Le pion allemand
Chimie opérante
Après plusieurs semaines d’incertitudes, notre voisin allemand vient de se doter d’un nouveau chancelier en la personne d’Angela Merkel. Après Tony Blair, son plus fidèle vassal, Bush peut se féliciter de compter un allié de poids supplémentaire au sein même du « cœur européen ».
Coup dur pour l’Europe, pour une certaine idée de l’Europe, ce vieux continent qui a eu la sagesse de refuser de participer à la mascarade irakienne et au bourbier qui s’ensuit, à quelques notables exceptions près. L’Allemagne, fer de lance (avec la France) de l’Union européenne, est dirigée depuis hier par Angela Merkel qui devient, en passant, la première femme chancelière de l’histoire allemande.
Le leader peu charismatique de l'Union chrétienne-démocrate (CDU, conservatrice), partisane de l’économie ultra-libérale et altantiste convaincue, dirigera une coalition composée des membres de son parti, associés à ceux du Parti social-démocrate (SPD, centre-gauche) de Gerhard Schröder. Pour freiner le basculement vers le pôle atlantiste, le SPD détiendra néanmoins le poste, hautement stratégique, des Affaires étrangères dans son gouvernement. Curieux mélange et bouillon de culture en préparation.

Atomes crochus avec les Républicains
La première déclaration publique de ce professeur de chimie a été de réaffirmer ses atomes crochus avec les Républicains de la Maison Blanche. Un signe d’osmose parfaite et d’allégeance future. Autre particularité de cette physicienne, Merkel est fermement opposée à l’adhésion de la Turquie dans le concert européen. Donnée supplémentaire importante, elle apporte un soutien net et franc à la politique menée par Ariel Sharon, de quoi recombiner bien des choses dans l’avenir.
Notre ministre étranger aux affaires, Douste Blazy, est bien le seul à se réjouir de cette élection. Il est vrai que le miraculé de Lourdes semble atteint du symptôme "raffarinus", en témoigne cette sentence définitive sur Merkel : « C'est quelqu'un qui va là où elle a décidé d'aller ». Le plaisantin qui écrit ses déclarations est prié de se dénoncer d’urgence sous peine de ridicule absolu sur la scène mondiale..
La prochaine étape prévue dans le plan de dissolution active de toute résistance européenne à l’hégémonie US, est la mise sur orbite géostationnaire de son poulain français, Nicolas Sarkozy. L’homme au Karsher, qu’une vague savamment calculée de démagogie et de manipulation portera sans doute au pouvoir à l’occasion des prochaines élections en 2007, n’a jamais caché son inclinaison pour l’Oncle Sam.

Certainement la lutte anti-terroriste
Une thématique appropriée aux angoisses récurrentes de la société française devrait suffire pour manœuvrer l’opinion. Au choix et dans le désordre, l’immigration, la sécurité (bis repetita ?) et plus certainement la lutte anti-terroriste feront sans doute l’affaire. Un attentat déjoué devrait couronner le roi à moins que l’option d’un attentat perpétré (bien évidemment islamiste) ne vienne alourdir, fort utilement et opportunément, l’atmosphère. Question de timing et de méthode pour ceux qui tirent les ficelles en coulisse (France : La « guerre au terrorisme » entre en campagne, http://www.voltairenet.org/article128888.html).
L’un après l’autre, les derniers bastions de la résistance tombent ainsi comme des dominos. Autrefois contre-poids utile à la folie et à l’arrogance de Bush et ses criminels de guerre, l’Europe ne sera alors plus qu’un allié soumis, fournissant à l’occasion ses troupes et son savoir-faire à l’extension de l’Empire. L’avenir du monde s’annonce comme un précipité explosif. Inquiétant.
Liens :
La nouvelle stratégie européenne des néo-conservateurs
Extraits : « Par « Europe forte », il faut comprendre, une Europe capable de suppléer les troupes US dans le monde et de vaincre les résistances anti-globalisation dans sa population. (…) Par ailleurs, pour convaincre les populations européennes, là où les responsables politiques ont échoué, les néo-conservateurs ont fait appel à Benoît XVI et à l’Église catholique.
Ce Comité, qui évitera d’intervenir trop ouvertement dans la politique de l’Union, a immédiatement sollicité des « amis de l’Amérique » pour le faire en son nom. Ainsi, l’Arabie saoudite a-telle répondu présent pour financer les prochaines campagnes électorales de Nicolas Sarkozy en France et permettre aux néo-conservateurs d’en finir avec Dominique de Villepin. Des mesures similaires ont été prises pour chaque grand État membre de l’Union. »
Angela Merkel, une femme de tête
Allemagne: Merkel future chancelière d'un cabinet sans Schröder
Douste-Blazy voit en Merkel une partisane de l'axe franco-allemand
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CC JunG
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