Le Léthé en plein hiver

Publié le par cc jung in effect

Le Léthé
 
Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l’épaisseur de ta crinière lourde;
 
 
 
Fleur flétrie
 
 
 
 
Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.
 
 
 
beau corps poli comme le cuivre
 
 
 
 
Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J’étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.
 
 
 
le Léthé coule dans tes baisers
 
 
 
 
Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l’abîme de ta couche;
L’oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.
 
 
 
désormais mon délice
 
 
 
A mon destin, désormais mon délice,
J’obéirai comme un prédestiné;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,
 
 
 
aux bouts charmants de cette gorge
 
 
 
 
Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë,
Qui n’a jamais emprisonné de cœur.
 
 
Charles Baudelaire ( « Les Fleurs du mal », pièce condamnée et retirée de l’édition de 1857).
 
 
 
CC JUNG Art
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V
je sens que je vais revenir souvent ici.La synchronicité est un concept qui m'est cher...Et Baudelaire aussi...
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C
Merci pour ta visite. Trop peu connu à mon avis, le concept de la synchronicité (c'est le titre de mon blog) intervient souvent dans ma vie en général et j'y suis très attentif. il est riche de mystérieuses correspondances. Je compte aussi faire de fréquentes visites, dans l'autre sens. See U.