Black Black Black

Publié le par cc jung in effect

Les « insurgés » d’Alain F…
 
Les loups sortent enfin du bois de Clichy pour hurler à l’unisson et vomir une haine que l’on pressent âcre et profonde. Profitant de la vague d’indignation, les lobbyistes chevronnés s’engouffrent dans la brèche encore chaude des émeutes pour prêcher tout et n’importe quoi. Où l’on découvre donc le merveilleux Monsieur Finkielkraut, l’incendiaire en chef et la très partiale enquête du « Point ». 
 
La Haine… Non il ne s’agit pas du long-métrage prophétique de Mathieu Kassovitz ni de sa réaction « blogeuse » et encore moins de la réponse démagogique que le Ministre de l’intérieur s’est senti obligé de publier sur le même site perso. L’incontinence médiatique n’a pas de limites, des spams de Nicolas au détournement de Google et passant par l’intrusion dans le dernier pré-carré d’intimité relative qu’est le blog. Big Brother se veut le centre de votre vie. Il est vrai qu’il occupe le vide sidéral laissé par la classe politique, opposition y compris, la grande muette qui se taît parce qu’elle n’a, hélas, rien à redire. Ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent mais le verbe.
 
Non, cette haine là se niche dans la quiétude des salons parisiens, dans les cénacles ouatés de l’intelligentsia parisienne, dans le ronron médiatique qui nous sert la même purée informative et biaisée depuis si longtemps mais surtout dans les méninges apparemment torturées de quelques « faiseurs d’opinion » de bonne compagnie. Les intellectuels auto-proclamés, les phares illuminés de notre société qui disjonctent.
 
 
 
 
Obscurantisme
 
 

Ces brasseurs d’opinion, squatters invétérés

 
Ces brillants éclaireurs de la pensée, ceux qui ne comptent ni leur précieux temps ni leur énergie redoutable pour inonder les plateaux de télévision, les journaux et les studios radios de leur fulgurance supposée qu’ils pimentent de deux ou trois formules bien senties, de deux ou trois indignations choisies et de quelques savantes références historiques et forcément tragiques pour « impacter ». Ces brasseurs d’opinion, squatters invétérés et médiatiques, s’enflamment et s’électrisent à retardement en écoutant le sens du vent. Et le vent qui souffle ces jours-ci a des relents nauséabonds, des remugles de gueule de bois et de pourriture remuée.
 
La faute à qui ? A cette bande de gamins des cités qui ont eu le culot des sans-culottes (siglées quand même), celui de bousculer le consensus mou, cette main moite qui étouffe lentement les énergies et les espérances en enrobant l’inacceptable dans un écrin suave de fatalisme... Le sans-gêne de cette bande de désespérés emmurés aux quatre coins de la France qui a hurlé un mal-être impossible à juguler, maladroitement, avec la violence même de l’exclusion, avec l’énergie juvénile et inconsciente puisée dans leurs frustrations et humiliations quotidiennes. Un manque de savoir-vivre évident. Normal pour des "sauvageons". « On n’est pas sérieux quand on a dix sept ans… » disait un autre rebelle d’époque, Arthur Rimbaud.
 
 

Il faudra boire l’amère potion

 
Ce n’était en effet pas une émeute ordinaire, trop dérangeante avec ses hordes d’adolescents colorés semant chaos et désordre là où l’on aurait presque voulu voir un aiguillon politique (comme en 68), religieux (l’intifada des banlieues, le complot des barbus, Al Quaeda, des absurdités proférées et pleine d’arrières pensées) ou encore un motif mafieux (les bandes de dealers dérangées). Le corps social est bien malade même si les têtes pensantes et pleines refusaient depuis, obstinément, le froid diagnostic établi depuis belle lurette. L’accès de fièvre et de délire qui a secoué la France ne laisse plus d’alternative, il faudra boire l’amère potion noire pour espérer guérir.
 
Premier malade acariâtre, le lobbyiste du choc des civilisation si cher aux néo-conservateurs américains, Monsieur Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain. On a beau chercher dans ses propos la trace d’une quelconque distanciation que lui donnerait son cursus, l’effort est vain. Juste de la haine, à fleur de peau, à tel point que le seul quotidien pour s’en émouvoir, nous vient d’Israël, par la voix du quotidien de gauche, Haaretz. Le journal s’étonnait de la virulence des dires du « philosophe », des propos que le quotidien verrait plutôt sortir de la bouche de… Jean-Marie Lepen !
 
 La veille, l’imprécateur publiait un article similaire dans le Monde (Lien : « Les feux de la haine ») , à peine moins incendiaire, dans l’indifférence coupable d’une presse mise au pas, et ce bien avant les lois d’exception. Une phrase extraite de ce même instant de bravoure en dit long, elle concerne l’émoi suscité par les propos de son maître à penser, Sarkozy. Finkielkraut : « Autre drame à Argenteuil, il parle de "racaille". Que n'a-t-il pas dit ! L'opposition se déchaîne, c'est normal. La presse aussi, ce qui l'est moins ». Belle conception du rôle de la presse de la part d’un écrivain, non ?
 
