Dans les sombres coulisses de l'Empire (1)
Au moment même où les regards se braquent sur les dernières incongruités politiques et bancaires de l’Hexagone tout en se demandant ce que la « France d’après » peut encore réserver comme autres pitreries après les guignolesques épisodes précédents (Libye, Bruni, Bling-bling circus, etc), au moment où chacun se rend compte que les inégalités sociales s’accentuent inexorablement tandis que l’Etat se préoccupe en priorité d’assurer un bouclier fiscal pour …les plus riches, dans ce temps incertain où notre gouvernement se penche sur la dépénalisation des affaires touchant les patrons indélicats tandis que le code du travail est passé à la déchiqueteuse et que les lois deviennent de plus en plus répressives pour le citoyen lambda, il convient de jeter un œil…de l’autre côté de l’Atlantique. Bien évidement parce que notre génial guide suprême est considéré comme un atlantiste acharné et qu’il se démène pour ravir la couronne du vassal le plus servile des USA depuis le départ de l’ami frétillant Blair, mais surtout parce que cette Amérique qui fascine le petit prodige lui sert de modèle et de marque déposée pour entreprendre son tonitruant projet de « reformatage » (dixit) de cette vieille terre d’histoire, la France. Scruter les Etats Unis qui brillent comme un miroir aux alouettes sur les Ray-Ban de notre Aldo Maccione national, c’est faire un peu de prospective en temps réel, c’est traverser le miroir des apparences clinquantes et comprendre le projet sociétal qui se dissimule derrière la puissante communication impériale et ses innombrables diversions.
Ces prédateurs de l’ombre
Rien de mieux que de s’inventer un ennemi commun et pratique

Comme annoncé par le bonimenteur suprême, notre pays est en train de combler son retard sur le reste du monde occidental et les USA en particulier en mettant les bouchées doubles. La preuve ? Elle est dans l’actualité immédiate avec l’affaire de la Société Générale qui succède au scandale EADS jeté depuis aux oubliettes médiatiques (Lagardère oblige…) tout comme le pays de Bush est régulièrement secoué par des tempêtes économiques de ce type (Enron, Worldcom) du fait d’un ultralibéralisme sans garde-fous. Aux mêmes causes, les mêmes conséquences : au nom d’un capitalisme sauvage qui est censé se réguler magiquement ou presque, tout est permis et surtout le pire. Dernière péripétie en date, la grave crise des « subprimes » (lien Voltaire), ultime invention loufoque de nos prédateurs en col blanc qui ont spéculé sur la… « pauvreté » sans que l’absurdité immanente au concept ne saute aux yeux de chacun (liens le Monde – Figaro, section Guns & Dope). Comme toujours lorsque ces acrobates absurdes et grassouillets se cassent la figure, ce sont les mêmes couches précaires qui payent les pots cassés tandis que les institutions financières se goinfrent des restes de l’agape surfacturée et de l’ingénieuse pirouette spéculative (liens sur le PDG de Goldman Sachs, De Defensa sur les saisies). Les équarisseurs veillent, les couteaux s’affûtent et les plus faibles se font dépecer. On vend du rêve à crédit mais ce sont toujours les pauvres qui payent cash ces tuyauteries capitalistes mal ficelées qui finissent par les étrangler. Il faut dire que l’avidité de ces monstres froids (multinationales, fonds de pension, fonds d’investissement, fonds souverains) ne connaît aucune limite. « Leur puissance de feu financière est phénoménale, elle dépasse les 1 100 milliards d’euros - Déjà, un salarié américain sur quatre – et près d’un salarié français sur douze – travaille pour ces mastodontes » nous renseigne le Monde Diplomatique dans un article justement intitulé « Voracité » (lien).
