DSL is good 4 you

Publié le par cc jung in effect

Le Songe Divin
 
Il y a 60 ans, un chercheur suisse découvrait un puissant hallucinogène, le LSD, en travaillant sur les moisissures de l’ergot de seigle. Aujourd’hui centenaire, le chimiste Albert Hofmann espère réhabiliter son invention mise à l’index ou…sous la langue.
 
Lucy in the Sky of Diamonds chantaient les Beattles pour rendre homage au LSD, un hallucinogène très en vogue dans les milieux hippies et les campus dans les années 70. L’histoire retiendra que notre très lointaine grand-mère, découverte dans la faille du Riff en Afrique de l’Est par l’archéologue Yves Coppens et son équipe, sera baptisée Lucy, non pas pour sa supposée addiction aux substances illicites mais parce que le morceau des natifs de Liverpool passait en boucle à la radio sur le lieu des fouilles. Quelques éléments épars pour donner une idée de la déflagration que produisit la substance découverte dans la société et dans la culture au sens large du terme. Quelque chose comme une remise au goût du jour des cérémonies chamaniques et une porte réouverte chimiquement sur un univers et un continent imaginaire oubliés.
 
 
 

Apparition bouddhiste sous Mescaline

 
 
 
 
Comme souvent dans les découvertes scientifiques, le chimiste suisse Albert Hofmann a en fait redécouvert et surtout synthétisé une substance qui existait déjà à l’état naturel (Lien). Un laborantin suisse qui découvre une drogue pour un groupe pharmaceutique qui s’appelle « Sandoz », il y a déjà de quoi sourire. Le diéthylamide de l'acide lysergique est contenu donc dans une moisissure de l’ergot de seigle, un « incident biologique » qui a provoqué au Moyen-âge des dégâts bien involontaires. Les paysans de l’époque stockaient les récoltes dans des silos et des greniers pour une meilleure conservation mais le seigle finissait toujours par se dégrader. Sans se douter une seconde qu’ils inventaient l’ancêtre des space-cakes, nos anciens fabriquaient parfois des galettes et du pain fourrés à l’acide avec les effets que l’on imagine, hallucinations et délire à gogo.
 
 
 
 
 

Structure moléculaire du LSD

 
 
Galettes et du pain fourrés à l’acide
 
Les historiens attribuent les crises et hallucinations collectives qui s’emparaient parfois de villages entiers à la malicieuse moisissure ( voir Nota Bene). Pour les hippies improvisés, ces « trips » étaient l’œuvre du Diable qui possédait les pauvres malheureux. Ces épisodes de possession sous acide étaient connus sous le nom de « danse de St Guy » puisque les sujets se mettaient subitement à danser et chanter avec la plus belle des énergies, dans un désordre absolu et sans doute libérateur. Bien des années plus tard, par le plus grand des hasards (comme souvent d’ailleurs, de quoi se poser des questions sur cette notion), Hofmann allait réussir à isoler la substance chimique, ce qui allait permettre ensuite de la synthétiser et donc de la fabriquer industriellement.
 
Il fut son propre cobaye et il raconte que dès la première prise involontaire, il « ressent d'étranges sensations, des angoisses, des vertiges, et des hallucinations ». Intrigué, il renouvellera l’expérience cette fois-ci  volontairement : " le moi disparaît au profit d'un état mystique, le ciel et la terre se mélangent, on se sent partie intégrante de l'univers, on entre dans un nouvel état de conscience" avouera-t-il. Il souhaite aujourd’hui, centenaire avisé, que l’on envisage le LSD autrement que comme « l’ enfant terrible et la drogue miracle », c’est le titre du colloque international qu’il animera à Bâle (Suisse) en fin de semaine. Une réhabilitation pour le premier chaman de l’ère industrielle ne serait que justice et félicité.
 
 
 
NB :

Le claviceps purpurea est un petit champignon parasite qui atteint le seigle, le froment et l'avoine. C'est ce parasite qui est à l'origine de de la formation chimique de l'acide lysergique et donc de la substance hallucinogène. On le rencontre principalement sur le seigle sous forme d'ergot. ce champignon se retrouve à l’origine d'épidémies redoutables au moyen-âge provoquant des maladies très dangereuses voire mortelles (Feu de St Antoine, Feu Sacré, Mal des Ardents).
 
 
Lien :
 
 
 
Ressources du site :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
See U
 
 
CC Jung
Publicité

Publié dans Omegactualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article