Poésia...
A perdre Allen Ginsberg
Comment présenter en quelques lignes, le pape de la Beat generation, Allen Ginsberg et cette vague de poètes et écrivains américains, nés au sein fécond des mouvements contestataires et hippies dans les années 70 ? En lisant « Howl », tout simplement.
Ginsberg et Jack Kerouac, les deux figures emblématiques de ce mouvement culturel, symbolisèrent parfaitement lhumeur du moment qui régnait sur les campus et dans les cercles intellectuels, ce bouillonnement créatif né dans la boue des actualités du Vietnam, du pacifisme et de la remise en cause des valeurs « morales » du système établi. Le tout, savamment entretenu par lingestion massive de toutes les drogues possibles donnera un courant littéraire, libertaire au possible et qui représenta alors, le summum de la contre-culture et de la culture underground
Allen Ginsberg est à lui seul un long poème vivant, comme une longue improvisation de free jazz avec ses méandres complexes, son rythme profond, urbain et hypnotique et ses exubérances provocatrices. Son plus illustre poème, « Howl » (hurlement) est dune telle puissance évocatrice, quil s'apparente effectivement à un cri primal, complexe et infini, comme un souffle en perdition, une prière au bord du gouffre, une litanie mystique et kabbalistique, quil faut absolument le lire.
Tous les sédiments de sa vie dhomme enrichissent ce long poème en prose, ses origines juives, son amour du jazz, la drogue, le sexe et son attirance pour les hommes, la défonce, lextase et tellement dimages puissantes qui restent longtemps après, gravées dans le temple immense des mémoires. Ginsberg, magicien du mot et comme son double français, Ginsberg alias Gainsbarre, l alcool fort de livresse des maux.
Au delà du souffre qui entoure lauteur, de cette aura de provocateur et dimprécateur dune société folle de la consommation des biens et des hommes, Ginsberg, mort à 70 ans dun cancer, aura révolutionné lécriture poétique en lui ôtant les derniers oripeaux de lacadémisme lyrique comme on arrache lultime croûte sur une plaie ancienne, pour lui offrir une surface nouvelle, une lisse cicatrice vierge de toute trace ancienne, une énergie considérable, celle de la liberté retrouvée.
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Allen Ginsberg par lui-même
« A quatorze ans j'étais introverti, athée, communiste et juif, et je voulais encore être président des Etats-Unis. A dix-neuf ans, dépucelé, je suçais des bites et croyais à une réalité suprême; anarchiste, hipster reichien totalement apolitique, je désirais plutôt être un grand poète. A vingt-deux ans, mystique halluciné je croyais à la Cité de Dieu et voulais être un saint. A vingt-trois ans, un an plus tard, j'étais déjà délinquant, pécheur désespéré, démon de camé; je voulais atteindre le réel. A vingt-quatre, après avoir été taulard, dingo schizoïde à l'asile, j'ai couché avec des filles et fait une psychanalyse. A vingt-six ans, je suis timide, sors avec des filles, écris de la poésie, suis agent littéraire freelance et recensé comme électeur du parti démocrate; je cherche du travail. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? » Allen Ginsberg- Journal 1952-1962

Allen Ginsberg : extrait de HOWL.
J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus,
se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqûre,
initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne,
qui pauvreté et haillons et il creux et défoncés restèrent debout en fumant dans l'obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes en contemplant du jazz,
qui ont mis à nu leur cerveaux aux Cieux sous le Métro aérien et vu des anges d'Islam titubant illuminés sur les toits des taudis,
qui sont passés à travers des universités avec des yeux radieux froids hallucinant l'Arkansas et des tragédies à la Blake parmi les érudits de la guerre,
qui ont été expulsés des académies pour folie et pour publication d'odes obscènes sur les fenêtres du crâne...
qui se sont blottis en sous-vêtements dans des chambres pas rasés brûlant leur argent dans des corbeilles à papier, écoutant la terreur à travers le mur
qui furent arrêtés dans leurs barbes pubiennes en revenant de Laredo avec une ceinture de marijuana pour New York,
( )
Des liens :
http://perso.wanadoo.fr/ppp/citbeat.htm#h
lintégralité de « Howl » est ici disponible, en anglais
http://www.psychanalyse-paris.com/Le-jour-ou-Ginsberg-a-hurle
Intéressante re-lecture du poème
http://thebeatstreet.free.fr/ginsberg.html
Les grandes figures de la Beat génération
http://www.allenginsberg.org/home.asp
Le site officiel (en Anglais)
http://www.6bears.com/aginsberg.html
Beat Ginsberg again
http://www.visuelimage.com/ch/beat/
Dossier beat génération toujours
http://www.christianbourgois-editeur.fr/ficheauteur.asp?num=181
Léditeur français de Ginsberg, en poche (collection 10/18)
CC JUNG