Les fous du dieu... Argent

Publié le par cc jung in effect

« Si nous nous révélons incapables de parvenir à une cohabitation et à des accords honnêtes avec les arabes, alors nous n’aurons strictement rien appris pendant nos deux mille années de souffrances et mériterons tout ce qui nous arrivera. » (Albert Einstein, lettre à Weismann, le 25 novembre 1929). C’était un individu stupide, on le sait tous…
 
 
Lorsque la bêtise a les moyens de ses ambitions, elle peut faire des dégâts considérables. Voici donc le monde remodelé à la sauce des cyniques néo-conservateurs qui actionnent la marionnette Bush en coulisses en lui vendant du destin messianique par ici et des puits de pétrole gourmands par là. Merveilleux spectacle qui nous conduit au bord du gouffre. Et dire que le monde entier se réjouissait allègrement de la chute du mur de Berlin, personne n’avait sans doute réalisé combien les deux super-puissances qui se regardaient en chiens de faïence, assuraient un équilibre nécessaire pour le bien de tous en se neutralisant. Les deux ogres qui se livraient une féroce compétition idéologique, politique et militaire permettaient finalement aux autres de prospérer dans l’ombre menaçante d’une guerre nucléaire. Sacré paradoxe. Hélas, la chute du bloc communiste entraîna celle de l’empire russe, emporté dans la tourmente d’un monde en pleine mutation, épuisé qu’il était par une course aux armements poussée jusqu’à l’absurde par les stratèges adverses sûrs de leur plan et de la profondeur du coffre-fort. L’économie de marché venait de triompher et Bush père pouvait gloser sur l’avènement d’un nouvel ordre mondial sans faire tiquer une seconde une planète Terre qui s’imaginait globale, qui rêvait de devenir un grand village et tout le toutim…
 
Hélas, la belle histoire hollywoodienne du triomphe de l’american way of life a très vite montré son vrai visage, celui d’un capitalisme sauvage et débridé que l’on a nommé la « mondialisation ». Rien d’autre en fait qu’une ultra-spécialisation de l’économie et des ressources qui a très vite transformé le monde en un immense atelier où les forces de travail se sont retrouvées en concurrence directe pour le bonheur des marges bénéficiaires des multinationales, les vrais maîtres du jeu planétaire. Les authentiques financiers du barnum médiatique et de la corruption légalisée qu’est devenue la politique américaine se sont labellisés, devenant des « contributeurs de campagne », faisant et défaisant les marionnettes qu’ils choisissent au gré de leurs intérêts immédiats ou à plus long terme.
 
Avec le fils Bush aux manettes, élu une première fois grâce à une entourloupe électorale (idem pour le second mandat), les financiers de l’ombre ont décidé de mettre le paquet pour emporter la mise en choisissant le plus docile et médiocre acteur à s’être assis derrière le Bureau ovale. On attendait une Amérique triomphante et visionnaire, on a eu un épisode de « shérif fais-moi peur » animé par un comédien minable, illettré et comme dépassé par la fable qu’il était censé incarner. Mal élu, mal à l’aise et maladroit, Bush junior s’est laissé emberlificoter par un groupuscule hétéroclite qui mélange des Néos-conservateurs de la droite religieuse (Pearl, Wolfowitz, Rumsfeld) et des affairistes notoires (Dick Cheney et compagnie…Halliburton). Terrible cocktail pour l’ancien alcoolique amateur de coke…
 
 

Empire du Bien

 
 
La fin du monde, condition nécessaire au retour du Christ ressuscité 
 
Les premiers, proches des intégristes évangéliques mais sans jamais oublier leurs intérêts particuliers, se sont grisés de la toute puissance d’un géant unique à un moment de l’histoire où rien ne pouvait plus contrecarrer leur insatiable désir de prédation et leur délire messianique. Dieu avait choisi l’Amérique et elle devait aller au bout de sa mission, lutter contre le mal mis en scène le 11 septembre avec beaucoup d’intelligence, aider Israël à accomplir son destin biblique (l’Armageddon, la fin du monde, condition nécessaire au retour du Christ ressuscité !) et tout un fatras ahurissant digne de la pire des sectes. Autant de bondieuseries qui n’empêchent pas les affaires et les servent au contraire. Dick Cheney et le complexe militaro-industriel ont gardé à l’esprit le chemin le plus court qui mène aux bénéfices, il suffit de suivre les pipe-lines et de se servir directement au robinet… La suite, on la connaît, on la vit tous les jours.
 
