Cache-misère
Sangatte n’existe plus, les réfugiés si...
Vous vous souvenez sans doute de Sangatte, le « centre d’hébergement et d’accueil d’urgence humanitaire » fermé en grandes pompes par Nicolas Sarkozy en 2002 ? Trois ans plus tard, la situation des réfugiés, toujours présents dans la région, est déplorable.
Encore une belle réalisation à mettre au crédit de notre futur président, Nicolas S. Sangatte, ce centre d’hébergement ouvert en septembre 1999 pour répondre à l’afflux des réfugiés de la guerre au Kosovo, n’est aujourd’hui peut-être plus qu’un vague souvenir pour beaucoup, un coup médiatique de plus à mettre sur le compte du ministre de l’intérieur. Il ne reste plus rien du centre, la Croix Rouge est partie, les associations d’aide aux réfugiés ont plié bagages. Plus rien, sauf les réfugiés…
Ce n’est pas parce que notre ministre décrète qu’un afflux d’étrangers en partance pour l’Angleterre via Calais fait désordre et qu’il faut passer le Kärcher et la pelleteuse pour faire place nette, que les problèmes de flux migratoires tarissent subitement, que les guerres et leurs cortèges de fuyards s’interrompent, que ces hommes qui fuient la peur et l’oppression décident brusquement de repartir en enfer.

Situation ubuesque
Le conflit yougoslave a peut-être pris fin mais pas le flot d’errants ballottés par les soubresauts de la planète. La peur et la désespérance donnent des ailes et du cœur à ceux qui ont déjà tout perdu, des barbelés de Melilla aux falaises crayeuses de Calais. Les arrivants sont désormais des Irakiens, des Iraniens, des Turcs, des Sri-Lankais qui arrivent d'Italie et de Belgique. Pas question pour eux de demander le statut de réfugiés en France, notre pays n’ouvre plus ses portes à la souffrance des autres, elles sont soudées par les sondages et les électeurs de l’extrême à courtiser. Le pays pourchasse désormais ses propres pauvres et il y a de quoi faire…
L’espoir pour ces nomades particuliers se situe de l’autre côté de la Manche, un pays à peine plus accueillant mais où les petits boulots fourmillent pour les nécessiteux. Alors ils errent, pourchassés, harcelés par la Police qui doit faire face à une situation ubuesque. Cacher les conséquences d’une décision politique spectaculaire mais irréfléchie. Les candidats à l’exil insulaire n’ont plus de centre de transit pour attendre dignement l’obtention d’un visa ou d’un bon tuyau sous la Manche d‘un passeur. Mais ils sont toujours là, cachés dans les bois enneigés autour des villes. Les associations qui tentent de pallier à cette situation atroce en distribuant des couvertures et de quoi manger se retrouvent devant les tribunaux, passibles de compassion. Plus question de soupe populaire, ce petit moment tiède d’humanité dans la bise glaciale, les forces de l'ordre en profitaient pour rafler les affamés. Eparpillés dans les bois avoisinants pour fuir la police, mordus par le froid glacial, ils sont la malheureuse illustration d’une politique à court terme, celle qui répond à l'émotion, celle qui écoute le vent, le populisme.
Liens :
« Des bénévoles font des navettes pour amener des migrants jusqu'à une douche, un médecin ou une infirmière eux aussi bénévoles qui soigneront des cas de gale, des morsures, des maladies de peau liées à une absence totale d'hygiène. Tous craignent que cet hiver un migrant meure de froid, et dénoncent l'attitude d'un Etat qu'ils jugent "défaillant et inhumain »
See U
CC JuNg.
Publicité