Les heureux bénéficiaires de la crise

Publié le par cc jung in effect

Géométrie variable
 
C’est formidable la France vous savez… Les grandes entreprises volent de records de bénéfices en records de hausse boursière, les chiffres sont vertigineux (Lien) et l’économie stagne comme une eau croupie en dépit des joyeusetés de l’hurluberlu qui nous sert de ministre de l’économie rêvée. Nos entreprises florissantes récoltent tout les fruits de la mansuétude des politiques qui en font depuis trop longtemps le centre de l’équation insoluble. Il faut "baisser les charges", "assouplir le droit du travail", s’accommoder de la toute-puissance du "facteur libéral de l’économie", autant de refrains entonnés à l’unisson par nos élus depuis près de trente années au nom d’une hypothétique lutte contre le chômage. Après trente années de compromis grignotés patiemment par l’entreprise en échange de supposées embauches, des promesses de politiciens en fait, le résultat est là, chiffré, quantifiable et inqualifiable.
 
Non seulement le chômage n’a pas baissé mais le code du travail à été évidé peu à peu de toute notion d’éthique, de partage nécessaire des richesses et de logique économique (exemple : les licenciements boursiers). Ce qui fait le plus grand bonheur des comptes off-shore de nos capitaines d’industrie qui continueront de toute façon à délocaliser l’emploi jusqu’au jour où le salarié français sera descendu aussi bas que les faméliques revenus des employés du Tiers-Monde. L’employé pakistanais, chinois ou taiwanais est bien plus souple et corvéable, bien moins regardant sur les systèmes de retraite, de couverture sociale et les conditions de travail, pourquoi s’en priver ?
 
Malgré cette insultante bordée de chiffres, de bénéfices et de redistribution élitiste des richesses engrangées, les maîtres-chanteurs ne désarment pas et continuent leur litanie qui prend désormais des airs d’oraison funèbre. Le très inspiré François Fillon vient ainsi de déclarer que la flexisécurité (un patch linguistique et sémantique pour masquer la précarité, trop impopulaire, et la flexibilité trop d’actualité) est « une question de vie et de mort pour la société française », rien que cela (Lien).
 
Soit vous acceptez de devenir un employé jetable soit vous filez directement dans cette corbeille où vous finirez de toute façon. Ce gai chantage à l’emploi et à la soumission peureuse pourrait presque en effrayer quelques uns d’impressionnable si la publication des bénéfices records, comme une volée de joyeuses cloches triomphantes, ne venait couvrir et démentir l’urgence du sacrifice nécessaire au Dieu économie devant lequel nous sommes sensés nous prosterner en victimes expiatoires, au nom de la crise.
  
 

Le chantage permanent

Figaro  :   "NOUVELLE preuve du dynamisme des grandes entreprises française (s) : «En 2006, les sociétés du CAC 40 devraient verser plus de 31 milliards d'euros sous forme de dividende au titre de 2005, soit environ 35% de mieux que l'an dernier», selon Pierre Sabatier, stratège chez Facset JCF. Une performance au moment où la croissance du produit intérieur brut de la France plafonne à 1,4%. Preuve également que les géants français savent désormais capter la croissance là où elle se trouve. La palme du plus gros dividende revient d'ailleurs toujours à Total, groupe qui réalise 95% de ses ventes hors de France. Le pétrolier a décidé de reverser à ses actionnaires près de 4 milliards d'euros, plus fort dividende jamais versé par une entreprise française.
 
Surprise, en revanche, à la deuxième marche du podium, occupée désormais par France Télécom, avec 2,6 milliards d'euros. BNP Paribas se trouve relayé à la troisième place avec la bagatelle de 2,18 milliards d'euros ! Suivent Sanofi Aventis (2,13 milliards) et Société générale (1,95 milliard). Ces cinq groupes devraient ainsi verser près de 13 milliards d'euros à leurs actionnaires, et les dix premiers environ 20 milliards. (…)
 
 
 
 
Liens :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
See U
 
CC Jung
Publicité

Publié dans les dépêches orange

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H
Cela me rappelle une réflexion de F. Mitterrand qui disait en gros : ne faites pas de cadeau aux entreprises, elles ne vous le rendront jamais...
Répondre
C
C'était le cynisme et la sagesse incarnés (les deux ne sont pas incompatibles). Quel grand homme avec du recul...