monde musulman »  ( pour asséner les horreurs qui vont suivre, il fait parler un anonyme bien évidemment fin connaisseur du monde musulman pour asséner une telle pensée nauséeuse...) qui écrit ceci : « Selon nos projections les plus fiables, si les tendances actuelles persistent, dans les cinquante prochaines années, peut-être moins, la plupart des citoyens d'un certain nombre de pays européens, dont la France, seront musulmans ou du moins originaires d'un pays de culture musulmane ». ( Voilà la fameuse invasion si chère à Le Pen et à Villiers qui comptent de plus en plus de sympathisants dans la communauté juive d’ailleurs. Les envahisseurs sont parmi nous, ils sont arabes, musulmans et fanatiques. Nous pensions coloniser le monde à notre manière mais nous allons devenir des immigrés dans nos propres contrées. Un vrai scoop ! ) Ce fait est ­connu et admis par nombre de démographes ( lesquels ? Voilà une affirmation gratuite et péremptoire ) , et dénoncé par Philippe de Villiers ( là, on a une source….). Mais qu'attend-on pour tenter de préserver l'âme de la France ? ( Préserver l’âme de la France ? Par le nettoyage ethnique ? La stérilisation de masse pour nos citoyens d’origine étrangère ? Qu’est ce que l’on attend pour mettre en œuvre des solutions ? )
 
Quand Nicolas Hulot déclare au Monde, mercredi, « Je supplie les politiques de dire la vérité », concernant les périls écologiques, son interpellation à des effets immédiats à droite comme à gauche. Aussi est-il consternant de constater l'indifférence portée sur l'identité française menacée (obsession identitaire et péril étranger, vieilles rengaines de l’extrême droite). Jean-Pierre Chevènement, qui veut entrer dans la course présidentielle, tiendra-t-il ce langage de vérité ? Ces reculades sur l'immigration, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'ont pas montré de prédispositions à la résistance ( ceux qui luttent contre l’immigration se voient désormais affublés de l’épithète de « résistants », hallucinant raccourci et perversion historique absolue ! ).
 
  
 
Inacceptables
L'inacceptable : à Beit Hanoun (Gaza), dix-huit Palestiniens dont huit enfants et cinq femmes, ont été tués par erreur, mercredi, lors d'un bombardement israélien visant des sites de lancement de roquettes ( l’art de la bavure et l’art de sa justification sont des qualités que l’on reconnaît volontiers aux courageux soldats israéliens). Mais plus inacceptable est la stratégie du Hamas qui, à l'instar du Hezbollah libanais, veut la guerre et utilise femmes et enfants en boucliers humains (les habitants de Beit Hanoun dormaient à l’heure du bombardement... Drôle de bouclier humain mais cette argumentaire bien pratique permet de couvrir n’importe quelle bavure avérée ou à venir. Dans n’importe quel conflit, les civils peuvent être taxés de boucliers humains et les femmes qui manifestaient face à Tsahal avant d’être fauchées par des rafales de mitrailleuses, agissent comme les Sabines face aux Romains. Par contre, les habitants des colonies juives qui entourent le confetti d’état palestinien et qui sont en première ligne pour les tirs de roquettes du Hamas ne seront jamais présentés comme des boucliers humains à la conduite inacceptable. Ils seront victimes des affreux et sanguinaires terroristes arabes. C’est cela la magie de l’écriture et de la communication, en fait de la propagande, retravailler le réel en permanence pour travestir la vérité inlassablement. Cette longue et édifiante tribune, toute suintante de haine raciale et d’islamophobie maladive, est quand même publiée dans le deuxième quotidien français. C’est dire l’évolution des mentalités en quelques années à peine… ) "
 
L’original dans son contexte original : Le bloc-notes d'Ivan Rioufol : Ambigus anti-Bush
 
 
 
 

 
 
 
 
Autres articles du jour de la rubrique « Opinions » :
 
 
 
Le « penseur » en question s’est distingué par une vision très personnelle de l’Islam suscitant la polémique, une de plus pour nourrir le débat certainement et creuser des fossés plus profonds. D’autant que cette charge contre une religion présentée comme violente, archaïque et problématique, venait tout juste après les propos désobligeants du Pape, après les caricatures danoises, après nombre de dérapages verbaux, après les années de plomb consécutives au 11 septembre et la stigmatisation que cela a entraîné. La susceptibilité de la communauté musulmane est un phénomène bien incompréhensible n’est-ce pas ?
 Après tant de coups reçus comment peuvent-ils encore réagir, là est la vraie interrogation. En fait l’article est un plaidoyer pour le philosophe avec toute la panoplie sémantique et orientée des « défenseurs de la liberté » et tout le toutim habituel. Les mêmes qui sont d’un silence éloquent sur d’autres sujets qui mériteraient leur récriminations et indignations comme…l’entrée de l’extrême droite la plus virulente dans le gouvernement israélien, les atrocités commises sur les civils en Irak, au Liban, dans les Territoires occupés ou en Tchéchénie. Sans oublier les prisons secrètes, Guantanamo, l'extrême droite en Pologne, les lois liberticides, etc. Trop occupés sans doute à préparer des soirées et des galas de soutien…
 
«  Une soirée de soutien à Robert Redeker est organisée demain soir à la Maison du Barreau à Paris, sous les auspices de la Licra, avec la participation de Soheib Bencheikh, Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Blandine Kriegel, Claude Lanzmann, Hélène Roudier de Lara, Philippe Val, etc. ».
 
