Badiou et ses criminelles vieilles lunes

Alain Badiou : Et la guerre, alors là je pense qu’il y a une double guerre aujourd’hui, il y a une guerre menée à l’extérieur on voit de plus en plus nettement que Sarkozy c’est aussi le ralliement progressif de la France aux guerres qui sont menées dans le monde , l’engagement en Afghanistan, la soumission aux Américains dans les guerres qu’ils entreprennent notamment en Irak et que la guerre intérieure, c’est une guerre renforcée contre les plus faibles.
FT C’est à dire ?
AB C’est à dire ceux qui n’ont pas de papiers, ceux qui n’ont pas d’argent, ceux dont le travail est dur et ingrat, ceux qui viennent d’ailleurs parce qu’ils ne peuvent pas vivre là où ils sont, tous ceux là on va les ficher, leur demander des règlements nouveaux, les soumettre à des lois oppressives. La loi CESEDA sur la condition du séjour des étrangers est une loi que je n’hésite pas à qualifier de scélérate, c’est une loi de ségrégation, c’est une loi de persécution et il faut en demander l’abrogation. Sarkozy est le nom de tout cela. Après tout, avant d’être candidat aux présidentielles il a été longuement le chef général de la police.
FT : Ministre de l’intérieur ...
AB : Voilà...
FT : La peur, vous dîtes : c’est le pétainisme. On nous rejette toujours le pétainisme. Il s’est arrêté un jour le pétainisme ? Ou est-ce qu’il est là depuis toujours ?
AB Le pétainisme est une donnée fondamentale de la France à mon avis depuis la Restauration de 1815. Le pétainisme ce sont des gens qui préfèrent la vassalisation aux troubles intérieurs, c’est la réaction de gens qui ont peur de ce qui se passe à l’intérieur du pays et qui pour parer à cette peur acceptent des contraintes, des ségrégations ou des persécutions nouvelles. C’est ça le pétainisme dans sa signification la plus générale. Dans le cas de Pétain, c’est particulièrement prononcé parce que c’est évidemment les gens qui avaient eu une peur terrible du front populaire qui ont finalement préféré l’occupation allemande à la continuation de la lutte. Mais de manière générale, le pétainisme c’est ça, c’est la politique de la peur. Je pense que Sarkozy en est un représentant soft.(…) »
Et c’est ainsi qu’Omegalpha a découvert la fulgurance du discours d’Alain Badiou, pure pensée qui s’assume et fait souffler un vent de liberté dans les têtes et les consciences endormies en rappelant aux hommes que les mots ont encore un sens et que la réflexion est un jardin en friche qu’il faut sans cesse cultiver.
De l’engrais :
Alain Badiou à "Ce soir ou jamais" (retranscription - Réseauxdesbahuts)
«Etre attaqué par l’ennemi est une bonne chose, et non une mauvaise chose» (Mao Zedong). C’est comme dans un film. Vous êtes en paix. Vous construisez peu à peu une œuvre philosophique dense et complexe. Vous êtes parmi les rares à n’avoir jamais abandonné le style militant de la décennie rouge (1966-1976) : liaison directe des intellectuels, des jeunes et des ouvriers, trajets neufs dans les cités, les usines, les foyers, refus des élections, des places, des crédits. L’unité de la vie tient alors dans le mot autour duquel vous redéfinissez l’ambition de la pensée contemporaine, le mot «vérité». Quand on vit ainsi, dans le monde tel qu’il va, les «communicateurs» de la scène publique ne se soucient pas de votre existence. C’est que vous n’avez rien à vendre, et vous n’achetez guère. Que faire d’une vérité, disent les marchands, puisqu’elle n’a pas de prix ? Vous êtes pour eux un mélange d’archaïsme et de dogmatisme, attaché à de criminelles vieilles lunes. Vous n’êtes pas dans la course. Silence.
Comme les commanditaires de l’assaut ne se montrent guère, les porte-flingues ne sont pas de première force. Ils voudraient bien tirer pour tuer, cependant. Mais qu’est-ce qui tue quelqu’un, de nos jours, dans la guerre intellectuelle ? Parbleu ! L’accusation d’antisémitisme ! Voilà la bonne idée ! Qu’Alain Badiou, dont on connaît tout de même vaguement les origines, les engagements, et même ce qu’il a écrit depuis vingt-cinq ans à propos des juifs, soit antisémite, c’est peu crédible, mais essayons quand même, disent les tontons flingueurs de la nouvelle extrême droite, celle qui vient de l’ancienne extrême gauche. .(…) ». Article complet : http://www.liberation.fr/rebonds/303580.FR.php
Liens :
See U