Le souffle du Napalm

Publié le par cc jung in effect

La démocratie au Napalm
 
Ils étaient venus pour chercher des armes de distraction massive, ils ont trouvé du… pétrole massivement. Ils étaient venus apporter la paix et la démocratie, ils ont amené les bombes, la misère et le chaos. Mais, non contents de piller allègrement les ressources d’un pays exsangue après trois guerres et dix ans d’embargo, les troupes US propagent désormais leur idéal démocratique au… Napalm.
 
 
Le cauchemar… Alors que Bush se débat avec des vents sournois qui sifflent à ses sourdes oreilles que le dérèglement climatique n’est pas une affaire de lobby mais une réalité, les troupes américaines, elles aussi embourbées mais en Irak, sombrent dans une folie destructrice terrifiante.
 
Ces braves guys triomphants, ces naïfs qui s’attendaient à crouler sous les fleurs aux senteurs épicées et exotiques et les embrassades à leur arrivée en Irak, ont déchanté depuis bien longtemps. Il est loin en effet le temps où Oncle Tom Powell, l’air grave et pénétré,  brandissait de folles fioles bactério-nucléaires sous les yeux ébahis du reste du monde, pas dupe mais faisant semblant de...
 
 
Triste plaisanterie et insulte
 
Les armes de destruction massive n’ont jamais existé, c’était pourtant le seul et unique motif guerrier de l’occupation, triste plaisanterie et insulte majeure à l’ensemble des pays européens et à leurs services secrets, forcément au courant de la situation réelle. Les masques sont tombés depuis bien longtemps dans les sables de Mésopotamie.
 

Saigneur de guerre en chef

 
Peu importe puisque le pétrole s’échappe d’Irak tandis que des flots de sang irakien baignent chaque jour les rivages du Tigre. Le fantôme Zarquaoui ne fait plus guère illusion comme substitut de mission civilisatrice (anti-terroriste) tandis que des bombes fratricides sèment le chaos et le désordre parmi une population affamée, malade et épuisée.
 
 
Dans cette atmosphère d’apocalypse et de mort, les troupes d’occupation apportent leur touche personnelle au tableau terrifiant de la situation. Harcelés par une rébellion qui se renforce au fur et à mesure que les bavures s’amplifient, les soldats de l’Empire perdent pied et la tête chaque jour un peu plus en commettant l’irréparable.

40 civils tués en 48 heures pour un GI
 
Les anecdotes les concernant sont une longue et triste litanie macabre. Ainsi, à l’occasion de la bavure qui concernait la journaliste italienne, Giuliana Sgrena, on apprenait (dans un rapport aussitôt censuré) que les patrouilles US étaient extrêmement nerveuses à l’image de ce simple soldat qui avait abattu (en 48 heures) une quarantaine de civils innocents ! De quoi s’attirer une légitime sympathie des « locaux ».
 
Ces mêmes irakiens si fiers de leur riche passé, des mille et une nuits, de Bagdad capitale littéraire du monde arabe, des femmes ingénieurs, symboles puissants d’un Irak laïc. Ce même Irak, super puissance pétrolière où l’eau et l’électricité ne sont toujours pas rétablies, deux ans après la fin des combats. Ces mêmes irakiens qui font la queue pour mendier quelques litres d’essence hors de prix… On estime que plus de 100 000 civils ont payé de leur vie le mensonge guerrier. Une estimation…
 
 
 

Terroriste

 
 
 
 
Que dire des bombardements massifs sur les villes et villages qui résistaient à l’envahisseur comme Falloudja, ville martyre noyée sous un déluge de bombes à fragmentation, bombes incendiaires et bombes à effet de souffle. Tous les civils tués aveuglément par les F16 et des obus de mortiers étaient sans doute des insurgés d’Al quaïda… Certainement nous dirait l’état major, trop occupé à détourner l’argent du contribuable américain affecté pour la reconstruction de l’Irak avec l’active complicité des sociétés privées proches de Dick Cheney et de Bush (Halliburton, KBR, fossoyeurs de budget militaire en hausse permanente, voir lien).
 
La meilleure des propagandes pour l'ennemi
 
Mafia de guerre, dictature d’un lobby militaire et industriel qui s’adonne au pillage, au détournement, au vol, au meurtre de masse sous les yeux torves d’une communauté internationale silencieuse, terriblement silencieuse, complice… Elle lutte également contre le terrorisme. Comme si ces égarements n’étaient pas la meilleure des propagandes pour l’ennemi invisible qui se nourrit de tant d’injustices et d’indifférence...
 