 
 
 
 
Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères, publie une tribune pour demander une inflexion de la politique US dans le putride dossier des Territoires occupés.
« (…) C'est pour les États-Unis le moment ou jamais de faire pression sur Israël pour qu'il accepte la création de cet État palestinien. Il y va simplement de la sécurité durable d'Israël, avec laquelle nous ne transigerons pas. La situation explosive de la région l'exige, tout comme l'impasse dans laquelle s'est mis Tel-Aviv. Les États-Unis retrouveront ainsi le pouvoir de médiation qu'ils ont perdu et dont tout le monde a besoin. Ils feront « bouger les lignes », et retrouveront un espace de crédibilité. (…) ».
 
En tant qu’ancien responsable de la politique étrangère, l’ancien ministre adresse ici ce qui ressemble à une supplique pour que les Néo-conservateurs, responsables de tant de dégâts (au sens propre et figuré) au Moyen-Orient, s’occupent enfin de la question palestinienne. Cette plaie qui suppure depuis plus d’un demi-siècle est à la base du bouillonnement dans la région tout en étant copieusement négligée par les grands ordonnateurs américains. La très grande imbrication des deux cercles néo-conservateurs, ceux de Tel Aviv et du Pentagone, y est sans doute pour quelque chose dans cette cécité permanente. Un appel, c’est bien mais c’est le numéro combien dans la longue liste des vœux pieux ? Bon point pour le Figaro qui œuvre pour la diplomatie française en faisant passer le message (in a bottle ?).
 

 
 
Voilà notre chère « spécialiste des USA » qui hante périodiquement les plateaux de télévision (émission « C’est dans l’air » notamment ) pour nous vendre de l’alliance atlantique à tout va. Du temps de la toute puissance de George Bush, notre consultante se faisait un devoir de nuancer les critiques sur la politique américaine en expliquant que les Européens ne saisissaient pas vraiment toute la complexité et la profondeur du bonhomme et qu’il fallait soutenir l’effort accompli par Bush and Co. Nous étions bien incapables de décrypter les méandres complexes de la Maison Blanche et de ses occupants qui faisaient un pas si mauvais boulot que cela disait l'érudite. La preuve, même nos cousins d’Amérique abreuvés de propagande massive, n’en veulent plus. Qu’à cela ne tienne, Nicole Bacharan nous explique désormais qu’il est plus que jamais temps de s’aligner sur les USA en espérant que l’Empire ne fera pas trop de bêtises. Bref, vous l’avez compris, le produit est le même, la vendeuse a un peu modifié son argumentaire et les clients (nous) sont identiques. Un bel exercice de lobbying.
 
 
« (…) Nous vivons sur une planète trop petite et trop fragile pour que les démocraties se paient le luxe de se diviser entre elles. Il n'y aura pas de protection ni de progrès du droit et de la justice sans un engagement américain que l'on souhaite sage, fort et durable. Pour en convaincre le prochain Congrès et le prochain président américain, il faudra une France et une Europe annonçant clairement leur fidélité aux valeurs communes et aux alliances, et montrant leur détermination à exercer leurs responsabilités. Une France et une Europe qui inventent un nouvel atlantisme, éclairé, équilibré. Le futur n'est pas dans une « hégémonie » américaine, qui relève surtout du fantasme, mais bien dans le partage de tâches et dans un front commun de tous les démocrates.(…) »
 
 
 
 
Les récentes saillies drolatiques sur l’Islam du nouveau Pape et son appel du pied insistant à l’intention des intégristes catholiques donnent une bonne indication de la nouvelle orientation de la multinationale du Christ qui s’oriente sur le segment porteur du « choc des civilisations ». Cette restructuration en profondeur de l’entreprise vacillante provoque quelques grincements de dents notamment dans l’épiscopat français. Pas de soucis à se faire plaide le rédacteur adjoint du journal qui a pris sa plume pour chatouiller l’ouaille dans le bon sens. C’est donc pour mieux respecter la tradition que les messes seront en latin, que les fondamentalistes chrétiens sont les bienvenus et que le Pape se démarque de son prédécesseur polonais. Nous avions déjà une élite quasi seigneuriale pour diriger les serfs que nous sommes devenus, il ne manquait plus qu’un bon retour en arrière de l’Eglise catholique pour parfaire le tableau moyenâgeux….
 
