Les sirènes

Publié le par cc jung in effect

En vers et contre tout…

 

 

LES SIRENES
 
Saché-je d'où provient, Sirènes, votre ennui
Quand vous vous lamentez, au large, dans la nuit ?
Mer, je suis comme toi, plein de voix machinées
Et mes vaisseaux chantants se nomment les années.
 
 
 
 
Pauvres poètes, travaillons
 
 
 
 
 
LA CHENILLE
 
Le travail mène à la richesse.
Pauvres poètes, travaillons !
La chenille en peinant sans cesse
Devient le riche papillon.
 
 
GUILLAUME APPOLINAIRE  [1880] - [1918]
 
 
 
((((((((((((((((((((((((o)))))))))))))))))))))))
 
 
 
SED NON SATIATA
 
Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d’ébène, enfant des noirs minuits,
 
 
 
enfant des noirs minuits...
 
 
 
Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,
L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.
 
 
 
O démon sans pitié! verse-moi moins de flamme
 
 
 
Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
O démon sans pitié! verse-moi moins de flamme;
Je ne suis pas le Styx pour t’embrasser neuf fois,
 
 
Dans l’enfer de ton lit
 
 
 
 
Hélas! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l’enfer de ton lit devenir Proserpine!
 
 
 

CHARLES BAUDELAIRE (« LES FLEURS DU MAL »)

 
 
See U
 
CC Jung Art
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Ca c'est vraiment génial... j'adore... Baudelaire est le Prince des poètes... et je lui ai d'ailleurs, en son temps, dédié quelques rimes... bisous...<br /> <br /> <br /> Adriana
Répondre
H
Merci de me faire relire Baudelaire et Appolinaire (tiens, 2 "aire"...) avant d'aller dormir !
Répondre