Nouvelle horreur relevée dans la dernière livraison du Courrier international sous la plume de Dogan Tilic (« Birgün ») qui s’interroge d’emblée, perplexe : « Les nouvelles venant de la ville de Tall Afar [ville du nord-ouest de l’Irak]  font état de l’utilisation de napalm et d’armes chimiques contre les insurgés. La prétendue possession d’armes chimiques par Saddam Hussein n’était-elle pas l’un des prétextes de la guerre en Irak ? ».
 
Les « insurgés » ne sont pas des sunnites nostalgiques de Saddam, ni des chiites intégristes, rien de tout cela. « Tous ceux qui résistent sont des Turkmènes qui n’ont rien à voir avec Al-Qaida ni avec Saddam Hussein. Et les méthodes utilisées par les envahisseurs ne servent qu’à renforcer la résistance. » témoignent les survivants à l’horreur.
 
 
Ils avaient lancé du Napalm...
 
« Lors de l’attaque aérienne, quelque chose de jaune est tombé du côté de la ville où les combats se déroulaient. Et puis on a vu des fumées jaunes et vertes qui dégageaient une odeur nauséabonde. Quand l’attaque s’est terminée, nous nous sommes rendus sur place et nous avons trouvé une centaine de cadavres littéralement carbonisés. Nous avons appris par la suite que les forces américaines avaient lancé du napalm.  » racontent, encore sous le choc, les survivants de cet énième crime de guerre.
 
 
Pantin
 

 
Imparable mécanique des guerres faisandées de soudards et de mercenaires, la résistance s’organise implacablement avec le soutien actif des populations alors la répression s’intensifie, plongeant le pays dans un chaos destructeur qui se nourrit de lui même. Cycle de violence sans fin et sans issue.
 
Quelle importance finalement pour les multinationales, celles-là même qui ont mis un pantin disgracieux et docile à la tête de l’empire (Bush). Elles se goinfrent à en perdre haleine des ressources pétrolières à l’heure où les cours sont au plus haut. Majesté stratégique et boulimique de ceux qui font l’histoire et l’économie dans un même temps donné.
 
Arabes incapables d'apprécier les bombes
 
Des morts ? Quels morts ? Des arabes incapables de comprendre et d’apprécier les pluies de bombes à fragmentations qui lacèrent les corps d’enfants trop curieux, attirés par la chatoyante couleur des gadgets mortels (voir N.B). Jack Straw, ministre « blairien », s’en plaignait il y a peu, assurant qu’un jour, les mères de ces enfants mutilés remercieraient la Coalition (du crime…). Brave homme.
 
 
 

Rêve américain

  
 
 
Les GI’s ? Des pauvres bougres terrifiés (petits blancs, hispaniques et noirs) qui n’ont d’autre choix économique (bourse d’études, acquisition de la nationalité) que de s’engager dans cette funeste fumisterie en espérant passer à travers les balles, quitte à brûler au Napalm leurs dernières illusions civilisatrices.
 
Pendant ce temps là, les parents (pauvres) de ces adolescents perdus dans un mauvais film de guerre, remake d’Apocalypse Now, pataugent dans la boue, la misère et le mépris, loin des sables et du désert brûlant, à la Nouvelle Orléans, en Louisiane, en Amérique. Cruel miroir de l’actualité. Halliburton a déjà le marché de la reconstruction en mains, sans appel d’offres…Le business, sans autre état d’âme que le cours du brut et la courbe des bénéfices, se nourrit de tout, des cadavres d’ici, de la chair à canon de là-bas. Les masques tombent, un à un, comme un vieux vernis, comme des peaux que l’on arrache douloureusement.
 
 
 
NB : Bombes à fragmentations

 

Les bombes à fragmentations sont une des armes les plus sanguinaires de l'arsenal américain. Elles sont remplies de plusieurs centaines de petits morceaux de métal pointus qui déchirent la chair des victimes, leur arrachent une jambe, un bras ou la tête. L'armée US en a largué des millions sur le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Ils en ont aussi lâché sur l'Irak, la Yougoslavie et l'Afghanistan. Dans ce dernier pays, elles avaient la même couleur jaune que les colis humanitaires jetés par l'aviation US.

 

 

 

(Marco Louvier _Solidaire)   

CC Jung
 
 
Liens (merci à Adriana) :
 
 
 
 
IRAK - Un milliard de dollars de budget militaire parti en fumée
 
 
 
KATRINA : QUAND BUSH vole les pauvres pour aider ses RICHES amis
 
 
 
 
Katrina: des sociétés liées à Bush raflent les premiers contrats
 
 

 L'heure du choix pour George W. Bush (Powell) , par Sylvie Kauffmann

 
 
 
 
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Publié dans L'Empire du Bien

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