L'Empire a bien du mal
USA : L’Empire a bien des soucis
Le gouvernement américain vient de faire savoir qu’il dispose d’une liste de 325 000 noms de suspects de terrorisme international. Outre le chiffre faramineux des futurs vacanciers à Guantanamo, cette liste est surtout l’aveu indirect d’un échec, celui de l’Empire du Bien noyé dans un parfum nauséeux de scandales à répétition. Chaque affaire grossit les rangs de la contestation et de la critique. L’Empire va-t-il pouvoir ficher la planète entière ?
Les jours se suivent et se ressemblent à la Maison Blanche… Pas un jour en effet sans un scandale nouveau à ajouter à la batterie de casseroles que traînent Bush et ses complices, une véritable quincaillerie. A propos de caille et de railleries justement, le dernier exploit de chasse de Dick Cheney qui fait du ball-trap sur ses copains millionnaires et chasseurs n’en finit plus d’alimenter les rédactions sans doute épuisées par tant de révélations en série. Le vice-président des Etats Unis, l’actionnaire d’Halliburton, ne devrait pas prendre exemple sur sa soldatesque en Irak qui « flingue à tout va » tout ce qui bouge… Eux ont le droit d’occuper leurs longues journées mésopotamiennes et la chair à canon fournie est garantie dans le « paquetage-type » du GI’s en goguette pétrolière. Il faut bien occuper les jeunes.

Une habitude de conspirateur et une seconde nature chez les hommes de l’ombre
Un accident regrettable qui fait le bonheur des commentateurs : « "Bonne nouvelle, mesdames et messieurs, nous avons finalement localisé des armes de destruction massive: il s'agit de Dick Cheney", s'est ainsi amusé David Letterman dans son émission diffusée sur la chaîne CBS » indique une dépêche de l’Associated Press (Lien). L’incident est monté en épingle pour la simple et bonne raison que M.Cheney a tenté de camoufler son fait d’armes bien piteux, une habitude de conspirateur et une seconde nature chez les hommes de l’ombre. Manque de pot donc, il s’est fait piquer et le pot aux roses a été découvert.
Cette affaire rejoint la cohorte, la légion même, des scandales en cours. A peine l’ombre du « NSAgate » écartée provisoirement par le coucou enturbanné et barbu, que de nouvelles photos démontrent le sens un peu particulier de la fête des soudards de l’Empire. Tortures, humiliations, sévices constituent des divertissements pleins d’entrain pour les soldats libérateurs dans les prisons irakiennes (Lien). Les pauvres bougres que l’on a prétendument « délivré » du sanguinaire Saddam ont l’insigne honneur de passer entre les mains expertes de bourreaux un peu plus « civilisés » puisqu’ils s’échangent techniques et astuces en format numérique et ce, via les blogs et les forums. Les Anglais, en parfaits suiveurs, n’ont pas voulu déroger à la règle en cours en se défoulant sur de pauvres gamins irakiens qui ont sans doute eu le tort de croiser la patrouille des soldats de la Coalition de l’Empire du Bien (Lien).

Prétexte à ses invasions barbares et intéressées
Dans un même temps, le New York Times nous apprenait que la victoire électorale du Hamas, (selon un processus démocratique tant vanté par l’administration Bush comme prétexte à ses invasions barbares et intéressées), dérangeait les néos-conservateurs américains, souvent très proches des intérêts israéliens. « Il s'agit, écrit le journal, de placer le Hamas devant l'alternative suivante: soit reconnaître le droit à l'existence d'Israël, déposer les armes et accepter les accords passés entre Palestiniens et Israéliens, soit voir l'Autorité palestinienne privée de contacts et d'aides internationaux. » (Lien Yahoo-AFP ). La carotte et le bâton selon une doctrine théorisée depuis longtemps par le bon vieil Oncle Sam. En bon français, ce procédé a un nom, le chantage.
Last but not least, l’Empire vient de communiquer sa liste des courses pour enrichir le poulailler cubain de Guantanamo comme le révèle le Washington Post, le porte-voix des amis de Bush, sans doute pour effrayer les opposants à la funeste fête irakienne. Cette base de données traitée au Centre national de lutte contre le terrorisme (National Counterterrorism Center, NCTC) comporte le chiffre hallucinant de 325 000 noms de « terroristes supposés » (Lien). De quoi garantir une fréquentation assidue des vacanciers orange pour le douillet et confortable nid cubain.
L’étonnement pourrait également venir du « petit » nombre de personnes répertoriées sachant que l’administration Bush considère comme ennemis et donc « terroristes potentiels » toute personne en désaccord avec leurs fétides méthodes, c’est à dire, les journalistes indépendants, les militants alter-mondialistes, les écologistes, les défenseurs des droits de l’homme et tout le reste selon la fameuse formule du « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Ce listage sans fin promet de belles confusions, des homonymies aux fautes de frappes en passant par les erreurs de transcriptions d’une langue à l’autre puisque les suspects sont répertoriés dans le monde entier selon des informations transmises par les services étrangers « amis », trop heureux de se débarrasser des gêneurs en leur collant une étiquette islamiste et terroriste.

L’avion qui s’est écrasé sur le World Trade Center
Une lettre de trop, une faute de frappe ou un nom un peu trop usuel et c’est l’enlèvement garanti par la dépanneuse de la CIA puis c’est l’escalade ou plutôt, l’escale dans un pays européen complice, un voyage en soute pour le salami islamiste ficelé (« présumé terroriste ») avant d’atterrir dans les sordides prisons dérobées en Albanie ou autres (cela aurait pu être pire me direz-vous, comme être incarcéré en…France). Ultime périple pour ce tour du monde de la torture organisée, Cuba, où après des mois de torture orange par un agent, vous avouerez avoir pris les commandes, personnellement, de l’avion qui s’est écrasé sur le World Trade Center tout en coordonnant les attentats en Irak, au Liban et au Pakistan. Quelques sollicitations électriques et quelques coups de triques en bonus, vous serez prêts à jurer avoir tiré sur Reagan et le Pape sans oublier Kennedy, preuves évidentes de votre implication de longue date dans le mirage d’Al Quaida, preuves concluantes également des victoires impérieuses et décisives de la lutte anti-terroriste, d’où la nécessité de pratiquer la torture pour combattre les barbares qui se rebellent contre un système de liberté, de justice et de démocratie.
Liens :
Huit avions qui auraient été utilisés par la CIA se sont posés aux Pays-Bas depuis 2001, selon un quotidien (Associated Press)
Guantanamo: les Etats-Unis doivent traduire tous les détenus en justice ou les libérer, selon un rapport de l'ONU (Associated Press)
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CC Jung
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