Ces prédateurs de l’ombre
Pas besoin d’insister sur le fait que ces colosses ont déjà grignoté depuis longtemps les fondations même de la « plus grande démocratie » du monde telles des taupes méthodiques. Contributeurs de campagne, sponsors et conseillers occultes des marionnettes qui font office de candidats, ces prédateurs de l’ombre, en régisseurs attentionnés, tirent les ficelles du gigantesque cirque que constitue la politique au pays de George Bush. Voilà une donnée essentielle pour juger les improbables nouvelles qui nous arrive parfois de la maison-mère sachant que le mélange des genres en est déjà au stade du frémissement chez nous (Bolloré jet, les complaisants organes de presse de Lagardère, la télé UMP de Bouyghes). Comment comprendre en effet les vagues de tueries et autres fusillades qui ensanglantent l’actualité américaine avec la régularité d’une métronome ou plutôt d’une faux funèbre ? Six lycéens blessés à Las Vegas, tuerie dans un centre commercial à Omaha, quatre morts au Colorado rien que pour cette fin d’année (voir liens divers). Le rêve américain a décidément une odeur de poudre et de carnage, ce ne sont pas les Indiens qui nous contrediront… Et pourtant, rien ne se passe en réaction, « malgré les fusillades, l’Amérique ne désarme pas » comme le titre le Figaro (lien). La même patrie bâtie autour du mythe frelaté du Colt est pourtant capable d’exclure un bambin…coupable d’avoir dessiné un pistolet à l'école primaire (Dennis Township, New Jersey).
Quelle logique dans tout ceci ? Aucune si ce n’est celle de l’un de ces innombrables lobbies, ces groupes de pression qu’il faut choyer parce qu’ils représentent tant d’électeurs potentiels. Du communautarisme qui segmente et hache la nation comme autant de parts de marché plus faciles à…démarcher. C’est très exactement le sens de la politique engagée par…notre mirifique Président, diviser pour mieux régner. Il s’agit dans ce cas précis aux States, de la puissante association NRA (lien Wiki) qui revendique 4 millions de membres et donc autant de soutiens intéressés dans le monde politique. Quatre millions d’électeurs potentiels face à quelques dizaines de morts par balles, le match s’annonce complètement déséquilibré. Tout le baratin sur la constitution (Bill of Rights) et l’ADN-type de l’américain qui comporterait une séquence avec barillet et culasse est un leurre et une imposture à la sauce western « Made in Hollywood ». Il s’agit plus sûrement d’un clientélisme électoral pur et dur et tant pis pour cette Amérique transformée en gigantesque pétaudière et à la merci du premier cinglé venu ou d’un adepte des nouvelles drogues synthétiques surpuissantes disponibles au coin de la rue.
Marche ou crève…
Premier consommateur de drogues au monde en dépit des faramineux budgets alloués à la DEA (Drug Enforcement Administration, organisme de lutte contre la drogue), le citoyen américain bénéficie parfois de largesses étonnantes puisque ses propres services secrets se chargent épisodiquement de convoyer les marchandises illicites ou même d’éradiquer les cartels concurrents pour disposer de cet argent sale mais utile aux opérations clandestines comme l’a démontré Michael Ruppert (ancien de la DEA) ou évoqué Andreas Von Bülow, ancien ministre et parlementaire allemand (lien Voltaire). Voilà sans doute une donnée qui explique la lutte très ciblée des USA contre les narco-trafiquants et autres cartels « hostiles » (Colombie, Afghanistan, Mexique), l’implantation étrange des filiales d’Halliburon (entreprise ô combien proche du Pentagone) dans le monde et les étonnantes cargaisons que l’on découvre lorsqu’un avion des compagnies factices de la CIA s’écrase malencontreusement (lien Agoravox). A la place des islamistes terroristes ficelés comme des salamis que l’on convoie généralement dans ce type de charters furtifs de la honte, quatre tonnes de cocaïne en ballots attendaient sagement pour enneiger ce cauchemar climatisé si cher à Henry Miller… Drôle de pays quand même.
