Bourbon Street a le blues
Un Mardi Gras fântomatique
Tradition oblige, les habitants de la Nouvelle-Orléans s’apprêtent à fêter le Mardi Gras au milieu des gravats et des ruines. Non seulement les digues ne sont pas consolidées faisant craindre la prochaine catastrophe climatique mais les aides promises tardent à se concrétiser. Bush et ses comparses semblent bien trop préoccupés par le prochain larcin à commettre pour s’occuper de réfugiés noirs et miséreux. Après le mépris, place à l'indifférence.
« LA NOUVELLE-ORLEANS (AFP) - La Nouvelle-Orléans fête Mardi Gras: Bourbon Street a retrouvé ses lumières, la bière coule à flot, les traditionnelles perles du carnaval sont jetées des balcons, mais la ville reste l'ombre d'elle-même six mois après le passage du cyclone Katrina.
"C'est triste. L'année dernière, il y avait tellement de monde qu'on était au coude-à-coude dans la rue", dit Sangite Malla, qui possède une boutique de souvenirs. Les touristes venus pour le carnaval découvrent une ville aux toits recouverts de bâches bleues en attente de réparations et des faubourgs livrés à la rouille et aux moisissures, oeuvre des inondations qui ont submergé 80% de la cité. Les maisons emportées par les flots ne sont plus que des tas de misère, encombrant les rues.
Plus de la moitié des habitants sont encore éparpillés dans le pays. Certains se sont promis de ne plus jamais revenir. Beaucoup ont peur de reconstruire leur maison tant que les digues ne seront pas réparées et consolidées, ce qui pourrait prendre des années. Et ceux qui sont revenus sont épuisés.

Les conversations finissent invariablement sur des histoires de réparations à faire, d'aides promises par le gouvernement et qui n'arrivent pas, de loyers devenus exorbitants. "C'est un cauchemar incroyable. Non seulement on a assisté à la destruction (de quartiers entiers) mais on subit un nouveau traumatisme causé par la déception de constater qu'il n'y a pas le soutien que l'on mérite quand une catastrophe vous tombe dessus", dit Ann Wilder, conseillère au Bureau du soutien psychologique de La Nouvelle-Orléans et qui assiste à une montée en flèche des dépressions. (…)
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CC Jung
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