Subterfuges numériques
En vers et contre tout
Un écran qui a des crampes, une connexion qui limace, des programmes qui rament ? vous êtes sans doute victime d’un virus aussi teigneux que celui d’Ebola, un cheval de Troie galopant à toute allure dans vos fichiers, un vers glouton qui engloutit vos données. Bestiaire chimérique qui peuple la prairie de la grande Toile, nos amis les malveillants, hantent nos cauchemars et nos machines. Le PC du DJ a été scratché.
Et puis soudain, plus rien. Le curseur qui filait comme une flèche décochée, s’est figé. Les lettres trépidantes du clavier qui défilaient dans le désert blanc de la page vertigineuse, ont stoppé leur parade intelligible, la fébrile pensée de signes s’est tue. Le silence obstiné, une fenêtre tristement pétrifiée dans l’instant, l’instant où l’évidence d’une attaque puissante s’est installée. Un virus… Vaillant comme un preux chevalier, Don Quichotte de la manchette, croisé des mots, le DJ sabrait l’actualité d’un stylet effilé, en riant sous cape comme un mousquetaire bavard quand sa monture d’alphabet est soudain restée toute bée, sans même se cabrer. Un vers sans doute, pas celui étoilé du pauvre poète qu’il faut déguster en petites lampées de lumière, ni celui à mâcher des prés qui chatouillent de près les cortèges de nuages, ni celui qui indique la bonne direction à suivre, ni celui qui appâte le poisson soluble dans les belles bulles mais ce poison insidieux que l’on pêche dans les abyssales profondeurs de la nuit numérique, la chrysalide avide qui tisse depuis la Toile, des liens d’anaconda condensés pour mieux étouffer, le vers versatile.

Hébergés comme autant de vipères enlacées
Et puis soudain, un retour à la réalité, froide, technologique, épidémiologique, la contamination du rêve planétaire par autant de parasites éclectiques, de failles profondes du système que certains ont creusé, de corruption de bases de registres sans cadastre mais avec un désastre apparent, de DLL qui n’a rien de bien d’un double féminin, de point Exe sans rapport avec l’acrimonie d’une ancienne relation amoureuse, le pare-feu pour refroidir les ardeurs ennemies qui mijotaient un bûcher des vanités et des données, le scan profond pour scruter les entrailles souffreteuses, les tiroirs sacrés et les secrets du terroir. Bilan du praticien téléchargé, médecin à l’essai pour un mois, plombier délocalisé pour offrir un débouché à la machine grippée : 17 programmes malveillants qui s’étaient installés à domicile, biens au chaud électrique, hébergés comme autant de vipères enlacées et lascives, ventilés par les fenêtres que l’on ouvre pour explorer le monde de l’Internet (par Microsoft), nourris à la fibre optique (excellente pour le transit infernal des connections). Une vraie cinquième colonne dans l’unique pilier qui soutient l’effort de communication numérique du DJ, le P.C, clignotant hébété dans le rouge. Pour le coup, il méritait une vraie chasse aux sorcières.
Ressources du site :

Liens ZDNET, spécial « sécurité » :
Sécurité - Les millions de programmes robots, cachés dans les systèmes des PC, ont largement servi en 2005 à diffuser illégalement des logiciels publicitaires adware. Selon des experts, chaque adware installé peut rapporter à son distributeur jusqu’à 7 centimes d'euros.
Extraits :
"Le robot est un programme malveillant qui s'installe discrètement sur des machines pour en prendre le contrôle à distance. Grâce à des robots, un attaquant peu se constituer rapidement une armée de milliers d'ordinateurs "zombies", qui seront autant de cibles que de relais. "
"En août 2005, la société américaine 180solutions a ainsi porté plainte contre des affiliés en Grande-Bretagne, en Australie, au Canada, au Liban, en Slovénie et en Hollande. Pour augmenter leurs gains (entre 7 et 50 cents par installation), ils auraient utilisé plusieurs réseaux de milliers robots. "
"Autre exemple: en octobre 2005, la police hollandaise a arrêté trois jeunes gens qui avaient pris sous leur contrôle plus de 1,5 million de machines et de serveurs grâce à des robots. Ils sont notamment accusés de diffusion d'adwares."

Galaxie paranoïaque (ZDNET) :
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CC Jung
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