 
 
 
Chantre de la division du monde
 
Même latitude mentale pour deux figures que l’on supposait diamétralement opposées (Le Pen – Finkielkraut), elles ont désormais les mêmes cibles, les « mauvais » immigrés, noirs et arabes. Il y a des rapprochements idéologiques que peu de gens soupçonnent, des accointances rances autour d’une dynamo active, la haine qui suinte dans tous les propos du « philosophe ». Chantre de la division du monde entre l’Empire du Bien (la civilisation occidentale chapeautée par les USA en y incluant le très vertueux Israël) contre le reste, ceux qui n’adhèrent pas au projet hégémonique, avec une préférence nette pour désigner les Musulmans comme l’incarnation absolue du mal, tel est Alain Finkielkraut.
 
Bagdad et Clichy, même combat sur la grille de lecture partisane de l’écrivain. Les émeutiers sont appelés des… « insurgés », label attribué aux combattants irakiens qui luttent contre les troupes d’occupation US. Reprenant la dialectique du Ministre de la Police (nouvelle inspiration philosophique ?), il nie « une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage ». « Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane (…). Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux ». Toujours tout axer autour de la problématique religieuse pour concocter un amalgame simpliste qui se résume à une comptine idéologique, sémantiquement perverse :  Islam/terrorisme/immigration/musulmans/fanatiques/peur fantasmatique/guerre ethnique.
 
 

Ambush in the night

Ben Laden local,  Dieudonné…
 
 
Il faut lire les extraits de son interview donnée à Haaretz. Tous les clichés, raccourcis et insinuations sont passés en revue, les uns après les autres, comme un best of réécrit des boniments racistes collectés au bar lugubre du coin. De l’équipe de France qu’il juge « aujourd'hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l'Europe », en passant par le «  pogrom antirépublicain : il y a en France des gens qui haïssent la République » sans oublier notre Ben Laden local,  « Le principal porte-parole de cette théologie, c'est Dieudonné, qui est le vrai patron de l'antisémitisme ». Pogrom anti-républicain, antisémitisme, théologie, rien ne manque dans le programme idéologique et surtout pas l’outrance.
 
 
On a presque failli oublier la tentation de Cassandre, celle qui annonce l’apocalypse africain de mèche avec la terreur maghrébine puisque ces innombrables enfants de polygames véhiculent « une haine contre la France  pire encore que celle des Arabes." . C’est dire… Dans la même mouvance de manipulation de l’information et de l’opinion, insidieusement, un décryptage d’une enquête du magazine « Le Point » par le Réseau Voltaire revient sur les pratiques du journalisme qui s’apparentent à du militantisme à peine déguisé.
 
 
Religion « incompatible avec nos valeurs »
Voltaire : « Appelant le lecteur à se positionner face « à ceux qui nous haïssent », il invite dès ses premières lignes à tirer les conséquences des problèmes « sécuritaires » et « civilisationnels » d’une religion « incompatible (…) avec les valeurs, les modes de vie et les systèmes politiques des occidentaux ». (…) « Non content de véhiculer l’idéologie du « choc des civilisations », l’hebdomadaire de Claude Imbert, qui déclarait impunément avoir le droit d’être islamophobe en 2003, s’est en outre consacré à discréditer « les fous d’Allah », pratiquant d’une religion « débile et archaïque » selon les déclarations du même auteur, en veillant notamment à discréditer toutes formes de résistance à l’impérialisme états-unien. ».
 
 
L’extrémisme n’est pas toujours là où l’on imagine ou nous fait imaginer. Il est préférable de le savoir et de le dire. Ce qui vient d’être fait…
 
 
Liens :
La voix "très déviante" d'Alain Finkielkraut au quotidien "Haaretz"
LE MONDE - Sylvain Cypel
             
Les feux de la haine, par André Glucksmann
LE MONDE
 
 
 
Réseau Voltaire : Pièges à la Une…
« Les islamistes et nous » (Le Point)
 
Les propagandistes

par Silvia Cattori
 
 
Extraits :      « C’est pourquoi, il ne faut pas avoir peur de dire que les sketches de l’humoriste Dieudonné, les aphorismes décapants d’un Alain Soral, l’argumentation d’intellectuels comme Tariq Ramadan, la pensée complexe de sociologues comme Edgar Morin, l’information de journalistes intègres comme Charles Enderlin et Alain Ménargues, toutes ces voix que l’on veut faire taire, sont des voix irremplaçables ! Des voix qu’ils convient de protéger vigoureusement, car elles peuvent contribuer à contrebalancer quelque peu le discours partisan d’intellectuels au service d’une idéologie raciste et à rétablir un certain équilibre des points de vues exprimés. (…)
 
« De quel magistère moral peuvent bien se prévaloir les Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner, André Glucksmann, pour décider de ce qui peut être dit et pas dit et, plus grave, ostraciser tous ceux qui refusent de voir le monde à travers leurs lunettes partisanes ? Quelle qualification ont-ils pour s’attribuer le pouvoir de juger et de condamner ? »
 
http://www.voltairenet.org/article127233.html
Réactions ( Nouvel Observateur ) :

"Un 'républicano-communautariste' qui pète les plombs", par Michel Wievorka (EHESS) - 25 novembre

"Une crispation idéologique fébrile", par Patrick Savidan (Paris-IV)

Ressources du site :
 
 
 
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CC JunG
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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H
Décidément, Finkielkraut vieillit de plus en plus mal...
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