La salive qui fait couler de l'encre
Contrôle génétique…
Le Guardian vient de révéler des chiffres plutôt inquiétants concernant le fichier ADN de la police. Près de 37 % des hommes noirs sont fichés. Un total phénoménal, en complet décalage avec la réalité de la délinquance mais qui traduit une suspicion généralisée vis à vis de cette communauté. Honteux.
C’est une révélation qui pourrait faire saliver bien de nos hommes politiques de la majorité: Un peu moins de la moitié des hommes noirs en Grande Bretagne sont génétiquement fichés. Il ne s’agit pas (pour l’instant…) de dealers barbus et polygames militants d’Al Quaida mais de citoyens ordinaires contrôlés par la police. Ordinaires ? Pas tout à fait puisqu’il s’agit de « blacks ». Les hommes noirs ne représentent pourtant que 2 % de la population mais 37 % d’entre eux ont dû se soumettre au prélèvement d’ADN (un test salivaire). Un chiffre énorme qui contraste avec le reste de la population puisque seulement 9 % des hommes « blancs » ont subi ce prélèvement d’échantillon, les citoyens asiatiques quant à eux, culminent à 13 %. Un flicage génétique de masse puisque d’ici à 2007, « les profils recensés devraient atteindre 4,2 millions de personnes en 2007. »
Ces données « raciales » dénotent clairement d’une stigmatisation féroce d’une communauté par les forces de l’ordre, un racisme ordinaire que ce fichage n’a fait que révéler, de manière indirecte. Comme le pressent le porte-parole de l'Association des officiers de police noirs (Lien article du Monde), ses collègues « ont tendance à considérer tout Noir comme un délinquant en puissance qui doit être fiché en prélevant un échantillon génétique, généralement de la salive ». Noir = délinquant, une équation qui nous est également familière depuis que nous avons basculé du côté obscur. Rien de nouveau pourtant au royaume de la perfide Albion, un rapport paru en 1999 (« rapport MacPhearson ») dénonçait déjà le "racisme institutionnalisé" de la police. Cette dernière révélation peut tout juste servir de preuve chiffrée de ce cancer social que demeure le racisme.

Dérive à la Big Brother
Le relevé d’empreintes génétiques s’inscrit dans l’orientation de la politique sécuritaire des autorités anglaises, un concept basé sur le fichage et le croisement des fichiers informatiques. Une dérive à la Big Brother qui étend chaque jour un peu plus les mailles du filet. Nos voisins insulaires sont déjà les plus vidéo-surveillés de la planète (Lien ressources du site, « le prolétariat nouveau »), les caméras installées permettront même dans quelques temps, de suivre un véhicule roulant quelque soit son itinéraire. Il ne faut pas non plus oublier les nouvelles lois anti-terroristes qui permettent tout et surtout n’importe quoi en matière de gardes à vue, d’écoutes et de recoupements informatiques. Une dernière précision avant de plaindre éventuellement le sort peu enviable de nos cousins insulaires, les lois dites « Sarkozy » qui viennent d’être adoptées, s’inspirent allègrement du modèle anglais…
Liens :
Galerie criminelle de Scotland Yard (têtes de turcs ?)
Ressources du site :
See U
CC JunG
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