Drôle de pays en effet que cette tête de gondole du « monde libre » où règne la loi de la jungle et la religion du billet vert même si l’on prend bien soin de cacher habilement le sordide état d’esprit derrière les oripeaux commodes du politiquement correct et de l’hypocrite morale religieuse. Ici pas d’état-providence, pas de protection sociale garantie (lien Libération, Inégalités), pas de service public, le programme est simplifié à l’extrême : marche ou crève avec une déclinaison consumériste locale, « mâche et crève » puisque le citoyen américain est littéralement transformé en une mécanique à dévorer tout ce qui bouge selon un réflexe pavlovien inculqué dès le plus jeune âge par l’omniprésente télévision et la publicité. Voilà une nation boursouflée de mauvaise nourriture et éduquée par un précepteur cathodique pervers qui consomme frénétiquement et jusqu’à la nausée comme en témoignent les problèmes récurrents posés par les sièges avions standards, les places de cinéma et les tables d’autopsie (lien Libertés internet) incapables désormais d’accueillir les ogres obèses et compulsifs. La France connaît sa première génération d’adolescents obèses…
Etrange conception de la « liberté » (valeur estampillée US) si chèrement galvaudée par la machine propagandiste sur toutes les ondes, l’inégalité sociale aux USA atteint des niveaux historiques puisque un tel écart entre riches et pauvres outre-atlantique avait auparavant été atteint en…1929 lors de la fameuse crise (lien Libération). Voilà une curieuse notion de ce progrès (lire « le couloir de la honte » - lien Le Monde) que le rapport Attali présenté en France cherche à imiter de toute urgence… En dépit de ces données alarmantes, le pouvoir politique symbolisé par l’ineffable Bush, s’oppose vigoureusement à toute tentative de correction des inégalités dans ce pays merveilleux qui détient le triste record en matière de privation….de liberté devant la Chine (lien Voltaire), un exemple qui a grandement inspiré notre sémillante ministre de justice, Rachida Dati. Rien de plus simple pour se débarrasser des gêneurs et des « parasites » désignés : on enferme à double tours les problèmes dans des prisons (privatisées également) et on exécute les moutons…noirs. L’hystérie sécuritaire vise avant tout à protéger les nantis, le capitalisme doit se prémunir des éventuelles poussées d’urticaire de ses esclaves, sa survie en dépend.
Rien de mieux que de s’inventer un ennemi commun et pratique
Pour une nation qui se veut à la pointe de l’évolution de notre civilisation, nos cousins d’Amérique peuvent apparaître bien étonnants après quelques années de lessivage de cerveaux à la mode Fox News et compagnie tout comme nous avons TF1... Le bon sens commun semble s’être effacé sous les coups de boutoirs des évangélistes en attente d’Armageddon (lien Agoravox), sous la poussée des autres sectes déjantées (scientologie hollywoodienne, Kabbale de Madonna, témoins de Jéhovah hyperactifs), des créationnistes (lien sur la théorie de l'évolution - Libération) et du rouleau compresseur de la propagande nauséeuse du « choc des civilisations ». Voilà un poison extrêmement toxique distillé en continu par les médias complaisants et leurs nombreux relais d’opinion téléguidés depuis la Maison Blanche et Tel-Aviv (liens sur les évangélistes alliés indéfectibles d’Israël et les 935 mensonges de l’administration Bush – Libération). Pour faire admettre les guerres de conquête au Moyen-Orient (1 million de civils tués depuis l’occupation de l’Irak) et rester l’indéfectible soutien du vertueux Israël, rien de mieux que de s’inventer un ennemi commun et pratique : l’arabe barbare, fanatique et terroriste… C’est ainsi que sont nés les nouveaux concepts comme celui de l’Empire du Bien, la lutte contre le terrorisme, l’axe du mal, les activistes, nazislamistes et toutes ces merveilles de la Novlang brillamment pratiquée par les « Néocons ».
Une vague d’incendies embrasse comme chaque année les territoires semi désertiques de la Californie ? La faute au réchauffement climatique, à une mauvaise prévention, peut-être des moyens insuffisants ? Non, c’est Al Quaida qui joue avec des allumettes et flambe encore et toujours les neurones de l’opinion publique (lien Nouvel Obs). Il est vrai que la question raciale a toujours été au cœur de la problématique sociétale aux USA, les Noirs en savent quelque chose (voir liens « mental de l’Empire »). Ce racisme institutionnalisé et cette stigmatisation outrancière servent d’ailleurs de modèle patenté à la nouvelle Europe décomplexée où pullulent les partis d’extrême droite revigorés par la planétaire campagne de propagande anti-islamique post 11 septembre, celle qui a ouvert la boite de Pandore (voir liens). Le pays des (feu) Droits de l’homme n’est d’ailleurs pas en reste, l’affaiblissement du Front National ne signifie aucunement le recul de la rance idéologie puisque cette dernière a été digérée goulûment par le parti au pouvoir (UMP), ce qui lui donne un plus ample écho encore comme en témoignent les discours (de Dakar par Nicolas Sarkozy par exemple), les actes (ministère de l’identité nationale, sic) et autres amendements indignes sur l’ADN et l’immigration (fin 1e partie…).

