L'encombrant fantôme Saddam

Publié le par cc jung in effect

Procès de Saddam : une farce au seuil critique
 
Le procès du dictateur irakien, Saddam Hussein, n’en finit plus d’être ajourné. Les incidents se suivent et se ressemblent, donnant à cette parodie de justice, une tournure grotesque. Le parcours même du dictateur et ses alliances antérieures sont passés sous silence. Les tribunaux irakiens jugent un fantôme de l’histoire encombrant en occultant l’essentiel, la vérité historique.
 
Le peuple irakien s’attendait sans doute à autre chose à la chute du sanguinaire dictateur, défait par la puissance américaine et par dix ans d’embargo impitoyable. Deux années plus tard, le pays vit dans un chaos permanent à coups de voitures piégées, d’assassinats, d’enlèvements, d’occupation, sans eau, sans électricité et surtout sans essence, un comble. Les armes de destruction massive, fournies en grandes partie par les puissances occidentales, sont demeurées introuvables. Le Pentagone avait pourtant axé toute sa campagne de communication sur ces missiles balistiques truffés de vermine radioactive qui devaient, incessamment sous peu, atterrir et éclore dans les jardins verdoyants du citoyen américain. Sans doute propulsés à cette distance considérable, pour ces vieux « scuds » bricolés, par l’énergie…du désespoir et une propagande nocive.  
 
 

Illusions

Les services secrets du Pentagone oeuvraient dans les deux camps
 
 
Le sanguinaire Saddam, porté au pouvoir par la CIA, disposait effectivement d’armements non-conventionnels, des gaz de combat et des hélicoptères d’épandage (terme officiel) livrés à l’époque clefs en mains par un certain Donald Rumsfeld, aujourd’hui ministre de la défense. L’inflexible Saddam a été poussé par les mêmes puissances occidentales à attaquer l’Iran fraîchement convertie à l’islamisme radical. Des années de guerre de position et plus d'un million de morts pour un résultat absurde, sanglant et dérisoire. Les deux géants du Moyen-Orient, comme deux boxeurs sonnés, se sont retrouvés au bord du K.O, sans avoir gagné respectivement un pouce de terrain sur l’adversaire. Saddam a compris, après-coup, toute la duplicité de ses « alliés » américains en réalisant qu’il s’était totalement affaibli dans cette guerre sans motif et que, loin de l’aider dans sa folle entreprise de conquête, les services secrets du Pentagone oeuvraient dans les deux camps pour faire perdurer la boucherie. Diviser pour régner toujours.
 
Son courroux, légitime, date de cette prise de conscience de la manipulation orchestrée, de son instrumentalisation totale et du jeu de dupes des puissances occidentales. Après avoir été utilisé comme bouclier à l’islamisme iranien par les USA et les tremblotantes monarchies du Golfe, il a reçu la petite facture pour ses huit années de conflit barbare et ses achats toujours plus onéreux d’armes. Son pays était alors, défait, ruiné et exsangue mais le Koweït se montrait intraitable : il fallait rembourser illico les frais de la petite sauterie. Une provocation de trop qui a donné la première guerre du Golfe et tout le cirque d’une Coalition qui ne prenait pas trop de risques en attaquant un «ami » devenu un faible ennemi. Voilà un petit rappel des faits, juste pour resituer les protagonistes dans ce jeu de billard stratégique à trois ou quatre bandes.
 
 

L'extension du mensonge planétaire

Minimum historique et un minimum de vérité
 
 
Le parcours chaotique du Raïs irakien et ses accointances variables avec les occidentaux expliquent le pourquoi du comment de cette parodie de procès de Saddam Hussein. Impossible de mettre en accusation le sanguinaire dictateur sans évoquer son statut d’allié des USA, les contrats d’armements contractés auprès de la plupart des pays européens et une foule de lourds secrets qu’il convient de passer sous silence. Il est aujourd’hui conduit à la barre d’une cour inique, d’un tribunal de pacotille et devant des juges incompétents pour répondre de l’assassinat… de quelques villageois à l’occasion d’un de ces nombreux complots qui émaillent le quotidien de tout dictateur paranoïaque. Le sanguinaire et autrefois tout-puissant président déchu de l’Irak est jugé dans son propre pays occupé par une puissance étrangère, la même qui l’a mené au pouvoir, jugé par une juridiction exceptionnelle et sans assise légale. Que le procès se transforme chaque jour un peu plus, en une mascarade où le grotesque se dispute à la parodie, n’a rien d’étonnant finalement. La justice, celle qu’attendaient les irakiens pour tirer un trait définitif sur des décennies de dictature, ne pourra pas passer…sous silence un minimum historique et un minimum de vérité. La supercherie démocratique a des limites.
 
 
 
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CC Jung
 
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Publié dans L'Empire du Bien

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