USA : le ministère de la défiance...
USA : le hold-up parfait de la sécurité
La Maison-Blanche vient de dévoiler les grandes lignes de son budget prévisionnel pour 2007, un budget qui fait, encore une fois, la part belle à la Défense en sabrant les subventions allouées aux plus pauvres. L’Amérique n’a pas besoin d’aider les plus déshérités, elle a besoin de satisfaire l’avidité sans fin de la mafia militaro-industrielle qui dirige réellement le pays. Le coup d’état du 11 septembre s’avère finalement fructueux.
« L'idée lui vint que la vraie caractéristique de la vie moderne était, non pas sa cruauté, son insécurité, mais simplement son aspect nu, terne, soumis. »
« La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l'objet de la guerre n'est pas de faire ou d'empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société ».
Extraits de « 1984 » de George Orwell
"Le budget du président pour 2007 continue de s'impliquer pour mener et gagner la guerre contre le terrorisme, protéger le territoire national, et faire progresser la cause de la liberté à travers le monde", souligne le texte dès les premières lignes. » nous indique la dépêche AFP, sans que le moindre soupçon d’ironie ne transparaisse dans la formulation (Lien). Le ton est donné : de la propagande pure, sans complexe, énorme et ubuesque, insultante et indécente. Il s’agit, en réduisant la part de l’éducation, des retraites et de soins pour les pauvres (Medicare, un embryon de Sécu), de « mener et gagner la guerre contre le terrorisme », de « protéger le territoire national et de faire progresser la liberté dans le monde » ?
Le cynisme absolu du discours fait froid dans le dos. Mener la guerre contre le terrorisme, le fond de commerce idéologique et totalitaire de nos démocraties perdues a de beaux jours devant lui. La mise en scène est bien rôdée, l’affreux enturbanné apparaît au théâtre de guignol au moment des décisions importantes (reconduction du Patriot Act, scandale NSA Gate et vote du budget) et le tour est joué. La recette de cette parodie décisionnelle ne l’est pas moins…On crée de toutes pièces un ennemi, que l’on arme, que l’on démantèle, que l’on infiltre, que l’on initie selon les besoins cosmétiques du moment, selon les appétits industriels à satisfaire, selon les lois à faire passer, selon le plan sans doute soigneusement élaboré qui vise à transmuter nos démocraties du doute en certitude de la dictature de la peur.

La vraie insécurité, celle du marché du travail et celle du cannibalisme du capitalisme
L’ennemi est impalpable, flou et incertain, il n’a pas d’existence, pas d’état-major, juste quelques coups d’éclats pour enrichir le mythe mensonger et autant de raisons de renforcer le château-fort, en enfermant les inquiets dans une prison de la peur dont ils ne devinent même pas les barreaux. Magnifique trouvaille technocratique qui synthétise nos faiblesses, réduit nos défenses immunitaires et citoyennes en nous inoculant le virus corrupteur de la déstabilisation d’état enrichie d’une propagande éclatante comme autant d’avions télégéniques et de bombes simultanées. L’exponentiel budget de la Défense américaine est le symbole même d’un hold-up réussi. Quelques avions plus loin et quelques bombes disséminées dans le soi-disant confort de nos sociétés suffisent désormais à nous faire avaler tout et n’importe quoi. Les impôts servent désormais à créer de nouvelles milices qui nous surveillerons d’un peu plus près, écouterons nos conversations (lois Sarkozy, « NSA gate ») et tout le cirque bio-métrique à venir (le tatouage numérique pour les animaux familiers que nous sommes devenus) .
La sécurité est devenue un programme faisant oublier la vraie insécurité, celle du marché du travail et celle du cannibalisme du capitalisme. Les populations comme les états plus faibles sont découpés au chalumeau de la haine ethnique, de l’ignorance et de la calomnie respective, comme un gigantesque puzzle qui disperse les aspirations communes à une meilleure gouvernance de notre monde, comme une rêve éclaté que nous nourrissons tous, celui d’une paix et d’une égalité, découpé par les froids bistouris des théoriciens du chaos planétaire.

Les bienfaits de la colonisation à l’ère de la communication
Alors que le monde semble en proie à une fièvre de destruction et d’antagonisme irréconciliable, les Bourses triomphantes et les plus grandes entreprises engrangent des bénéfices records, signe que la destruction organisée est profitable aux fauteurs de troubles qui tirent les ficelles. Le vol des ressources énergétiques de la terre, le précieux trésor de la rareté à venir, est accompli sous nos yeux, par des pilleurs en uniformes qui brandissent des absurdités innommables de « guerre préventive », de « démocratisation forcée » pour tenter de donner un apparat de pacotille à leur rapine intéressée. L’Irak a été littéralement saccagée et dépecée par les soudards de la coalition, l’Iran est désormais au programme au vu de l’hallucinante propagande que les journalistes égrènent comme autant de chargés de communication, au vu de la litanie des mensonges distillés, des omissions d’information et des raccourcis tendancieux.
L’Occident cautionne la mascarade, complice, bénéficiaire, reproduisant le schéma, dénié aujourd’hui, de la colonisation prédatrice. Les bienfaits de la colonisation à l’ère de la communication, cela donne un budget hallucinant de la Défense (le ministère de la propagande, des multinationales, du fascisme soft mais réel, et du Nouvel Ordre mondial) et deux ou trois lignes qui valent toutes les révélations du monde. "Le budget du président pour 2007 continue de s'impliquer pour mener et gagner la guerre contre le terrorisme, protéger le territoire national, et faire progresser la cause de la liberté à travers le monde". Le piège diabolique s’est refermé.
Liens :
Le Pentagone prépare une « longue » guerre (au portefeuille…) (Figaro)
Extraits : « La revue de défense quadriennale (QDR) dévoilée hieraccompagne la présentation du budget militaire pour 2007 : 439,3 milliards de dollars de frais de fonctionnement, auxquels s'ajoutent 120 milliards pour les opérations en Irak et en Afghanistan (sur 2006-2007). Au total, le coût des «premières batailles» de la longue guerre atteindra 440 milliards de dollars l'an prochain.»
« Pour répondre aux menaces conventionnelles, potentiellement posées par des puissances comme la Chine, les coûteux programmes du chasseur F/A- 22 et du destroyer DDX sont maintenus pratiquement intacts. L'US Navy va aussi doubler le rythme d'acquisition de sous-marins d'attaque, passant à deux par an d'ici à 2012. »
Tribunes et décryptages - 2 février 2006
Ben Laden est revenu, pas l’esprit critique. (Voltaire) (Voltaire)
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