C’est L’Irak, premier pays pétrolier sur la liste des courses que l’on a envahit pour détruire les armes de destruction massive, pardon, pour chasser un dictateur sanguinaire mis au pouvoir par la Cia, euh…plutôt pour combattre le terrorisme, en fait pour imposer une « démocratisation forcée ». Autant de mensonges et de propagande assénés sur l’air d’Al Quaeda, une invention des services secrets pakistanais sur commande de la…CIA. Le serpent se mord la queue et est en train de presser la terre comme une orange qui suinterait de l’or noir et du sang, celui des Irakiens plongés dans un chaos indescriptible (liens).
 
C’est en ce moment-même le Liban qui sert de galop d’essai régional au bras séculier de l’Oncle Tom, Israël (liens). Les deux parties sont tellement imbriquées l’une dans l’autre, à tous les niveaux décisionnels et parfois « spirituels » que l’on en arrive bien souvent à se demander qui décide quoi pour qui. Comme le disent bien des férus de stratégie géopolitique, la plus ancienne base américaine au Moyen-Orient est l’état hébreux, même si cette constatation dérangeante est généralement accueillie avec les cris d’orfraie habituels. Quels sont encore les deux empêcheurs de dévorer à la ronde cette région instable mais tellement riche ? La Syrie et l’Iran. Qui est sur la sellette depuis des années, qui est mis en avant avec application par la propagande ? Les mêmes. Les enturbannés sont des fous de Dieu (ce qu’il leur reste comme illusion) tandis que les évangélistes déjantés sont des fous du Dieu, le leur, le bon. En plein délire… Nous voilà revenus à la Saint-Barthélemy en 1572, les F16 et le nucléaire en plus…
 
 

Dieu nous guide...

 
 
Israël combat l’équivalent d’Al Quaeda local pour se défendre et nous défendre nous, les civilisés…
 
 
Les recettes utilisées par la machinerie mensongère demeurent identiques à la campagne précédente et le glissement sémantique entre le Hezbollah et la divine surprise rhétorique d’Al Quaeda devrait se faire sous peu. Arabes, chiite, sunnite, milice, Iran, Syrie, guérilla, Israël, terrorisme, tous ces mots vont bientôt se mélanger dans la tête des 99 % de gens qui effleurent le problème pour accoucher de la sentence voulue : Israël combat l’équivalent d’Al Quaeda local pour se défendre et nous défendre nous in fine, les civilisés. Guettez les éditos ou tard qui vont fleurir sous peu, cette analyse biaisée va bientôt éclore en oubliant les bombardements aveugles sur des Libanais à peine sortis du cauchemar de la guerre civile, en oubliant le pourquoi du comment, la tragédie palestinienne qui dure, dure et perdure et la disproportion de la « riposte » de l’état hébreux, l’empereur local.
 
Inutile de rappeler que les Libanais ont élu démocratiquement des dirigeants du Hezbollah qui ont réussi à repousser l’envahissant voisin hébreux. Ni pire ni meilleur que Le Pen au second tour, le Hezbollah au gouvernement. La démocratie à la mode de l’Empire du bien se résume à ne pas se tromper de candidat. Il faut élire le pantin utile, peu importe si ce dernier est sanguinaire, cupide et corrompu. L’important c’est qu’il obéisse non pas à la volonté du peuple mais aux exigences de l’Empereur et du caïd local dans la sous-région, Israël. Sinon… Inutile donc de rappeler que le Hezbollah est né de l’occupation israélienne au Liban (au sud) qui a duré 22 années tout comme le Hamas est un mouvement de résistance contre l’occupation des Territoires palestiniens.
 
Inutile de rappeler la chronologie des faits, l’opération « pluie d’été », le rapt du gouvernement du Hamas démocratiquement élu pour répondre au rapt d’un soldat de Tsahal. Les média oublient sciemment le déroulé de l’histoire pour ne retenir que la partie utile du film nécessaire à la propagande active : l’attaque du Hezbollah libanais qui a répondu au silence époustouflant de la communauté internationale devant le déluge de feu dans les Territoires occupés. Inutile de se répandre plus, lutter contre une formidable machine de guerre et sa non moins expérimentée usine propagandiste n’est pas une sinécure. Le Hezbollah est donc devenu un agresseur aux mœurs inqualifiables... Israël en fait, ne fait que de se défendre. On zappe plus de 50 ans d'histoire mais c'est pour la bonne cause. Les bobines ne sont pas dans le bon ordre, on a oublié le début. On aura au moins essayé de dire combien nous ne sommes pas dupes de l’énième supercherie grotesque et sanglante que nos dirigeants font semblant de gober, entre gens biens… Et pendant ce temps-là, la Corée du Nord...
 

 
 
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See U
 
 
CC Jung
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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