 
 
 
 
Signée par les principaux directeurs d’agences de communication, cette vibrante envolée a pour unique but de militer pour obtenir une déréglementation (« débrider », c’est plus gouleyant en bouche) de la communication politique française qui n’a pas atteint les niveaux hystériques de celle des USA par exemple… Nous ne sommes pas assez inondés par la communication de Nicolas Sarkozy et autres, il faut en faire plus, du matraquage tous azimuts et partout. Pourquoi cette émouvante ode à la pollution publicitaire ? Plus de communication politique sur plus de supports multiplie mécaniquement les budgets publicitaires et donc les bénéfices des « agences de com ». C’est cela le Figaro, un cahier de doléances pour une certaine élite et une tribune ouverte pour tous les groupes « influents ». Chacun vient y vendre son produit, une vraie foire où chacun vient faire son marché et défendre son bout de gras. Le Figaro est une tête de gondole, un supermarché ambulant.
 
 

 
 
 
 
 
Nous voilà dans le registre économique. Ici notre intervenant fustige l’opinion française qui a une mauvaise image de l’entreprise et surtout des délocalisations. Nous en avons une vision fantasmée nous explique le vaillant. Les délocalisations sont des bienfaits et il faut que le discours libéral s’impose dans le débat électoral pour défendre ces vérités saillantes. Supprimer des emplois pour les délocaliser fait du bien aux entreprises qui augmentent leurs marges bénéficiaires en utilisant des esclaves plus dociles, peut-être...mais prétendre que cette manœuvre favorise l’emploi relève d’un sens de la provocation aigu. Les chefs d’entreprises en rêvaient, le Figaro l’a fait. Un bon point décerné par le lobby des multinationales à la publication du marchand d’armes.
 
«  (…) On pourrait multiplier les exemples de ce type, rappeler que la plupart des implantations chinoises d'entreprises françaises ne sont destinées qu'à alimenter l'empire du Milieu, et non à faire revenir en France des produits fabriqués à moindre coût. Et il faudrait sans doute davantage expliquer la logique de ces délocalisations et les effets en termes d'emplois. Car tant qu'on n'arrivera pas à faire comprendre qu'une entreprise qui construit une usine en Chine défend en même temps l'emploi en France, on aura du mal à faire en sorte sinon qu'un discours libéral émerge du débat électoral, du moins que la raison finisse par emporter la majorité. Et pour cela, ce n'est pas du dialogue social qu'il faut développer. C'est du dialogue économique. L'enjeu de la mondialisation en vaut la chandelle. (…)  »
 
 
 
 
 
Le titre est d’une poésie surannée mais l’article s’intéresse à un sujet bassement terrestre, la politique monétaire européenne. Un peu de catastrophisme pour apeurer la populace ( l’explosion en vol de l’Euro ! ), quelques piques bien senties pour dire que les candidats socialistes n’ont rien compris au désastre qui nous pend au nez et qu’une solution s’impose naturellement pour remédier au futur fatras : Nicolas Sarkozy bien sûr… Les petites fourmis travaillent inlassablement au grand œuvre du petit dernier. Braves soldats qui défendent et vertueux journalistes qui informent objectivement.
 
« (…) Tout cela ne signifie pas que le futur chef de l'État sera un président au rabais. D'ores et déjà, le président de l'UMP n'a pas caché son intention de mettre sur le tapis la question de la politique monétaire à travers le sujet des contre-pouvoirs de la BCE. On ne peut d'ailleurs plus exclure que d'ici deux ou trois ans, l'euro vole en éclat, par exemple après un départ fracassant de l'Italie. 
En attendant, il est clair que les marges de manœuvre du futur locataire de l'Élysée seront bien minces. Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était à Bercy, aimait à dire que « la politique, c'est l'art de trouver un passage là où il n'y en a pas ». Face au mur des contraintes, seul dans le champ du possible, le prochain président devra donc être une sorte d'artiste à la fois hyperréaliste et hypervolontariste. Ce qui restreint d'emblée le choix des électeurs. (…) »
 
 

 
 
 
 
On a gardé le meilleur pour la fin....On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Voici le patron lui-même qui publie ses pensées profondes dans son canard boiteux. Il a des choses à dire, le président de la société du Figaro SA, il veut en finir avec la lutte des classes, tout simplement. N’a-t-il pas d’ailleurs déclaré en décembre 2004 sur France Inter et déclamé dans un article du Monde, que les journaux devaient diffuser des « idées saines » parce que notre pays est « en train de crever à cause des idées de gauche ». Voilà sans doute un praticien que la lente agonie de Libération soulage grandement.
 
Le capitaine d’industrie a donc établi le bon diagnostic : il faut assainir la presse pour rééduquer les Français. Il donne d’ailleurs l’exemple en diffusant la bonne parole comme on a pu le constater en parcourant les colonnes de ce quotidien « d’information ». Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur” ! Merci Monsieur Dassault  !
 
 
 
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CC Jung
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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