Super production

Publié le par cc jung in effect

Territoires occupés
 
Les différents groupes de choc de la police sont bien souvent transformés en figurants complices d’un spectacle grandiose, celui de la mise en scène d’un état policier. A l’occasion de certaines opérations en banlieue, il n’est pas rare de s’imaginer en plein tournage d’un film d’action ou de se sentir délocalisé en plein Gaza. Surréaliste.
 
La catastrophe… C’était il y a peu, à la périphérie du système solaire. Le « Space Bombay Interceptor » filait en zigzaguant au milieu des météorites des anneaux de Saturne, à la recherche d’un improbable remix bootleg de Cocteau Twins introuvable (satellisé par un collectionneur pervers dans une « capsule surprise » géostationnaire). Et puis soudain un bruit terrible, un choc énorme à l’arrière du vaisseau, une collision spatiale avec un patrouilleur des Douanes en propulsion automatique. Bug informatique du système de navigation qui coûtera un genou en lambeaux pour le DJ céleste.
 
 
De retour sur terre, direction l’hôpital des Evangélistes de l’Eglise de la prévarication, la nouvelle secte à la mode sous nos latitudes. Banlieue de Paris, cubes grisâtres de béton dressés par un architecte neurasthénique baptisés du nom de tel ou tel poète connu, comme un patch d’âme et de mot, un ultime remords. Ennui, délabrement, abandon, ghetto, les mots se bousculaient dans la tête du DJ qui boitait bien bas quand soudain, au détour d’un HLM, la vision hallucinante.
 
En plein milieu d’un carrefour, un véhicule en travers, les portières grandes ouvertes que l’on a pas pris le temps de refermer, des motos de police alignées comme au départ des 24 heures du Mans, des bus entiers déversant de noirs insectes caparaçonnés dans des armures luisantes, des barrières, des armes bien en évidence, des cagoules, des sirènes, des fourgons sous les yeux ébahis des habitants des tours, calfeutrés derrière des rideaux curieux.
 
Tournage du dernier opus de la Guerre des étoiles ? Il est où Luc Besson pour la 83e version de Taxi ? Elles sont où les caméras ? Elles sont là justement, agglutinées dans un périmètre bien défini, avalant des kilomètres numériques du grand show électoral, complices…
Il s’agit en fait d’une descente de police, organisée et mise en scène par le dernier réalisateur à la mode, le ministre de l’intérieur, qui fait ce jour là, des extérieurs.
 
 
 

 
 
 
 
Matrice des médias
 
Ambiance de guerre civile, impression de déjà-vu, quelque part dans les Territoires occupés. Le quartier est prétendument « difficile ». Il est vrai que lorsque l’on regroupe tous les ingrédients de la misère et de l’exclusion en un lieu donné, le cocktail se décline plus souvent sur le mode Molotov qu’ailleurs. Opération anti-terroriste ? Cartel à démanteler ? Rien d’autre que des images de propagande à fournir à la matrice des médias. Bilan de cette spectaculaire opération et des fouilles qui ont duré une journée entière ? Un scooter volé. Même pas celui du Mollah Omar !
 
Comme l’indique un article du Monde, intitulé « Les nouveaux muscles du Raid », hors de ses super productions électoralistes, les interventions relèvent plutôt du « forcené » mis au goût du jour par un prédécesseur à accent. « Aujourd'hui, ce sont les forcenés et les terroristes qui occupent l'essentiel de l'agenda du RAID », deux facettes d’un monde souterrain en décomposition avancée et d’une même révolte.
 
Principaux "clients", les déséquilibrés, qui, selon les policiers, semblent se multiplier ces dernières années. "On en a déjà eu cinq ou six depuis le début de l'année. Ça devrait être pire à l'avenir, soupire le patron du RAID, Jean-Louis Fiamenghi. C'est le problème de la solitude urbaine." Le chef du groupe d'intervention, Daniel Boulanger, vétéran du service, estime également "qu'il y a de plus en plus de gens perturbés, avec souvent des problèmes d'argent ou de couple. Une étincelle suffit pour les rendre dangereux »
 
Les forcenés
 
"Les forcenés, c'est généralement entre minuit et 3 heures du matin qu'ils pètent les plombs, à cause de l'alcool ou d'autre chose, raconte Florent, 37 ans, ancien CRS devenu "la Hyène". La « Hyène » se garde bien de ricaner, les problèmes rencontrés sont tristement banals : alcool, drogue, manque d’argent et problèmes de couple… Un raccourci saisissant de la réalité du terrain.
 

Le vrai terrorisme n’est rien d’autre que le racisme, la misère et le capitalisme « forcené ». Les unités d’élite agissent en fait comme des digues ponctuelles pour protéger le reste de la société du flot de ressentiment et de haine que le système social génère abondamment. On soigne l’effet pas la cause. En attendant le Déluge ?

 

 

Lien :

"Les nouveaux muscles du RAID"

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-696379,0.html

 

 

 

CC Jung

 

 

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Publié dans Omegactualité

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