Guns & dope :
USA : la crise des subprimes menace la moitié des États fédérés de faillite (Voltaire) - La crise bancaire s'aggrave aux Etats-Unis (le Monde) - La saisie des biens immobiliers aux USA a augmenté de 75% en 2007 (De Defensa) - (Le Monde) - Crise financière : les banques centrales à la peine (Figaro) - En plein "subprime", le PDG de Goldman Sachs touche un bonus 2007 record (AFP) - Nouveau record absolu du Dow Jones à la Bourse de New York (AFP) - La moitié des réserves pétrolières seraient épuisées (Le Monde) - Résultat annuel record pour ExxonMobil en 2007 (Nouvel Obs)
40 milliards de dollars de bénéfices pour Exxon Mobil (Le Point) - Pétrole: le spectre des 100 dollars (L’Express) – Voracité (Le Monde Diplomatique). Cinq femmes abattues dans un magasin de vêtements de la banlieue de Chicago (AP - 2 février) - Six lycéens blessés dans une fusillade à Las Vegas (Reuters ) - Tuerie dans un centre commercial d'Omaha, 9 morts (Libération) - Les récentes fusillades sanglantes dans des centres commerciaux aux Etats-Unis (AP) - Colorado : deux fusillades tuent quatre personnes 10.12 à 07h41 (Nouvel Observateur) - Malgré les fusillades, l'Amérique ne désarme pas (Figaro) - National Rifle Association - Wikipédia- Andreas Von Bülow : « Nous devons d’abord lutter contre la manipulation » (Voltaire) - Guantanamo : quand tombent les avions, les porte-containers attendent (Agoravox) –
Inégalités :
L’assurance de se ruiner la santé (Libération) - “JUNK FOOD NATION” : LES TABLES D’AUTOPSIE U.S. SONT TROP PETITES POUR LES CADAVRES OBÈSES (Liberté – internets) - Le fossé riches-pauvres s'est creusé de 2004 à 2005 aux USA (Libération) - Le couloir de la honte, par Corine Lesnes (Le Monde) Les naissances chez des adolescentes en hausse pour la première fois depuis 15 ans aux USA (AP) - George Bush oppose son veto à un projet de loi social (Reuters) - USA : 2.000 prévenus tués en 3 ans (Figaro). Les États-Unis détiennent le record mondial de privation de liberté (Voltaire) - Après quinze ans dans le couloir de la mort, un détenu américain est acquitté (AP ) -
Mental de l’Empire :
Appel aux États-Unis pour enseigner la théorie de l'évolution (Libération) - La pieuvre évangéliste, la nouvelle arme de Washington (Agoravox) - Incendies en Californie : la rumeur "Al Qaïda" (Nouvel Obs) - Les 935 mensonges de l'administration Bush sur l’Irak (Libération) - Les évangélistes américains, alliés extrêmement fidèles d’Israël Montée du racisme anti-arabe en Israël (RTL info) - Les fantômes de la ségrégation reviennent dans le Sud américain (Rue 89) - Des tensions raciales préoccupantes (Courrier international) - L'Amérique en butte à ses vieux démons (Figaro) - USA: les gardes d'un boot-camp relaxés (Le Figaro) -Antidouleurs : l'hôpital prescrit plus aux blancs 03.01 à 07h08 (Nouvel Obs) - Un footballeur londonien menacé d'expulsion (20 MN) - Quatre blessés au cours d'agressions racistes 03.12 à 13h01 (Nouvel Obs) - Un élu italien veut s'inspirer des nazis pour les immigrés (Nouvel Obs) - Alessandra Mussolini trop xénophobe pour ses collègues d'extrême-droite (Libération) - Le nord de l’Italie gagné par la déferlante xénophobe (Libération)- - Le premier ministre danois reste aux affaires avec le soutien de l'extrême droite (Le Monde) - Un ministre britannique musulman affirme avoir été détenu dans un aéroport américain pour la deuxième fois en un an (AP) - En Grande-Bretagne, les Noirs ont sept fois plus de risques d'être contrôlés par la police (AP ) – (Libération) -
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