Les bienfaits de l'Empire enfin chiffrés
Il arrive encore parfois que nos intellectuels auto-proclamés défendent avec véhémence la folie manifeste et criminelle de l’administration Bush quant à la situation en Irak. Une posture d’imposteurs qui mérite d’être dénoncée sans relâche car ces sbires monopolisent la parole et intoxiquent l’opinion publique avec beaucoup de perversité et de savoir-faire. La campagne irakienne est un fiasco monstrueux qui a conduit le pays dans les affres d’une guerre civile et d’une dislocation annoncée mais nos bienheureux rejettent la responsabilité du carnage sur Al Quaeda bien sûr et sur les réseaux de l’ancien parti Baasiste. La nébuleuse terroriste éclabousse de sang toute la Mésopotamie pour faire échouer la « démocratisation forcée » (sic) de ce pays autrefois puissant et toujours pétrolier, les Américains ne sont nullement responsables de la situation bien sûr. La situation en Irak est justement la preuve qu’il faut combattre encore plus les « terroristes », remarquable argumentaire qui retourne à l’envers l’accusation initiale.
Et puis, il s’agissait, à défaut d’armes massives bidons, de mettre hors d’état de nuire ce dictateur sanguinaire, Saddam Hussein, le même qui a été mis au pouvoir par la CIA avant que le pion ne saute pour cause de velléité d’indépendance vis à vis de ses marionnettistes… Inutile pour tous ces penseurs à œillères géantes, de préciser que la prédation pétrolifère était la seule motivation de l’invasion, que cette boucherie était prédite avec une précision remarquable par tous les observateurs et connaisseurs de la sous-région et que nombre d’Irakiens luttent tout simplement pour leur indépendance, comme au bon vieux des empires coloniaux.
Comment se satisfaire en effet d’une invasion, du vol des ressources d’un pays et du chaos insoutenable qui règne dans cet état autrefois si fort et si rayonnant sans prendre les armes et sans résister ? Mais cette acte de bravoure et de patriotisme est nié avec la plus grande énergie par la machine communicante du nouvel Empire colonial et par ses alliés « naturels » qui préfèrent masquer la réalité d’une prédation défiant toutes les règles établies pour nous servir jusqu’à la nausée la soupe aux terroristes arabes. Il ne s’agit pas de résistance comme à l’époque face à la barbarie nazie, le mot est sans doute réservé à une élite, à certains peuples et pas à d’autres.
En attendant, les chiffres derrière lesquels il s’agit de voir des visages humains et non une abstraction évasive, disent toute l’horreur créée par cette administration Bush cupide et criminelle à qui nous prêtons assistance sans ciller et qui tente de nous imposer son plus fidèle ver dans le fruit, Nicolas Sarkozy. Le « choc des civilisations » ? Le complexe militaro-industriel qui espère présider et piller la planète mérite-t-il la dénomination de « civilisation » qui prétendrait en affronter une autre ? Voilà une question qui ne traversera jamais l’esprit éclairé de nos « intellectuels ».
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« LONDRES (Reuters) - Des experts américains et irakiens en santé publique estiment que 655.000 décès sont directement imputables à l'invasion américano-britannique de mars 2003 et à la situation qui prévaut depuis en Irak, un chiffre bien supérieur aux précédentes estimations.
Cela signifie que 2,5% de la population irakienne a succombé à la guerre et aux violences qui ont suivi. La méthodologie employée par ces chercheurs de l'Ecole de santé publique américaine Johns Hopkins Bloomberg ne repose pas sur un décompte des corps enregistrés dans les morgues ou signalés dans les bilans officiels, mais sur des entretiens avec des ménages irakiens. L'objectif est de déterminer la surmortalité due à la guerre et aux violences en Irak.
"Nous estimons que l'invasion par la coalition le 18 mars 2003 a eu pour conséquence la mort de 655.000 Irakiens de plus que la mortalité normale", affirme Gilbert Burnham, de l'Ecole de santé publique Johns Hopkins Bloomberg.
Publiée par le journal médical The Lancet sur son site internet, l'étude calcule que le taux de mortalité en Irak est désormais 2,5 fois supérieur à ce qu'il était avant la guerre, quand les statistiques démographiques officielles faisaient état de 143.000 décès par an.
"Même si de tels taux de mortalité peuvent être communs en temps de guerre, la combinaison de la durée prolongée du conflit et des quelque dizaines de millions de personnes concernées ont en fait le conflit international le plus meurtrier de ce début de siècle", ajoute Burnham.
L'étude est une actualisation d'une publication qui avait fait grand bruit en indiquant que près de 100.000 personnes avaient péri en raison du conflit irakien entre mars 2003 et septembre 2004.

60% DES DÉCÈS FRAPPENT DES HOMMES DE 15- 44 ANS
Ces décès supplémentaires recouvrent les morts violentes (attentats, fusillades) mais aussi les morts provoquées par l'augmentation de certaines maladies. Cela dit, selon cette étude, près de 60% de ces décès sont des hommes et des adolescents de 15 à 44 ans victimes principalement de mort violente.
"De même que nous l'avions déterminé dans notre précédente étude, la majorité des décès en Irak sont dus à la violence, même si nous avons également enregistré une petite augmentation des décès liés à des causes non violentes, comme les maladies cardiaques, les cancers ou des maladies chroniques", indique Burnham.
D'autres organismes s'efforcent également de tenir à jour des bilans des victimes du conflit. Mais leurs conclusions sont bien inférieures. Ainsi, l'Iraq Body Count, un site internet alimenté par des universitaires et des militants de la paix, avance un bilan de 43.850 à 48.700 civils tués depuis mars 2003 (mais IBC précise toutefois que ces chiffres sous-estiment la réalité). (…) »
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CC Jung
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