Coke en stock

Publié le par cc jung in effect

L’intoxication du rêve
 
On peut voir l’actualité de bien des manières… En oubliant l’essentiel, en choisissant une thématique ou par le petit bout de la lorgnette ou plus précisément, de la paille… Et là, c’est la surprise : on savait que l’actualité pouvait devenir une drogue et l’on découvre que l’actualité (« people » en particulier) est littéralement ensevelie de poudre blanche. Petite revue de presse du week-end stupéfiante !
 
 
Snif, snif ! La drogue est partout, le monde subit une marée blanche comme il n’en a jamais connu auparavant. Il y a de la coke et de l’héro en stock dans tous les coins du globe et il faut écouler à flux tendu une production en hausse permanente. La faute à qui ? Aux Taliban pardi puisque la milice des fous de Dieu illettrés (Afghanistan) avait, pendant le temps de leur ubuesque règne, considérablement fait baisser la production de pavot en condamnant à mort les trafiquants. Heureusement que l’offensive américaine les a mis hors-jeu. Le business a pu repartir de plus belle (l’Afghanistan et le Pakistan n’en demandaient pas tant, liens). Merci Bush !
 
Loin des clichés sur la Mafia et les Cartels sud-américains, le marché de la drogue est organisé exactement comme n’importe quel autre production, c’est à dire selon les sacro-saintes lois économiques de l’offre et de la demande. Le fameux Pablo Escobar, chef du puissant cartel colombien, faisait remarquer à l’époque, avec un brin de cynisme, qu’il ne faisait que répondre à une demande croissante de la part des USA (qui engloutit 60% de la drogue fabriquée dans le monde). Sans consommateurs, il n’y a pas de fournisseurs. CQFD.
 
 
 
 

Sniff

 
 
A l’instar du pétrole qui suscite maintes convoitises stratégiques, le marché de la drogue génère des bénéfices phénoménaux (plus de 80 milliards d’euros !) et permet à bien des officines gouvernementales occultes de disposer de budgets « au noir » pour leurs basses œuvres. Il est de notoriété publique, par exemple, que la CIA (via ses compagnies aériennes) fait du convoyage de marchandises illicites dans toute l’Amérique du Sud en passant par le Liban (à l’époque, par le biais de la TWA notamment). Le général Noriega avait établi un barème célèbre pour expliquer la répartition du pactole : « un tiers pour mon pays, un tiers pour les producteurs et le reste pour la CIA ». Pendant ce temps, la First lady, Mme Reagan, lancait sa fumeuse campagne nationale anti-drogue "just say no !". Mascarade.
 
L’hypocrisie est totale puisque dans un même temps, nos polices nationales, à grands renforts de caméras complaisantes et de ministre « médiatique», poursuivent les petits dealers bronzés dans les cités « difficiles » pour deux ou trois barrettes de mauvais shit marocain. Un vrai pastis dirait l’autre, grand acteur…de la « French connection ». Tout en sachant, que le premier producteur de résine de cannabis n’est autre que le royaume chérifien, juste de l’autre côté de la méditerranée, avec d’immenses plantations, parfois surveillées par l’armée royale marocaine. Cherchez l’erreur chez « notre ami, le Roi »…
 
 
 
 

Poésie chimique

 
 
 
Il y a la drogue du pauvre et ses petits trafics que l’on a parfois fait délibérément fructifier dans les ghettos (crack aux USA, amphétamines en Thaïlande, héroïne au Brésil) pour créer une sous-économie de la destruction du tissu social et alimenter les vannes des mafias locales et milices para-militaires qui sont souvent, les bras armés de tel ou tel politicien véreux.
 
Et puis il y a l’autre, festive, inventive et toujours lucrative, celle des riches. Ne parlons pas des sportifs, de vraies pharmacies ambulantes, des cadres dopés au stress qui franchissent allègrement la ligne blanche ou des « ravers » invétérés mais celle de nos « people » qui font la Une des magazines. Pauvres célèbres riches qui s’ennuient et s’enivrent de la gloire éphémère (lien sur notre « Gégé national », la picole, à l’ancienne !), le nez échoué dans le sillon de la gloire.
 
La société du spectacle (si chère à Guy Debord) carbure à la coke, euphorisant de la Jet-set et parfait symbole de notre société. L’effet procuré est effectivement un condensé saisissant des nouvelles valeurs de notre monde : Euphorie, sentiment de toute puissance, vitesse de l’effet, facilité de la prise et attraction fantasmatique du produit (à la mode et très tendance).
 
 
Un produit marketing idéal que cette intoxication du rêve. De la "poussière d’étoile ou d’ange " à la sauce coca marinée dans le kérosène (ce carburant est utilisé pour fabriquer de la coke). Pathétique chimie de l’ennui et de la poésie synthétisée en laboratoire clandestin (« cristal », « skunk », « angel dust », « speed ball », « extasy », « GBH », « neige », « caillou »), une méthode de vente efficace (on casse,  en ce moment, les prix pour cause de concurrence) et le vilain tour est joué.
 
 
 
 

Euphorie artificielle

 
 
 
Dans les sociétés dites « primitives », l’absorption de plantes et autres substances « à effets », correspond à l’ouverture vers un monde imaginaire, un inconscient collectif et une initiation spirituelle. Dans les sociétés dites « développées », le rite initiatique de la dope correspond à l’exacte inverse : repli sur soi et son ego, affirmation sociale, inconscience sélective et anesthésie locale pour oublier le cauchemar climatisé. Symptomatique…
 
 
 
N.B : Un petit tour parmi les dépêches dans la rubrique Yahoo « people » vaut mieux que de très longs discours.
 
 
Liens :
 
 
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Un mort et trois intoxiqués après avoir inhalé du "gaz hilarant"
 
 
 
 
 
Drogue, moteur de recherches de Libé : Surréaliste !
 
Arrive en tête des critères pour affiner la recherche : « trafic de drogue » puis « Didier Jayle », Kery James, Union des combattants, Crash d’un avion, Kool Shen, clin d’œil, fondateur d’Act Up, point sur la situation, rap français, etc. Un catalogue à la Prévert (pré vert à ne pas confondre avec champ de cannabis !)
 
 
 
Le Pakistan exploite le pavot afghan
 
 Extrait : « Cette marchandise est raffinée dans les laboratoires des services secrets pakistanais et fournit l’essentiel du Produit national brut de l’Afghanistan et du Pakistan, devenus tous deux des narco-États. Loin de profiter aux populations, cette manne est utilisée à l’achat d’armement états-unien en prévision de l’attaque de l’Iran. »
 
 
 
 
Drogue et narcotrafic (Réseau Voltaire) :
Série d’articles très instructifs sur les coulisses du trafic…
 
 
 
“I didn’t sniff coke, I only smoke sensémilla” (Beastie Boys”, album “Paul’s boutique”).
 
 
 
SEE U
 
 

Cc Jung

 
 
 
 
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Publié dans Omegactualité

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