Prison numérique
A un moindre échelon…
Vous n’êtes pas sans savoir que les connections Internet sont légalement sous haute-surveillance, aussi bien par les autorités locales que par la grande machinerie paranoïaque de l’Empire du Bien. Des logiciels « malveillants » participent également à l’espionnage de masse. Raison de plus pour saluer l’initiative d’une coalition « antispywares ».
Il est fort possible et même probable que nombre de lecteurs d’Omegalpha s’adonnent à des passions numériques défendues qui vont du Peer to Peer (les shadocks du MP3 et du Divx) au téléchargement de pornographie sérielle (détrompez-vous chers lecteurs, ce « vice » est aussi partagé par les lectrices qui représentent désormais 40% des visites de sites classés X) sans oublier l’acquisition de logiciels crackés. Un exercice de haute-voltige pour votre P.C qui risque de tomber dans le panneau des petits génies malfaisants. De nombreux sites hébergent en effet des petits programmes que vous téléchargez à votre insu et qui s’installent confortablement dans votre disque dur pour remixer ses fonctions.
« Ces logiciels espions s'installent sur les ordinateurs (principalement ceux qui sont équipés de Windows) à l'insu de leurs utilisateurs, pour perturber la navigation sur le Web, afficher des publicités ou transmettre à un serveur distant des données confidentielles dérobées » nous apprend un article du Figaro consacré à la naissance d’une coalition contre les malveillants programmes (Lien). Non content de pirater tout votre système et de l’utiliser comme une base arrière pour ses basses manœuvres, le logiciel espion est, une fois dans les lieux, difficile à déloger même si sa présence est détectable. « L'ordinateur peut réagir de plusieurs façons : il ralentit, la connexion à Internet devient poussive, des publicités apparaissent subitement, des pages Web affichent un contenu imprévu, etc. Le logiciel transmet alors des informations privées à un serveur distant. Pour tout arranger, il est impossible à désinstaller, à moins d'être un expert.» explique le même article.

La manipulation à distance des PC
Pour peu que soyez encore un indécrottable adepte de la navigation sous Internet Explorer malgré les milliers de failles critiques, la possibilité d’être irrémédiablement infecté est grande. Une fois sous contrôle, votre machine peut s’avérer fort utile pour les flibustiers de la bande passante. « Plus de 60% des messages non sollicités proviennent d'ordinateurs zombies. Idem pour l'arnaque baptisée «phishing» : le pirate repère sur Internet les ordinateurs infectés par un virus comme gaobot, qui lui permet de s'y introduire, et envoie des quantités de courriers en usurpant l'adresse Internet de ses victimes » nous explique un article du même quotidien sur la manipulation à distance des PC (Lien).
Comme une foire aux bestiaux numériques, il existe un véritable marché aux PC « zombies ». « Le phénomène a pris une telle ampleur qu'il s'est créé un véritable marché du zombi que fréquentent pirates, terroristes et grand banditisme. Chacun peut louer ou vendre des réseaux entiers d'ordinateurs zombis. L'été dernier, Scotland Yard a arrêté une bande qui louait des réseaux de 10 000 à 30 000 ordinateurs infectés et prêts à être utilisés ». Il était donc grand temps que des pointures comme Google et Sun système décident de réagir pour contrer une « zombification » massive du réseau. Heureuse initiative qui ne doit pas nous faire oublier que l’espionnage des données a été très officiellement légalisé par les « Lois Sarkozy » et qu’il est utilisé par les administrations et les organismes étatiques de sécurité. Les Big Brothers Awards (voir Lien et palmarès) épinglent d’ailleurs régulièrement les politiques pour leur propension toujours plus grande à l’espionnage systématique. Il est donc également temps de créer une nouvelle coalition pour lutter contre ce fléau qui se pare de la plus belle des couvertures, la lutte contre le terrorisme. Un classique désormais…
Liens :
Votre ordinateur est-il manipulé ? (Figaro)
« Les 6èmes Big Brother Awards ont été décernés en France le 3 février 2006. Comme d'habitude, aucun des Big Brother "récompensés" n'est venu chercher son prix - ils y avaient pourtant dûment été :
Jean-Michel Charpin, Directeur de l'Insee, prix Orwell Etat, élus
La vidéosurveillance des salariés de Lidl, prix Orwell entreprises
Commissaire Michel Pagès (Aude), prix Orwell Localités
Le Principal du collège Joliot-Curie de Carqueiranne, mention spéciale biométrie
Le député Jacques-Alain Benisti pour sa "prévention" de la délinquance, ex-aequo avec l'INSERM et ses "troubles de conduite de l'enfant", prix Orwell Novlang
Nicolas Sarkozy, prix Orwell pour l'ensemble de son oeuvre
Le collectif national unitaire de résistance à la délation, prix Voltaire 2005 »
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Ressources du site :
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