Aspects positifs de la Colonisation ?

Publié le par cc jung in effect

Douloureuses révisions d’histoire
 
Un article du monde,« Traites négrières, esclavage : les faits historiques », vient opportunément rappeler des faits qu’aucune loi scélérate ne saurait occulter. L’esclavage a bel et bien été un crime contre l’humanité qui dura des siècles. La non-reconnaissance d’un crime, surtout quand il est si évident, n’est rien de moins qu’une insulte à la mémoire, une absurde parodie de révisionnisme et une mauvaise foi hors de propos.
 
Mais quelle mouche a piqué les députés de la Majorité pour avoir osé déposer un amendement stipulant que les manuels scolaires doivent insister sur le caractère positif de la Colonisation ? Bien sûr, il s’agit d’un petit calcul de boutiquier des urnes, misérable combine électorale où l’on entasse les chiffres abstraits, où l’on s’attache le vote de telle ou telle communauté de pensée et de biens, où l’on flatte les aigreurs et la splendeur passée des autres. On murmure que le bénéfice de cette loi votée en catimini irait directement aux députés UMP des circonscriptions du Sud de la France, là où sont installés majoritairement les pieds noirs. On susurre qu’il s’agit surtout de brosser un tableau enjolivé des colonies du Maghreb pour ne pas déplaire à ce vivier électoral. Ainsi donc, tout n’était que luxe, calme et volupté ?
 
 
 
 

Mécanique des fluides

 
 
 
 
 
Une belle colonie de…vacances
 
Un tableau enjôleur des colonies d’Afrique du Nord ? Cette merveilleuse parcelle de France dorée sous le soleil lumineux et les palmiers qui plut tellement aux peintres orientalistes puis aux écrivains décadents anglais. Une belle colonie…de vacances avec ses plages de sable chaud que la Méditerranée vient lécher du bout de ses lèvres soyeuses et salées. Et cette architecture calquée sur les villes françaises, ses rues découpées et inondées de ciel bleu, vibrante carte postale animée. Et cette vie de pacha avec les « boys », les serviteurs, les chauffeurs, les jardiniers et toute cette armée discrète de fourmis pour alimenter le rêve en continu.
 
Quel beau tableau en effet, dommage que ce petit coin de paradis soit peuplé d’indigènes. Il a bien fallu faire avec… Outre la conquête qui se fit par le fouet, le mousquet et la terreur, les locaux ne vivaient pas vraiment en bon voisinage avec la puissance dominatrice. Domination, le mot est lâché, les rapports étaient ceux du dominé et du dominant avec toute la déclinaison des humiliations, des contraintes et la discrimination institutionnellement instaurée. Quels effets positifs pouvaient en retirer les colonisés ?
 
Pour illustrer un exemple plus parlant, le Reich hitlérien a « colonisé » le territoire français pendant l’Occupation de la même manière, par la force. Quels effets positifs la population française a pu retirer de ce rapport de soumission forcée ? On cherche encore, à l’exception des écrivains révisionnistes. Car il ne peut s’agir que de révisionnisme lorsque l’on va à l’encontre du cours tumultueux de l’histoire, on peut nier l’évidence jusqu’à l’absurde lorsque l’on prend le parti d’ignorer les faits.
 
A propos de l’esclavage : « Mais c'est aussi un phénomène historique et culturel complexe, qui englobe des aires géographiques immenses et, pour les traites modernes, plus de mille ans d'histoire. Qui bouleversa plus particulièrement le continent africain et fit le lit du racisme, véhiculant l'image d'un Noir inférieur, proche de l'animalité et donc, à ce titre, susceptible d'être acheté, vendu, échangé. Une marchandise humaine. »(Lien). Triste tableau. Pourtant, comme l’a si gentiment fait remarquer un splendide député de l’UMP, la colonisation a du bon puisqu’elle a permis à Azouz Begag de devenir…ministre. Ignoble raccourci.

Symphonie minérale

 
Logique dangereuse de l’argumentaire
L’esclavage et la déportation des Noirs est, dans cette optique déformante et déformée, une bénédiction pour l’humanité. Sans les « 17 millions de personnes, du VIIe au XIXe siècle » réduites en esclavage (chiffre de l'historien américain Ralph Austen), point de jazz par exemple et surtout pas de blues pour exprimer la douleur des opprimés ? Pas de funk et de disco pour s’agiter ? Pas de grands leaders noirs américains, ni Luther King, ni Malcom X ? Allons plus loin… Sans l’avènement d’Hitler et l’Holocauste, pas de sanctuaire pour le peuple juif meurtri ?
Logique dangereuse de l’argumentaire et pernicieux arrangement avec la réalité. L’Histoire sert précisément à nourrir la mémoire pour qu’elle n’oublie pas, pour qu’elle essaye de tirer les leçons du passé, pour que l’humanité n’emprunte plus des voies lugubres et mortifères. Pour qu’elle se remémore les gouffres où elle a sombré. A vouloir gommer les faits comme on gratte un palimpseste, on fait table rase du passé et on offre une page vierge et vertigineuse aux mêmes errances que l’on a voulu occulter. Il ne reste alors plus qu’à… recommencer. 
 
Liens :
 

"Universalité des victimes "

Claude Lanzmann (Libération)

 

 

 

 

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CC Jung
 
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Publié dans Omegactualité

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