Irak : manipulation de chiffres
Guerre de chiffres
Le nombre des soldats américains blessés en Irak a baissé de plus de 25% en un an selon l’administration Bush. La victoire tant annoncée se profile enfin à l’horizon. Les nouvelles s’améliorent pour l’Empire du Bien. Pas vraiment non…
Après la chute de trois hélicoptères US en moins d’une semaine dans les sables mésopotamiens, la vingtaine de morts réglementaires des derniers jours et la série d’attentats suicides qui a démarré dans un Afghanistan que l’on croyait apaisé ouvrant un second front, l’administration Bush se devait de réagir. Comme à son habitude, elle a répondu par une énième manipulation de l’information en annonçant triomphalement que le nombre des blessés dans ses rangs ne cesse de décroître en Irak (Lien). Une nouvelle toute relative puisque si le nombre de blessés s’amoindrit, c’est tout simplement parce que les attentats sont plus…meurtriers. Mensonge par omission.
« Ces chiffres s'expliquent également par le fait que les attaques, moins nombreuses, sont plus meurtrières. Par exemple, en août 2005, une mine a détruit un véhicule blindé tuant 14 marines sur le coup. Plus récemment, au cours des deux dernières semaines, des tirs contre trois hélicoptères ont fait 10 morts dans les rangs américains » explique un article du Monde.
Comment faire d’une mauvaise nouvelle, une bonne ? En inversant les données, en ne regardant que la colonne des chiffres qui baissent, en occultant la réalité et en habillant le tout d’un air de triomphalisme de bon aloi. La fameuse méthode Thierry Breton.

« Une nouvelle baisse significative »
Un peu comme les chiffres du chômage que l’on bidouille allégrement pour annoncer « une nouvelle baisse significative », les stratèges du Pentagone peuvent prédire d’ores et déjà, une diminution du nombre de blessés dans les mois à venir. Tout simplement parce que les attentats sont mieux préparés et ne laissent quasiment aucune chance à la milice d’Halliburton mais aussi parce que le nombre des soldats engagés va diminuer au fil des mois. Moins de soldats sur le terrain, c’est moins de cibles potentielles, logique mathématique imparable qui sera vendue dans les médias comme une baisse sensible des tués et blessés pour le Xeme mois consécutif. Même recette de communication que l’on peut décidément adapter à tous les sujets. La guerre des chiffres comme celle du chômage ne nous a guère convaincu. Il faut dire que l’on ne se fait guère plus d’illusions.
Liens :
Le nombre des soldats américains blessés en Irak a baissé de 26 % en un an, selon Washington (Le Monde)
Depuis plus de 40 ans, Noam Chomsky, professeur au MIT, est l’un des plus grands intellectuels au monde critique de la politique étrangère des Etats-Unis. Aujourd’hui, alors que les Etats-Unis connaissent des problèmes politiques et militaires suite à leurs dernières aventures impériales, Chomsky - qui a eu 77 ans le mois dernier - promet qu’il ne ralentira pas le rythme "tant qu’il tiendra debout".
Extraits :
« Par exemple, on peut compter le nombre d’attaques terroristes. Et bien ils sont en nette augmentation sous l’administration Bush, et en très nette augmentation depuis la guerre en Irak. Comme prévu - les services de renseignement avaient prévu que la guerre en Irak allait probablement accroître le niveau de terrorisme. Et les estimations effectuées après l’invasion par la CIA et le Conseil National du Renseignement, et autres agences de renseignement, le confirme en tous points. La guerre a augmenté le terrorisme. En fait, elle a même produit quelque chose qui n’existait pas auparavant, un nouveau terrain d’entraînement pour les terroristes, bien plus sophistiqué qu’en Afghanistan, où sont entraînés des terroristes professionnels qui retournent ensuite dans leur pays. C’est une façon de gérer la Guerre contre le Terrorisme, en augmentant le terrorisme »
« L’Irak est je crois la première guerre de l’histoire de l’impérialisme européen, y compris les Etats-Unis, où on a connu des protestations massives avant que la guerre n’ait été officiellement déclenchée »
« Et bien, même si vous n’avez plus que trois neurones en état de marche, vous savez que ce sont des balivernes. Les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour ses énormes ressources en pétrole, la plupart encore inexploitées, et cepays est situé en plein centre du système énergétique mondial. Ce qui signifie que si les Etats-Unis réussissent à contrôler l’Irak, ils étendront considérablement leur puissance stratégique, ce que Zbigniew Brzezinski appelait le point d’appui indispensable face à l’Europe et l’Asie. C’est une des raisons principales pour contrôler les ressources de pétrole, ça vous donne un pouvoir stratégique. Même si vous pouvez compter sur des ressources renouvelables, vous avez intérêt à le faire. C’est la raison principale pour l’invasion de l’Irak. »
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CCJung
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