Zidane : une comète sans paillettes

Publié le par cc jung in effect

L’inédit Zidane
 
 
Zidane…Prononcez ce sésame et vous ouvrez les portes du rêve et vous allumez des lumières dans les yeux des amoureux du football et les cœurs des filles, aux quatre coins de la planète comme un passeport pour l’excellence à la française. Zidane, trois syllabes si célèbres dans le monde entier, un nom que l’on prononce les yeux au ciel comme une invocation magique, celui du brésilien de Castellane qui a fait danser une drôle de samba à la Selecao et à la France entière, un soir de juillet en 1998.
Zidane, le champion du monde, le champion d’un monde, celui de la balle et du coup de boule, celui qui a fait chanter le coq tricolore en lui décrochant une étoile dorée, celui qui décoche des flèches fluides comme de gracieuses courbes dans les nuits étoilées des projecteurs, celui qui enchante le ballon pour l’emballer comme un joyau si convoité, celui qui envoûte les plus grands sorciers en imaginant le football au moment où les autres le rêvent. Zidane, c’est le contrôle qui isole, qui cajole, se fait frivole avec la boule de cuir qui roule au milieu d’une foule d’adversaires médusés, soudain spectateurs figés devant ce numéro de doux dompteur, cette souplesse fauve et ce tour de passe-passe bien en jambes et chaloupé.
 
 

A la baguette magique...

Le beau dans l’effort et la beauté du plus fort
 
 
Zidane, c’est la technique du prestigitateur qui amortit la lune ou jongle avec le soleil, la technique du danseur de tango qui joue sa partition sur tapis vert, celui du danseur qui dribble le tempo pour mieux l’assujettir à sa fantaisie endiablée, celui des ballets aériens, des cercles souples des trajectoires et des lignes blanches qui se trémoussent d’aise et des filets qui tremblent de fièvre.
Zidane, c’est la technique de la tactique, c’est la tectonique des plaques tournantes, la gestuelle du meneur de revue et de jeu qui distribue des offrandes, dépose un peu de gloire au bout de crampons amis.
 
Zidane, c’est le beau dans l’effort et la beauté du plus fort, c’est la majesté légère des maestros qui insufflent le mouvement d’ensemble en s’effaçant humblement derrière l’œuvre magistrale, c’est l’efficacité des capacités sublimées et l’intelligence de l’œil, du cœur et de l’âme réunies dans l’instant de gazon vert.
 
Zidane est à lui seul une épopée bleue et syncopée comme une course d’obstacles avalés dans un galop endiablé, il est le geste dans la pureté absolue de son dénouement, dans la facilité hallucinante de l’accomplissement qui laisse une traînée incrédule de bonheur ébahi.
Zidane est un spectacle vivant et sublime de talent à l’état pur élaboré dans les laboratoires ensoleillés de Marseille, une partition colorée de vert, de bleu, de blanc et de rouge comme une palette plus riche que tricolore, plus brillante que le doute et le clinquant, et plus humaniste dans le message de joie enfantine que le ballon rond véhicule, celui du plaisir simple qui ignore les frontières restreintes des têtes creuses. Pour toutes ces raisons et mille autres qui dorment dans nos mémoires et nos poitrines qui ont tellement crié à l’unisson, un grand merci au Maître qui appartient déjà à l’histoire du jeu et à celle des hommes.
 
 
 
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Zidane, le football, la coupe du monde (la revue de presse du Nouvel Obs)
 
 
 
 
 
 
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CC Jung
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Publié dans D k Lé

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H
Zidane m'ennuie et je dois être le seul ! Sa retraite annoncée est un non-événement mais fait la une de partout... Mais tu as raison, c'est un magnifique exemple de talent et de réussite. Ce qui n'est pas rien en ce moment !
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C
L'ampleur du joueur est telle qu'il mérite un tel hommage unanime. Je le loue non pas pour l'utilisation symbolique que l'on en a fait (intégration, humilité du champion, etc) mais pour l'immense footballeur qu'il a été. C'est l'équivalent de Pelé pour le Brésil et de Maradona pour l'Argentine, un joyau pur comme on en a un tous les siècles. Le passionné de foot que je suis ne pouvait que s'incliner bien bas pour le grand monsieur.